Cf. supra
constatant partout comme une sorte d'harmonie naturelle entre l’âme et les choses.
Nous aurons terminé l'examen des poésies de 1831 en mentionnant 3 pièces dont l'éditeur critique n’est pas certain qu'il faille les attribuer à Hebbel : Ueberschrift auf dem Park zu W.,1 Lachen? et Gläcksbestimmung*. Nous n'avons aucune raison de revendiquer pour Hebbel les deux premières, mais la suivante s'accorde fort bien à l'inspiration optimiste des pièces de même date :
Willst du dem Schicksal gebieten, so lerne dich selber regieren. Lenkst du bedachtsam den Kaho, raubst du den Winden ihr Spiel!.
Lorsque, feuilletant le recueil de la Nachlese, nous arrivons à la première pièce de 1832 : die drei grossen Tage Ÿ, nous pouvons nous demander si le poète ne va pas rétrograder. En voici les premiers vers :
Als einst dem Feuerstein der Zeit. ?
Als erster Funke ward der Tag entschlagen,
Als durch das Meer der Unermesslichkeit Zum ersten Male ward die Insel Welt getragen...
et en voici les derniers :
Ein Himmelreich entschlägt der Hôlle, Die der Verzweiflung am bedornten Busen lag 6 —
Tel critique ne s’est guère préoccupé que d’analyser le contenu et d'y découvrir certaines prémisses des futurs poèmes philosophiques de Hebbel?, tel autre au contraire a insisté sur ses intentions esthétiques. Reste à apprécier la technique. Trois parties d’inégale longueur correspondent à chacun des trois grands jours. La première nous fait assister à la naissance du monde, issu de la féconde chaleur du soleil°, la seconde à sa destruction, au jugement dernier, la troisième, enfin, à une, nouvelle rédemption, celle-là universelle, mettant un terme au supplice des damnés, nouvelle création d’un monde que l’indulgence divine rendra, cette fois, har-
1. VII, 239; Bote, 28 juillet 1831; la tradition de Wesselburen l'attribue à Hebbel, mais R. M. Werner ne s’y rallie pas: cf. Anmerkungen, 419. 2. VII, 239. 23 juin 1831, anonyme. — 3. VII, 240. Bote, 29 décembre 1831,
anonyme. — 4. Cf. supra, 87 : Selbstvertrauen. 5. NII, 62; Modeblätter, 1832, n° 6; cf. Bornstein, I, 356. — 6. Le biographe avait déjà signalé ces taches, Kuh I, 111. — 7. Of. Scheunert, D. ;. A., 2, 46,
131, 200, 202 et 211.
:8. Cf. Fischer, 52 : « das Heïlende der Problemdeutungen liegt nicht in ihrer objectiven Wahrheit, sondern in den Gefühlen, die sie auslôsen, in der künstlerischen Schônheit », et 53 : « Selbst in einem Gedicht wie die drei grossen Tage ist wieder das ästhetische Moment die Hauptsache, die schôüne Dreizahl, auf die das ganze Weltgeschehen zurückgeführt ist ».
9. Cf. aphorismes de Wesselburen, IX, 3 : « wie alles ersterben, verdden und vergehen würde in der physischen Natur, wenn nicht die allbelebende Sonne freundlich und hehr ihre Strahlen sendete ».