Zbid., p. 36 et 37, cf. Bornstein, 185 et
PREMIÈRES POËESIES. aa
d'après son éditeur, fut vraisemblablement dédiée à Amalie Schoppe qui, le 1°* janvier 1833, avait perdu son fils aîné!. Voici ces deux strophes, qui ne nous apportent, du reste, aucun motif nouveau et dont le rythme est plus tourmenté que remarquable :
lu dem grossen Blumenbeet der Erde Stehn der Blumen viel.
Dass jedwede wohl entfaltet werde, Ist des Gärtners Ziel.
Doch ist die Zeit ein rauher Herbstestag, Drinn diese starke wohl gedeihen mag, Doch 7ene,
So schône,
Zum Tode fast erliegt.
Und der Gärtner sieht die armen zarten, Wie sie schier vergehn, Und er pflanzt sie in den Himmelsgarten, =. Wo sie sicher stehn?, Wo sie bei ew’gem Frühlingssonnenschein Zu seiner Wonne, seiner Ehr’ gedeihn, Sie nimmer Ein schlimmer, Erboster Sturm bekriegt.
Voici l'autre qui parut en 1835 et fut composée, peut-être, à la fin de 1833.
Des Kindes Weihe3.
Die Mutter sass so still am Tisch, Es regnete und wehte;
Sie las aus dem bestäubtien Buch Die innigsten Gebete.
Da draussen ward’s allmälig still, Der Mond war aufgegangen,
Und es war schôün, wie aus dem Blau Hervor die Sterne drangen.
Das kleine Kind war aber sacht An’s Fensterlein getreten
« Ach Mutter, Mutter » rief es aus,
« Ich kann alleine beten ! »
La deuxième strophe rappelle directement le célèbre Abendlied® de Matthias Claudius :
Der Mond ist aufgegangen, Die gold’nen Sternlein prangen Am Himmel hell und klar.
Le cercle se referme ici, de la première imitation poétique * à 1835, à la fin de son séjour à Wesselburen, du cantique de Paul Gerhardt
4. Amalie Schoppetavait fait part de son deuil aux lecteurs d’/duna (n° 2); c’est là que parut d’abord la pièce de Hebbel au n° 4 de l’année 1833, p. 25; cf. Bornstein, 1, 311, les remerciements d'Amalie Schoppe dans sa lettre du 14 février 1833.
2, On songe à Gefunden de Gœthe, 2
3. Th. Bieder, 37: cf. Bornstein, [, 253 et 371 : « Erstdruck : Zduna, 1835, n° 29, S. 229... Dass dies Gedicht erst 1835 entstand, nehme ich nicht an. Es dürfte sich um einen Nachzügler aus der Wesselburener Zeit handeln. Ich setze es auf Ende 1833 an. »
4, Paru en 1779 dans le Wandsbecker Bote. — 5. Cf. supra, 34.
au lied de Matthias Claudius et il est curieux de voir Hebbel s'approprier précisément cette relique et surtout de constater l'extrême habileté de cette nouvelle imitation. C’est que l'école d'Uhland n’a pas été vaine.
Terminons l'étude de ce cycle de poésies dédiées à l'enfance en examinant la romance die Kindesmürderin!. C’est un pendant poétique au Brudermord et au Vaiermord? et une reprise de la pièce Rosa®, plus concentrée et plus dramatique. Rien ne serait plus faux que de la rapprocher de die Kindesmürderin de Schiller et ia comparaison n’est intéressante que pour mesurer l'étape parcourue depuis Rosa. Lei la technique est tout à fait celle d'Uhland, et surtout de Gœthe. Comme dans die Nacht, comme dans Rosa, la description du paysage ouvre la pièce :
Die Nacht ist so düster, sie scheint ein Sarg, Worin der glänzende Tag sich verbarg,
Der Sturmwind schüttelt die Bäumie so stark, Als wollt'er sie quetschen im innersten Mark.
Il est visible que la beauté des métaphores est totalement sacrifiée à leur capacité expressive“. Voilà de nouveau le «Nacht und Wind » d'£rlkünig et ses rimes plates. Mais voici qui nous rappelle davantage encore le poème de Gœæthe :
Ein Mädchen tritt in den Wald hinein, Trägt auf dem Arme ein Kindelein.
A la quatrième strophe, changement de décor, péripéties parallèles, comme chez Uhland, dans le paysage et le drame humain :
Der Mond geht auf, er ist so bleich,
Wie ein Gespenst aus dem Geisterreich;
Die Sterne, welche dem Himmel entblühn,
Sie scheinen, wie Flammen der Hôlle zu glüh’n.
A la strophe suivante reparait bien le nom de « Laura », mais tout le reste rappellerait bien plutôt la Zenore de Bürger que l'héroïne de Schiller : l’action pressée, l'attente anxieuse, le dialogue haletant, tout le mouvement et tout le scenario :
Da ertônen Schritte, es naht sich ein Mann, Der sieht das Mädchen verwundert an :
Bist du es, Laura ? es ist so kalt,
Wie kommst du hinaus in den düstern Wald ?
Mais ensuite, c'est un nouvel écho d’Ærlkünig, bien plus net encore que les précédents :
Komm, komm, Geliebte, und kehre mit mir, Ich bringe die frôhlichste Botschaft dir,
Mein Vater gab mir den Segen sein ,
Nun bist Du, nun bleibst Du für ewig mein!
1. VII, 68. Modeblälter, 1832, n° 21. — 2, Cf. supra, 107. — 3. Cf. supra, 58. — 4. Of. supra, 104; Kuh (I, 111) avait déjà relevé celle des deux premiers vers.
5. Au sujet de l'importance de la malédiction paternelle aux yeux de Hebbel, cf. aphorismes de Wesselburen, IX, 6 et Mirandola, W., V, 14.
Les deux derniers vers enfin sont dans le style « chanson popu- Jlaire ». ; : Der arme Vater daneben ruht —
O, Engel des Todes, bewahre sie gut!
Voilà pour les sources! On voit quel pot-pourri d'influences. Et cependant la pièce est intéressante par la virtuosité même et surtout par la motivation originale. Nous connaissons déjà la plupart des motfs : la mort donnant à l'amour la consécration suprême, le repos du tombeau, les rapports de l'enfant et de ses parents; mais ce qui confère à ces motifs une unité supérieure et pathétique c’est l’agencement dont voici le schème : pourquoi l’infanticide a-t-elle tué? parce qu'elle se croit abandonnée. Et pourquoi son amant l’a-til quittée? pour implorer la bénédiction paternelle indispensable, et c’est précisément à l'instant où tout paraît aplani et où il retourne tout joyeux porteur de la bonne nouvelle qu’il apprend la nouvelle fatale. Ainsi le destin se joue des meilleures intentions humaines et il n'y a d'autre harmonie derrière nos existences que celle qu’amène la tragique et suprême conciliation de la mort. Le lecteur peut ne pas être satisfait de cette solution et déplorer la révélation brutale, il ne peut pas ne pasadmirer la rigueur logique et la vigueur dramatique de l’ensemble ?.
La romance parue ensuite dans le Bote est intitulée der Tansÿ. … Cetitre nous rappelle une pièce de Schiller ‘, mais celle de Hebbel n'a avec elle aucun autre rapport. Le motif de la jeune fille séduite par le diable fut emprunté, comme l'indique le sous-titre’, à une légende locale, mais avait été traité par Uhland, C’est certainement der schwarze Ritter qui a servi de modèle à Hebbel. Si d’autres réminiscences l'ont inspiré, c’est chez Contessa et Hoffmann ‘ qu'il faut les chercher et chez Heine *. Le ton est celui de la romance populaire et le dialogue rapide, le décor et maint détail rappelle Bürger. Die Kerzen verlieren den hellen Glanz, Ein Mägdlein schwingt sich im raschen Tanz;
Sie ist nur allein noch im Freudensaal, Die Gäste entfernen sich allzumal.
Hôr’ auf, hôr’ auf, lieb Tôchterlein !
Ach lasse mich, lasse mich, Mutter mein,