T°, 1701, 1734, 2022: "38. Bw., IL
- * faiblesses s’y révèlent : sa franchise et sa naïveté, sa loyauté et sa . rudesse, son sérieux, son besoin de clarté, de responsabilité et son pédantisme, les côtés nobles et les côtés mesquins de sa combativité. L'impression dernière est une note d'amertume, encore une variation mélancolique du thème Pegasus im Joch1.
La chaîne du passé le paralyse toujours matériellement : il demande au père de son ami Rousseau de lui prêter une petite somme d'argent, qui est aussitôt mise à sa disposition, mais dont la plus grande partie est destinée à rembourser les frais de l’enterrement de sa mère?. Aïnsi une dette en éteint une autre et c’est, dans sa vie, toujours le même décousu que dans ses études, toujours la même incertitude du lendemain. Bien plus, son foyer éphémère, sa compagne dévouée, son enfant commencent à lui peser. La pensée du suicidé le hante. Il arrive même à concevoir le fatalisme pessimiste, et à se persuader-que l'individu est absolument incapable de se libérer, une fois pris dans l’engrenage #; il croit remonter une fois de plus aux sources d’amertume de toute sa vie en se remémorant l'époque de Wesselburen et finit par déclarer qu'il a tout juste assez de vie pour se sentir mourir. Il éprouve à ce moment-là les limites de sa foi individualiste et démontre implicitement que la force ne saurait tenir lieu de bonheur, parce que le bonheur la conditionne. Il s’abandonne, à certaines heures, en dépit de ses principes de combat à un véritable eudémonisme sensuel et sentimental qui explique, au moins pour une bonne part, la nature de ses expériences et l’incohérence de sa méthode vitale‘. C’est alors qu'il fit la connaissance d'Emma Schrüder. Unissant à la fraicheur de Beppi et à la bonté d'âme d’Elise la beauté et d’appréciables avantages de fortune (elle appartenait à une riche famille de patriciens de Hambourg), elle inspira à Hebbel une. passion ardente : il la voit et il est sous le charme; à la première lettre qu'il reçoit d'elle, c’est du délire, Il lui envoie des vers, un exemplaire de sa Judith et la jeune fille paraît ne pas rester insensible . Perdant alors toute mesure, il prend Elise, quelques semaines avant sa délivrance, pour confidente de ses transports amoureux et à même la suprême naïveté d'espérer les lui faire partager. Sans la moindre délicatesse, il lui expose les avan-
1. Cf. pour les détails, Kuh, I, 200-203; 302-306; Tibal, 340 et 341 et, dans les neue Hebbeldokumente (22, 24, 192-193), la lettre de Hebbel à A. Schoppe du 13 octobre 1839 et sa lettre à Carl Carstens du 2 juin 1840,
2=Bw., LL, 7:
3. Notons, par contre, ce que, l’année précédente encore, il pensait à Munich d'une volonté forte : « Es giebt Menschen, die nichts haben, als die Kraft, sich zu entschliessen, und die doch dadurch schon viel haben ». T., 1492 et, aussitôt après, ilillustre par un aphorisme la question des rapports du libre arbitre et de son ambiance. T., 1493.
4. T., 2203, 2330, 2337, 2417, 2429, 2456, 2463, 2471, 2509, 2513; cf, T., 2464 : « Wem die reine Lebenslust versagt ist, der wird in Laster und Ausschwei- * fungen hinabgedrückt ». Et il se compare à Gœthe : « Auf den wurden alle Lebensblüthen herabgeworfen, etc. ». On voit que ce thème est un leitmotiv
our Hebbel; cf. supra, 12, n. 5.