‹ HebbelChapitre 81 sur 425 · NII, 97; Modeblaälter, 1833, n · texte numérisé non relu

NII, 97; Modeblaälter, 1833, n

8. Nous retrouvons, au 3° vers, en même temps que les métaphores empruntées à la botanique, la figura etymologica; cf. supra, 83, n.7, et 87, n. 5. ;

9. Scheunert, D. 7. H., 82. — 10. Bamberg, Il, 165. (Gutzkow à Hebbel, 15 janvier 1858.) — 11. Scheunert, D. 7. H., 83,-.3; cl. T., 907. — 12. Bielschowsky, dans sa préface au 1° volume de son étude sur Gœthe.

aimait en elle son propre rêve, l’image idéale et embellie qu'il s'était faite d'elle. La deuxième strophe nous fait assister au réveil, à la déception, comparable à celle que le poète vient de nous montrer dans Melancholie einer Stunde! :

Ich bin erwacht!

Der kosend mich umwunden,

Der süsse Traum ?, ist eilig mir verschwunden,

Liess mich allein in dunkler Nacht.

On voit comme, ici encore, le rythme accompagne et souligne la pensée : ce passage de 2 à 3 et à 5 temps forts rend avec bonheur l'éveil progressif, l'évasion de plus en plus consciente du rêve trompeur, puis la strophe se replie, en même temps que se referme aux yeux complètement dessillés la nuit noire. L'interprétation nous paraît être : le poète a cessé de voir la bien-aimée à travers le prisme décevant de son rêve, il l’a vue telle qu'elle était et s’est retrouvé seul du même coup; et alors, à quoi bon s’attarder dans le deuil de ce qui n’était qu'un rêve inconsistant et fugitif? Les yeux se rouvriront sur d’autres images :

Die Nacht entflieht,

Mir winkt das rege Leben :

il prend congé de celle qui n’était qu’une chimère, sans rancune, mais non sans malice et il lui souhaite de pouvoir se pardonner aussi facilement qu'il lui pardonne, si elle arrive un jour à se connaître aussi bien elle-même qu'il la connaît maintenant.

Môgst du dir selbst so leicht als ich vergeben,

Ich, der in dir — Dich selber sieht.

Tandis que ce dernier vers rappelle le 20° de Melancholie einer Stunde*, le précédent peut faire songer à la formule analogue dans la dernière strophe du Sänger de Gœthe.

Hebbel recommence donc à méditer sur l'Idéal, comme dans ses pièces de début, mais la différence essentielle par rapport à ces dernières est que, maintenant, au lieu de déplorer la perte de l'Idéal, il s'efforce surtout de délimiter ses rapports avec Le Réel. Son point de vue, de purement contemplatif, devient en ce sens actif et d'élégiaque se fait agonal, en un mot, plus optimiste et plus

sain. Loin de proclamer a priori l’antinomie de la Réalité et de l’Idéal, .

il lui arrive même d’en constater, dans tel ou tel cas, la concordance. Ainsi dans la pièce der Traumgott‘. Nous y retrouvons encore une fois Laura’; ici le terme « Traum » a toutefois l’acception courante et non mystique‘ : le poète demande au dieu des rêves de faire voir à sa bien-aimée la plus belle image, sa prière est exaucée :

Und sie sah — ïhr eig’nes Bild.

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