Cf. supra, 117 et
PREMIÈRES POÉSIES. , oo
Den ich von meiner Mutter einst Zum Namenstag empfng.
So ? von der Mutter? Also nicht Vom werthen Freiersmann ?
O jemine! wie doch der Herr So drollig spassen kann!
Wie aber kommt der Herr darauf, Ich hâätt'nen Freiersmann ?
Und hast du nicht den goldnen Ring ?
Der sagte mir es an.”
Als nun die Abendglocke schlug
- Und es zum Tanze ging — .
Was Gretchen nicht am Finger trug, Das war der goldne Ringi.
Pour achever de parcourir ce cycle, citons enfin le curieux dialogue en sirophes trochaïques que Hebbel intitule Romanze?. Le sujet nous est déjà familier : c’est la conversation, fréquente chez Hebbel, entre le bien-aimé défunt et la bien-aimée survivante®.
Mädchen, Mädchen, weine nicht.
tel est le leitmotiv qui revient au début des deux sixains du jeune
homme; dansle premier, il la supplie de ne pas pleurer afin de ne
. pas déparer son beau visage; le ton ést pressant, passionné. La jeune fille répond par ce calme quatrain :
Aus meinem Leben
Die Rose ist hin; €
Was sollte der Blätter
Betrügliches Grün ?
Aussitôt les trochées reprennent : « Mädchen, Mädchen, weine nicht » parce que chacune de ses larmes serait une épine dans la couronne * céleste du bienheureux :
Da hemmte sie eilig Der Thränen Lauf
1. Rapprochons le commentaire que Kuh (111) fait des productions lyriques de la même époque : « Nun entquillen seinem Geiste die Gebilde des Anlasses, wo früher eine müssige Einbildungskraft mit dem Wesen- und Kürperlosen getändelt hat, nun werden die Empfindungen sinnlich, die Situationen greifbar, die Form gewinnt Charakter, die Stimmung individuelle Farbe, nun geht dem Dichter das Geheimnis der künstlerischen Begrenzung auf. Sein in späterer Zeit verhängnisvoller Trieb nach schlagender Kürze kündigt sich als kräftig sammelnde und anmutig sondernde Kunst an. Bei aller Knappheït im Ausdrucke atmet sie Wärme, bei aller plastischen Bestimmtheit dringt sie niemals zur Schärfe der Absicht vor. Was gut und tüchtig in ihm ist, Anschmiegendes und Beharrliches, das wählt den « schmalen Naturpfad » einfacher Darstellung. Wo er uns zum Ergänzen auffordert, dort kommt unser Gemüt in Schwingung, nicht unsere Phantasie ins Grübeln, und über dem ernsten Nachdrucke, den seine vorwaltend schwere Natur ausübt, entwôhnen wir uns doch nicht der harmlosen Empfindung dichterischen Spiels. »
2, VII, 106, Modeblätter, 1833, n° 42. C'est donc la troisième pièce qui porte
simplement ce titre; cf. supra, 56 et 78, Romanze (VII, 26; 1830) et Romanse (VII, 42; 1831).
3. Cf. Scheunert, D. 7. H., 102, Rapport zwischen überlebenden und verstorbenen Liebenden. ,
4. Cf. la même métaphore dans l’Ælegie (VAI, 23, v. 25 et 26) et le dernier vers de la pièce an die Unterdrückten (NII, 13).
Und blickte freundlich
Zum Himmel hinauf.
Et c'est tout. De même que dans der Knabe ! nous avions la transposition d’un état d'âme en action, on peut dire que voici une transposition de dialogue en état d'âme. Mais peut-on appeler « romance » cet échange de pensées ornées de métaphores, même avec le quatrain final? C’est l’auteur qui a choisi cette appellation.
C'est Hebbel lui-même qui a dénommé indistinctement romances la plupart des pièces auxquelles nous avons jusqu'ici appliqué cette rubrique ?. Il n'emploiera la désignation Balladen und Verwandtes que beaucoup plus tard Ÿ, et il y rangera alors certaines pièces précédemment appelées romances. Nous aurons à revenir sur ce point à propos de ces dernières, qui datent de la même période, mais que nous examinerons en même temps que les recueils où elles figurent. Ce qu'il importait dès à présent de noter, c’est la belle indifférence que le poète témoigne, à cette époque, au sujet de la classification : romance-ballade. 1] emploie toujours le terme romance, jamais le terme ballade. Nous nous en tiendrons donc à une différenciation toute générale de ses autres poésies d'alors et dirons, pour caractériser l’ensemble de ses romances, qu'elles se distinguent par l’importance considérable qu’elles concèdent à l’image par rapport à l'idée, à l’action par rapport à la déclamation ou à l'enseignement didactique, et surtout par l’objectivité plus grande : l’auteur s’efface complètement, ou bien n'intervient que discrètement et en se dédoublant pour paraître en scène avec ses autres personnages ou simplement à la façon du barde populaire dont les réflexions accompagnent naïvement comme celles du chœur des anciens, l’action représentée. On peut dire que c’est dans ce genre mixte que les procédés de l’art naïf et la tradition du génie antique se rejoignent et se confondent et que ces premières romances de Wesselburen furent les vrais essais de classicisme de Hebbel bien plus que les maladroits pastiches d’autodidacte auxquels nous l'avons vu précédemment s’essayer. Quant à l'influence de Uhland, nous sommes maintenant en droit de conclure. L’apologie enflammée que nous avons reproduite plus haut a été écrite à une époque où le détachement de Schiller était depuis longtemps un fait accompli et où le culte de Uhland atteignait chez Hebbel son apogée. En se reportant à l'époque du premier contact, Hebbel attribue à Uhland une action aussi soudaine qu'absolue et définitive. En réalité, nous venons de voir que la métamorphose ne fut ni si totale ni si brusque. Après