Cf. supra, 101. — 6. T
7. Cf. supra, 85. — 8. Trennung, VIT, 114. Wesselburen, 9 mars 1834; cf. Ubhland, Scheiden und Meiden. — 9. T.,136; cf. supra, 80. — 10, W., X, 370 et suiv.
Nous avons déjà! vu Hebbel célébrer le bonheur de l'enfance. Des romances de Wesselburen qu'il lui consacre on pourrait former tout un cycle. En réalité, la première intitulée das Kind? rappelle moins la chanson auf ein Kind et l’épigramme Glück der Kindheit d'Uhlandquel’Ærlkônig de Gœthe. Comme dans la pièce der Zauberer?, nous sommes avertis dès la première rime :
Im Dunkeln sass verlassen ein Kind Und weinte hinaus in Nacht und Wind.
Mais la ressemblance ne se borne pas là ; toute la technique, ton‘, dialogue, rythme, rimes et jusqu’à des détails, des allitérations se retrouvent. La dernière sirophe est toute farcie de réminiscences gæthéennes :
Und Kindlein sank an der Mutter Brust Und trank den Becher der reinsten Lust.
Und sah viel liebliche Bliüïmlein blüh’n Und spielte mit Engeln auf weichem Grün.
Le pastiche combine ici divers motifs de l'£rlkünig et du AXünig in Thule. Nous n'avons pas à revenir après Scheunert sur le problème des rapports entre l'enfant et les parents et surtout la mèreÿ. Ce problème constitue l’un des motifs fondamentaux. Indiquons seulement qu'il n’est pas impossible que Hebbel se soit inspiré, en même temps que de Gæthe, de l'épigramme d'Uhland : Mutter und Kind. I] y est question des mêmes rapports, de mère et d’enfant, de ciel et d’anges. Les promesses séductrices et mystérieuses de la poésie de Gœthe se transforment en réalisation chrétienne : le père céleste® et l’ange de la mort (c’est là le deuxième motif), l’enfant au ciel; la porte du paradis’ et les bras de sa mère se refermant en même temps sur lui, l’unité mystique du poème est assurée.
Nous sommes de nouveau transportés au Paradis par une pièce également intitulée das Kind, parue quelques semaines plus tard, Nous y trouvons le père céleste et le leitmotiv de l'enfant qui passe immédiatement de la terre au ciel°. L’exécution de ce thème
1. Cf. supra, 69, 104 et suiv.; cf. Bornstein, [, 365 (note) à propos de die Weihnachisgabe.— 2. NII, 66; Bote, 5 avril 1832; frühe Romanze, wohl noch 1831. (Bornstein, I, 355.) — 3. Cf. supra, 82.
4. Cf. Fischer, 5% : « Wenn auch im allgemeinen die Idee die Form eines Gedichtes bestimmt, so wirkt umgekehrt die Form auch wieder auf die Idee ‘zurück. So kann das Niveau der Idee durch den ganzen Charakter des Gedichtes hinauf- und hinabgedrückt werden. In « das Kind » (VII, 66) sind die ausgesprochenen Ideen kindlich ». à $
5. Scheunert, D. 7. H., 131, 1 : « Hoher sittlicher Wert des Verhältnisses der Mutter zum Kinde; 2, Minder bedeutsame Stellung des Vaters. » de
: 6. Comme dans le Lied der Geister (VII, 77, 1° strophe), Dieu apparait ici (6° strophe) environné d’éclairs. x .
7. Bornstein (1, 355) signale l’archaïsme P/orten qui se retrouve chez Schiller (der Pilgrim, v. 13). : à
8. VII, 74 : « Ein Wort der Beruhigung für stürmende Herzen in stürmischer Zeit », Bote, 23 août 1832; la pièce futenvoyée par Hebbel le 22 juillet 1832; cf. Bornstein, I, 299-300, 362, 380. ù ; <
9. Cf. à ce point de vue : Lied (VII, 35); Laura (NII, F0); das Kind (NI, 66) et das Kind (VII, 74).
est ici vraiment jolie et l'on ne peut que louer le rythmet et déplorer l'existence des deux dernières strophes qui insistent trop sur la signification symbolique du gracieux tableau précédent”.
Hebbel composa encore à la même époque une troisième pièce du même titre, dont il était fier à bon droit*, mais parue dans un des recueils ultérieurs ; nous ne l’étudierons que plus tard.
A côté de ces trois romances intitulées das Kind, rangeons en deux intitulées der Knabe. À la pièce d'Uhland : des Knaben Tod, Hebbel emprunta non seulement le titre : Knabentod* d'une pièce que nous rencontrerons plus loin, mais les désignations abstraites « Knabe » et « Jungfrau », et elles vont devenir, dans la première de ses deux romances de Wesselburen, « Knabe » et « Mägdlein ». Tandis que, dans les pièces à contenu dogmatique, n'apparaissait qu'un personnage, en voici deux maintenant, mais encore bien pâles et vaporeux et n’agissant guère : l’état d’âme prime encore l’action. La forme révèle cependant d’incontestables progrès si l'on songe aux premières romances :-l'objectivité est saisissante, malgré l’étrangeté de cette sorte de ronde fantastique, mais harmonieuse, où la régularité de la strophe, la cadence des trochées et l’enveloppement des refrains® se combinent mélodieusement; le décor est parfaitement approprié : c'est comme un paysage de « fata morgana », de grandes lignes flottantes et qui s'évanouissent à mesure que le spectateur se rapproche. Enfin il n’est pas jusqu'aux détails du vocalisme qui ne concourent à l'harmonie de l'ensemble :
Sturm erhob sich voller Wuath Brach die Rosen alle,
Junger Knabe, fromm und gut, Weint ob ihrem Falle,-
Sturm erhob sich voller Wuth, Brach die Rosen alle 7,
L'autre romance du même titre‘ figurera dans les recueils de Hebbel et c’est là que nous l’étudierons. s
Nous pouvons, en revanche, reproduire deux pièces de Wesselburen, qui ne se trouvent pas dans l'édition critique et n'ont été éditées que récemment”. La première, intitulée einer Mutter bei dem Tode ihres Sohnes!, date du commencement de l’année 1833 et,
1. Cf. Fischer, 107 : « Nur ein Gedicht reizt zu skandierender Betonung, das Kind, aber hier passt dies allerdings zu dem kindlich naïven Inhalt ». Rarement,'en effet, Hebbel fit un usage plus heureux des trochées.
2. Cf. Tibal, 51, n. 6. — 3. Das Kind, NI, 189. Wesselburen, 9 juillet 1834; ctT.,1385: cfeBornstein, Il, 374:
k. NT, 147 (3 mai 1838). — 5. VII, 105 (1833), Modeblülter, 1833, n° 40,
6. La pièce est écrite en sixains dont les 5° et 6° vers ne font que reprendre textuellement les deux premiers; le système de rimes extrêmement régulier (a ba ba b pour chaque sixain, avec alternance des masculines et des féminines) achève de porter à sa perfection ce schème de rondeau.
7. CF. Bornstein, 1, 370 : « Einfluss Uhlands, Anklang an Gœthes Heidenrôslein. » — 8. Der Knabe, VIT, 116, Wesselburen, 7 juillet 1834.
9. CÊ, Beiträge zur Lileraturgeschichte, hrg. von Hermann Graef, Heft 15, Friedrich Hebbel von Theobald Bieder, Leipzig, 1906.