‹ HebbelChapitre 82 sur 425 · Strophes 2 et · texte numérisé non relu

Strophes 2 et

M LD Ut etre SU M RS ie

Le. 96, Modeblätter, 1833, n°18. — 5. Premier vers, — 6 C ne Ni me 1833, n° 18. — 5. Premier vers. — 6. Cf. an die Unter-

7, Ce qu'il ya de plus intéressant pour nous dans la pièce est précisément cette préoccupation de beauté.

EPA ES

Er + 2"

On le voit, le madrigal est assez plat et le poète retombe encore (si l’on peut dire) dans les métaphores célestes :

Laura schliesst die holden Augenlider, Meine Himmelsthüren thun sich zut,

Tout compte fait, et au point de vue poétique, cette recrudescence d'idéalisme ne nous dit rien qui vaille et nous paraît très nettement marquée, ainsi encore, par exemple, dans la pièce das Leben? que nous étudierons dans le recueil où elle figure.

Une autre poésie, de la même année pourtant, indique une réaction satirique .contre ce retour d’idéologie. C’est la fantaisie trochaïque* dialoguée, intitulée die Liebhaber ‘, qu'on peut considérer comme une forme de transition entre le lyrisme didactique et le drame. Trois personnages sont mis en scène : un amoureux sentimental, un amoureux réaliste et la jeune fille dont ils se disputent

-la préférence. Elle les départage en accordant à chacun ce qu'il

désire : au premier, les satisfactions platoniques de la contemplation, à l’autre, le rendez-vous nocturne et clandestin sous la tonnelle; pour celui-là, elle consent à être le « soleil », celui-ci pourra l'embrasser au clair de lune. Il semble bien que le rêveur ait tiré la longue paille : sa jalousie est ridiculisée par la belle lorsqu'il paraît lui aussi dans le jardin :

Abends pflegt die Sonne nicht zu scheinen,

Und ich sollte Ihre Sonne sein.

et son désespoir est bafoué en ces termes par son rival qui a le dernier mot :

Ohne Furcht, die nur im Geiste lichen,

Tôdten auch allein sich nur im Geist. | Ce n’est pourtant pas là toute la morale de la fable. Le triomphateur ne paraît pas être, lui non plus, du goût de Hebbel et il le décrit exactement sous les mêmes traits que le Philistin de tout à l'heure; le comble de la félicité se résume pour lui dans la perspective d’une journée ainsi remplie : un ami le régalera à déjeuner et le bon vin coulera à flots; ils passeront l'après-midi au café voisin et joueront au billard jusqu’à l'heure du théâtre,

Und des Abends Ueberrest zu würzen, Schickt mir Amor dann sein liebes Kind.

Mais cette félicité de Sancho Pança ne paraît pas plus grotesque à Hebbel que celle du Musagète et le « programme » terre à terre n’est qu'une réplique à l’exaltation à vide qui emporte le premier amoureux et lui fait attester la création, la terre, le soleil, les pla-

- nètes et les étoiles qu'ils n’ont encore jamais vu un heureux'. Le

2, VII, 97, Modeblätter, 1833, n° 98. La date de 1835 qu'indiquent à la fois le recueil de 1842 et le journal (T., 2573, IT, p. 189) est donc une erreur.

3. Nous n'avons guère rencontré que dans Rosas Schünheit (VIT, 54; cf. supra, 103), les trochées employés dans la satire.

k, VII, 102, Modeblätter, 1833, n° 38. — 5. Cf. Redliche Warnung (VIT, 83, 2° strophe). — 6. V. 46.

poème est ainsi une contre-partie de la redliche Warnung et un rappel évident de la Sehnsuchtsparodie!. Et, pour nous bien marquer que c’est une deuxième édition de son Triumph der Empfindsamkeit? qu'il écrit là, voici le scenario du deuxième acte de cette petite comédie:

Abends ?.

Garten. Vor einer Laube. Die gehôrige Quantität Mondschein. Erster Liebhaber, angekündigt von einem affectirten Seufzer, tritt langsam hervor.

Et brûlant une fois de plus tout ce qu'il a adoré, le jeune Hebbel dresse ici un second et impitoyable bûcher et il y met tout ce qui lui tombe encore sous la main de son bric-à-brac poétique : nombre de ses métaphores favorites (Weltall, Himmelslust, Busen, Grab, Weltgericht) y flambent joyeusement, les tourbillons de fumée déclamatoire les emportent et l’autodafé ne serait pas complet si le sacrificateur n’y ajoutait une bien franche allusion à ses premières velléités de citations antiques’. Nous voilà déjà assez loin des naïvetés et des gaffes de l’autodidacte”.

Enfin, pour compléter le bilan de cette année 1833, deux nouvelles odes vinrent s'ajouter aux deux que nous connaissons déjà : die Nacht et Liebe étaient écrits dans le 4° mètre asclépiadique. Æin MittagS fut composé dans le 2° inverse; Klopstock fournit le modèle’ et Hebbel s’y conforma assez adroitement. Le poète s’est endormi sous le tilleul :

Einerlei, ob ich schlief! Stellte der Baum ja doch Mit den Blättern, in Sonnengold

: Eingefasst, und das Blau, welchem die Sonn’ entblüht9, Freundlich vor mich den schônsten Traum.

La pensée est, dans cette pièce, complètement subordonnée au sentiment, à l'impression même : tandis qu'il dort, le zéphyr l'ensevelit sous des fleurs? puis le réveille d’un doux baiser... et alors seulement la pensée s'éveille aussi :

1. Cf. supra, 88. — 2. Cf. v. 13 : « schnôdes, Geist zerstôrendes Empfndeln ». — 3. Le premier porte la simple indication : Morgens.

k. Dans la redliche Warnung nous avions déjà eu les « Pieriden » (cf. supra, 130) c’est ici une allusion à « Orpheus » (v. 42).

Page 1