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…. Mais si dans la pensée de Hebbel on ne peut apercevoir de solution de continuité, au point de vue de la technique, il rencontrait ici une difficulté insurmontable : il est plus facile de mettre en scène des individus que la foule anonyme. L'instinct de composition suggère à Hebbel le dialogue entre auteur et lecteur qui pare assez adroïtement au défaut de concentration résultant de la conception même du poème et dans la quatrième partie l’amène à faire paraître la pucelle et surgir autour d'elle quelques personnages. Fischer a excellemment mis en lumière de quel prix le poète paie les avantages qu'il obtient ainsi!.
Hebbel devait, en 1840, avec son fragment dramatique die Düthmarschen® reprendre dans le même esprit le même sujet‘; il se heurta au même obstacle et y échoua encore une fois ‘.
La technique de détail n’est pas parfaite non plus. Tandis que dans la poésie an einen Verkannten nous avons vu Hebbel personnifier assez heureusement les phénomènes de la nature Ÿ, nous nous souvenons des pièces de sa moins bonne manière lorsqu'il appelle une abstraction, la Liberté : « die allerschônste Brautf ». I] serait, il est vrai, facile d’opposer des perfections de détail, à ne menüonner, par exemple, que celles de la phonétique : outre les
reprises rythmiques, assonances et allitérations rivalisent et parfois se soutiennent :
Was donnern die Kanonen, wo sonst nur Sensenklang Mit Sichelschall.... .
Les assonances surtout sont fréquentes aux césures, ainsi dans la première strophe': k Was flackert roth die Mühle ? Lôscht doch den wilden Brand 1. Sie wurde angezündet von Eigentiüimers Hand!
Wie rauschen wild die Wogen und stürzen sich daher! Sie sind uns hioch willkomnmien, die Mühle rief dem Meer! Mais on peut en découvrir de toutes les combinaisons possibles #. . Il est intéressant de constater comment vers 1832, de plus en . plus, le libéralisme de Uhland vient faire contrepoids dans l'esprit de Hebbel à l'influence des idées aristocratiques dont nous l’avons vu à l'instar de Schiller se faire le champion. Et de fait, démocratie et aristocratie s’excluent si, peu que leur conciliation organique conditionne et définit la valeur et la prospérité de l'individu comme celles de l'Etat. Ce que les apôtres du droit divin et ceux
1. Op. cit., 40 : « Schon die Episode selbst bleibt ziemlich in überlieferter Sentimentalität stecken und bringt nichts Originelles, aber, was schlimmer ist, der ganze Abschnitt bleibt ein Einschub, der mit dem übrigen keinen Zusammenhang hat. Man kann sich leicht von der Richtigkeit dieser Behauptung überzeugen, wenn man die ganze Romanze ohne Abschnitt 4 liest. Man spürt keine Lücke, im Gegenteil, das Gedicht erscheint viel einheitlicher.
2, W., V, 70. —3..W., V, p. xvrrr et suiv. — 4, Cf. Tibal, 515 et suiv.; Kuh, I, 298-301. — 5. Cf. supra, 71. — 6. V. 9; Cf..Erinnerung (NIK, 67); Glaube und Vertrauen (VII, 38). — 7. Cf. les strophes, 4, 9 et 33. Ê
8. Cf. Fischer, 111 : « Manchmal assonieren nicht die zwel zusammengehôrenden Verse, sondern die umarmenden (in Strophe 2, 3, 15, 16, 19) oder die umarmten (Strophe 11, 17, 27, 31) oder die gekreuzten Verse (Strophe, 6, 12, 21, 24, 25, 29).
118 Ë HEBBEL (1813-1835).
de la démagogie semblent considérer comme un paradoxe pourrait
bien n'être qu'un lieu commun et la synthèse qu'ils représentent
comme chimérique être en germe dans la tradition classique. Après
le classicisme de Schiller, Hebbel s’assimile le classicisme de
Uhland. Tout pénétré de la lecture de ses Vaterländische Gedichie,
il déclare le 22 mai 1832 : « J'ai écrit ces jours-ci quantité de poésies politiques », mais il ajoute que fort probablement il n'en fera
imprimer aucune, car toute vérité n'est pas bonne à diret. En
réalité, nous ne retrouvons que quelques pièces documentant cette
évolution : : :
La première a pour titre Wärde des Volks*. Le prince conteste en deux quatrains les bienfaits de la liberté, le poète fait en deux quatrains « la réponse ». Images et idées se développent en opposition par une technique tout à fait analogue à celle de Menschenschicksal#. Hebbel se fait encore le champien de la liberté dans son Lied vom Schmied*. Il faut en rapprocher le titre et peut-être la conception de la chanson de Uhland,: der Schmied. Le rythme seul est non seulement original, mais musical et développe dans le ton du Volkslied en quatre strophes fambiques la conviction que résume la dernière : ;
Und ist der Fürst nicht solch ein Schmiedt?
Das Volk ein Feuer auch, Das leuchtend und erwärmend glüht 5 Bei echter fretheit Hauch”?
Und hebt auch hoch das Feuer sich — Lass brennen, Fürst, es brennt für dich! — Eia! Eia! ; Zu deinem Nutz und Feier!
IF se peut que le maître fondeur de Schiller et le forgeron de Uhland aient également inspiré l'artisan de Hebbel. Mais de même que Schiller avait soutenu la thèse et l'antithèse en chantant les bienfaits puis les méfaits de la flamme‘, Hebbel à son tour s’empresse d'apporter à son apologie un correctif en esquissant das Bild der FreiheitT. Il veut la liberté mais dans l’ordre : letorrent auquel
1. Bw., I, 20; cf. Bornstein (I, 342) à propos du dernier vers de la pièce an die Tugend (cf. supra, 46): « Die besondere Durchführung verweist wiederum auf die Schillers Ethos mit Vorliebe populär ausmünzende Pastoren «Iyrik »,il y voit un « Vorklang zu den politischen Gedichten des Jahres 1832. »
2. VII, 7, Modeblütter (1832, n° 35) avait été envoyée à Amalie Schoppe avant le 17 août 1832; cf. Bw., VIII, 81 et supra, 27; cf. Uhland . Vaterländische Gedichte, 1 (3° strophe, v. 7 et 8):
Des Volkes Würde Wie des Thrones Beachtet ihr mit'heil’ger Scheu.
Cf. Borostein, I, 30 et 360 : Brief der Schoppe vom 18. August 1832.
3. Cf, supra, 90. — 4. VIF, 82; Modeblätter, 1833, n° 2; cf. Bornstein (I, 360) : Mitte Mai. Volkstümliches Motiv.
5. Relevons la rime Schmiedt — glüht. On peut dire que dans cette pièce J'assonance est négligée à la rime (cf. 2° strophe) tandis qu’elle intervient au début de façon heureuse en dehors d'elle (v. 1 et 3 : irgendwo, lichterloh) cf. supra, 48, n. 2., — 6. Zied von der Glocke : ; « Wohlthälig ist des Feuers Macht », etc.
” « Wehe, wenn sie losgelassen..… »
7. XIT, 87; Modeblüller, 1833, n° 9; cf. Bornstein, [, 360) : « als gleichzeitig