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ENT D) LE TR

L'HOMME ET L'ŒUVRE. k 821

Theodor Mundt ne concernent guère que les drames ou les idées du poète sur la vie et sur l’art. Îl serait toutefois injuste de réduire aux noms d'Oehlenschläger, Groth, Schumann, Liszt, Gœdeke, Storm, la liste des esprits d'élite qui s’efforcèrent de rendre justice aux poésies de Hebbel?. Il convient de mentionner également

. Gutzkow qui, dès 1838, loua et encouragea le poète lyrique; qui,

vingt ans après, comparait ses productions à « des bonbons qu'il faut sucer lentement », et publiait sur le recueil d'ensemble un compte rendu en somme assez favorable’. Mais surtout il importe d'ajouter aux « autorités » précédentes les deux plus importantes : Ubhland et Mürike‘, et de ne pas négliger les très intéressantes

appréciations des familiers et des disciples. C’est chez Engländer,

UÜechtritz, Bamberg et Kuh que le poète trouvait la critique idéale qu'il préconisait, la seule féconde à ses yeux et pleinementéquitable, celle qui, s'inspirant uniquement de bienveillance, arrive à la compréhension par la sympathie et aboutit à une caractéristique positive”.

Hebbel lui-même ne nous donne guère d'indications sur ses dernières poésies. Le 30 septembre 1852, il déclare que son jugement coïncide presque avec celui d'Uhland, mais l’allusion ne concerne que le petit feuillet de 1838 où le maître avait noté celles des pièces du premier recueil qui lui avaient paru les meilleures. De l'édition d'ensemble, Uhland ne mentionne particulièrement que la ballade : ein Dithmarsischer Bauer. Le 8 janvier 1857, Hebbel cite-de mémoire les pièces favorites du maître souabe, mais les deux listes ne concordent pas : celle d'Uhland portait Mutterschmerz, an den Tod et zwei Wanderer, que celle de Hebbel omet, et ne contenait pas par contre ein nächtliches Echo et die junge Mutter, qui figurent dans la seconde énumération; de plus, tandis qu'Uhland s'était

; Ï > I contenté de noter Spuk, c'est tout le cycle ein frühes Liebesleben que l’auteur prétend avoir été distingué; enfin Hebbel ajoute les poésies ultérieures les mieux accueillies. Nous avons mentionné déjà celles des deux premiers recueils’; parmi les pièces qui ne se trouvent que dans l'édition d'ensemble, il nomme: die heilige Dret, das Hermelin, andes Kaisers von Osterreich Majestät et Husarenwer-

1. Cf. Bamberg, L, 414; IT, 353-355; 356-363. — 2, Of. Engelhard, 1: Pour tous ces noms, se reporter à nos tables; pour Schumann, cf. encore Bamberg, F, 407-413 et Kuh, IL, 305, 365-366. e

3. Cf. nos tables chronologiquement : Bw., 1, 282-283; Bw., V, 161-163 (supra, 683 et n. 3), Bamberg, II, 165; Bw., VI, 108 (N. Hebbeldok., 117); Bw., VI, 109-112; Bamberg, Il, 167: Bw., VI, 118, 122,123.

4 Cf. nos tables et Bamberg, f, 142-148, Il, 378-380; Kulke, 30, 31; Kub, IT, 426-497: Bw., V, 603 VIII, 56-57; 65-66. .

5. Pour Engländer, cf. Bw.; VII, 343; quant à Uechtritz, Bamberg et Kuh nous allons retrouver le détail de leurs appréciations sur le lyrisme de Hebbel; cf. Bw.. IV, 280 : « Das Kunstwerk ist, wie der Mensch, verloren, wenn man ihm nicht mit Liebe entgegenkommt » et supra, 16 et notes, : ‘

6. Cf. Bw., VI, 60 et Bamberg, I, 139-143. — 7. Parmi les Gedichte : Knabentod, Virgo et Mater, das Kind am Brunnen, der Sonnen-Jüngling, parmi les neue Gedichte : Liebeszauber qu’il place en tête de toutes, der Haideknabe, aus der Kindheit, Stanzen auf ein sicilianisches Schwesternpaar, Sommerbild, Meeresleuchten, ein Spatziergang in Paris.

bung, ein Reise-Abentheuer in Deutschland”. Le 10 mai 1858, l'épopée Mutter und Kind a conquis la prémière place dans l'estime du poète; il n'excepte de tout le reste de son œuvre que quelques pièces lyriques, entre autres Liebessauber?. Le 30 juillet 1862, Hebbel écrit à Adolf Stern, qui projette de faire sa biographie pour l’Illustrierte Zeitung : « Je vous conseillerai d'insister surtout sur mon recueil de poésies et de les caractériser, car là est la source de tous les autres courants. Je vous avoue franchement que Je comprends mille fois plus facilement le sort d’Agnes Bernauer, Gyges, etc., que celui de Bubensonntag, de Liebeszauber, Haideknabe, Kind am Brunnen, Sonnen-Jüngling, junge Mutter, etc... Mais lAllemand est tellement enfoncé dans la réflexion qu'il ne comprend rien à l’image pure, où se reflète tout un monde; il broiïe sous ses pieds les diamants pour avoir de la poudre à astiquer. Le recueil est connu par ce que j'ai de commun avec d’autres poètes, non par ce qui constitue mon originalité véritable; on cite les épigrammes, les pièces politiques, etc.%... » Le 11 octobre, paraît l’article de l’Illustrierte Zeitung*, et le 15, Hebbel remercie Stern d’avoir rangé les poésies tout à fait selon ses propres préférences et, cette fois encore, il se réclame d'Uhland*. « Vous vous étonnez, conclutil, que ces poésies ne soient pas depuis longtemps devenues populaires. Je partage votre étonnement, pour si désespérément naïf que cet aveu puisse paraître. Mais la grande masse des critiques et des lecteurs est incapable de distinguer entre un créateur profondément original et un tailleur esthétique habillant de neuf de vieux mannequins. » Lenau lui paraît être le type de ces favoris de la mode et il ne laisse pas passer l’occasion de lui décocher une de ses ilèchesf. L’année suivante, la dernière de la vie de Hebbel, ne nous apporte pas de déclarations intéressantes‘.

À ces renseignements que nous fournit directement le poète, on

1. Bw., VI, 2-3. — 2. Bw., VIII, 71. — 3. N. Hebbeldok., 161-162, cf, la remarque d’Oskar Walzel (Deutsche Rundschau, März 1913, p. 436) : « Seltsam berührt, dass Hebhbel mit einem Hinweïs auf seine Lyrik den Deutschen gerade den Vorwurf macht, den die Deutschen ihm selber um der gleichen Lyrik willen entgegengehalten haben : dass er zu sehr zur Reflexion neige, um den Wert des reinen, eine ganze Welt spiegelnden Bildes zu verstehen ».

5. Cf. Bamberg, Il, 514 et suiv. et Bw., VII, 256-257 et note. Des poésies ultérieures à 1848, il cite : die heilige Drei, Liebesprobe, in das Album meiner Frau, auf die Deutsche Künstlerin, auf die sixtinische Madonna et le Prolog zur Gœthe-l'eier ; les épigrammes sont mentionnées en bloc comme les sonnets.

6. Bw., VII, 258 : « Meint doch sogar der gute Lenau, wie ich aus der Schurzschen Biographie ersehe, es sey auch ein Zeichen des wahren Dichters, dass er Balladen und Legenden erfinde, wie das Volk. Auch! Er wurde freilich für fünfzig Jahre in Oesterreich dadurch unsterblich, dass er ganz vortreffliche schwedische Sagen in Verse brachte. »

7. Cf. Bw., VII, 343 (lettre du 1° mai 1863 à Engländer) : « für die freundliche Aufnahme meiner Gedichte den herzlichsten Dank. Aber sie machen zu viel aus ihnen; es sind blosse Supplemente zu der im Cottaschen Verlage erschienenen Gesamt-Ausgabe, die ich allerdings gern in ihren Händen wüssle »; et Bw., VIT, 347 (lettre du 28 mai 1863 à Campe) : « die Gedichte sind rein und es kommt viel hinzu ». Il s’agit, dans cette dernière lettre, du projet d'édition d'ensemble des œuyres, que la mort vient faire échouer.

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