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CHAPITRE XVII

nb HuMIDITÉ, NoU, OU ROSÉE.

jan est la coupe, et 2, eo, emaar le vase d’eau 493, l’amphore qui donne les eaux, le verseau. *Ayw Agno est une fontaine d'Arcadie dont l’eau monte en pluie, et est une des nourrices de Jupiter comme TPN, NPN 106, ou HAT dE œiyé la chèvre; et ag, agia, aqua l’eau, ainsi que bn goutte de rosée, bin Jai rassembler l’eau, 53x étang, sont tous mots dérivés de la même racine. Les nymphes nourrices étaient pour la plupart des fontaines, des sources d’eau, comme Neda et Agno (1).

En Arcadie, les sept nourrices de Jupiter étaient les sept Pléiades, constellation pluvieuse, principe d’humidité et germe detouteproduction. jy d’après M. Lacour (2) est le bélier qui sauva l’armée de Bacchus en découvrant la source pp qui servit à la désaltérer. L’eau pure est le cristal, le miroir, l’œil dans lequel se dessinent les objets voisins. La source, l'œil répète fidèlement l’image, et äviw signifie conserver la pureté, rendre pur, dyvà rh la fête des lustrations. L'eau et le feu sont des symboles de purification, et le Bélier préside à l’un et à l’autre élément. nt l'agneau se rapporte au verbe hu humecter (3), 6kucox,

92 Gaarre la mer. |

(1) Agno, Hagno, nymphe qui éleva Jupiter dans l’Arcadie, donna son nom à la fontaine Agno. L’Anio est un courani d’eau près de Rome.

(2) Essai sur les hiéroglyphes égyptiens, p. 136, quatrième fragment. Bordeaux, 1821.

(3) 0 l'agneau ou le bélier donne Nbu, 06 la rosée au printemps ainsi que la croissance figurée par 14, °6 chald. l'enfant adolescent, LAN) petit garcon, JAN) petite fille, ou 6@koç le germe, d'où 0éw, Oxo verdir, fleurir : cb bouton, fleur, fruit d’arbre. Le jeune soleil adolescent est Apollon, en l’honneur duquel étaient célébrées les Hydrophories. Sur une médaille de Cydonie en Crète, on voit Jupiter assis sur une chèvre, et au revers de la même médaille se trouve une chèvre avec l'inscription sov1 conservatori. Après la mort de la chèvre qui l’avait nourri, Jupiter la plaça au rang

to L'olivier et l'huile qui entretient la lumière, Le feu, ainsi que l’eau, le sang, entretient la vie, était consacré à Minerve. L'huile purifie comme l’eau lustrale. N9ñx le savon provenant de l'huile enlève les taches et purifie. L'huile ainsi que l’eau bourbeuse tache, salit : a huile, fat tache, ft être oint. nù est N

l'humidité, et non signifie puer, non être corrompu, perverti. Les eaux dormantes se corrompent et

donnent de l’odeur, et la souillure doit être lavée, purifiée. L'huile comme l’eau éclaircit, laisse percer la lumière, ou la ternit, la cache.

nhn le sel provenant de la mer excite par sa chaleur les aiguillons de Vénus et réveille la vertu sémi-

nale, ce qui fait appeler salacitas l’inclination à la luxure. La mer engendra Vénus et l’Amour, et

Salacia est la déesse de la mer. Le sel rend lascif, fécond, il assaisonne toute viande propre à la nourriture, il lui donne le goût, la saveur, il la conserve, la préserve de la corruption: \> saler, le sel], la

science, la connaissance, TŸ chose élégante, belle, bonne, remplie de sel: g0Adh saler, gfAda saveur, au figuré sagesse, jugement.

Le sel répandu sur la terre la prive de toute fécondité. Homère donne à la mer une épithète qui signifie inféconde, aride ; les Égyptiens abhorraient tellement le sel qu’ils ne mangeaient pas même de pain salé, et regardaient la mer comme l’élément de Typhon.

91 nn être humide, 19 humide, non nnû chald. mouiller, Xwrde lotus, nnb rac. inus. étendre, répandre.

chald., AdAdh mouiller, hu- Vieux lang. laith humidité, lutum n° rac. inus. répandre. mecter, terre humide.

ACOIAI , 2AOIAG nager, OT(0- nôn GOAdh > 1OTAR HA (OXE6 affluer, couler avec abon- saler, e

dance, Aoëw luo lavo, Angl. to lave, All, faugen.

Esp. ola onde; Bret. eul, houl flot; 92 bo JE MAA humecter légère-

Irl. à mer, Cymr. ill flux, tor- mentla terre(rosée, pluie. TATA, rent, Lith. lytus pluie. TEATEA, OH, OAHAIStillare,

. EN a Là € Teil salive, ET liquéfier. JE» tomber goutte à goutte,

TeATIA goutte, JS couler, suer,

mad) arroser (rorare.

Lu, nûo qu rosée, JE pluie fine, 6 mamelle, ke nourrice.

Odhasou mer, TéAux marais, eau sta-

gnante, EX réservoir, del

étang.

92 b nÜt taa Ÿy couler, RAT, DT jhv, 3bn Ji neige.

pluie (AT, ATCTET eau, XOA

fl aûr, 10 distiller, dégoutter,O"A AN ot.

goutte ; nop0t eau, tempête.

y effusion.

des astres. La chèvre ou le lait qu’elle donne est pris pour l’eau ou le flot de la mer; Neptune qui monte un bouc ou une chèvre est radduaruo le dominateur des vagues, auxquelles on donnait le nom de chèvres. L'idée de la fécondité attribuée à la chèvre est consacrée dans les monuments indiens; on voit souvent Vichnou avec une petite chèvre sur le doigt, Le bélier céleste, formé en Chine de la croix, est accompagné des caractères de plénitude, abondance, et a pour dérivé bonté, huma-

nité : 2É yam (8183) brebis, re tum (27) plein, quantité : agnus agneau, agna épi, agnatio croissance. La Chèvre qui se lève au-dessus du Bélier était bonum numen, et à Rome, le lever de l'étoile Amalthée donnait le signal de

la fête de la Bonne Déesse de la fécondité, Le signe du Bélier annonçait les crues du Nil, comme il est dans les autres climats le signe de l'humidité qui accompagne le printemps. |

93 RON chald. savon, élaia olivier, hotoy huile, oleum, Angl. oil, Al, dt, Esp. olio, oleo, Vieux lang. oly, ole, vase pour l'huile.

2 Gite 665, Lo couler, vivre avec profusion, prodiguer, Dyr répandre, XEAXGOA distiller, couler goutte à goutte, Eee) Te coulèr, s’écouler (fig.

Gin (n5n Ja rassembler l'eau, Jt étang, piscine,

339 rac. inus. |) être profond (l'eau, la mer.&

35 Xdxxoc lac, bassin, LR

bassin.

FX être oiut, être humide.

nie de huile.

30 rac. inus. J5 puiser.

(Le

Qwain bassin (33N rassembler, 5t rosée,

bu »b3n réceptacles (célestes) de rosée,

Le Bélier frappant du pied la terre fit jaillir y la source appelée fontaine du Soleil, et on éleva dans ce même lieu à Jupiter Ammon un temple et une statue avec des cornes de bélier. C’est là que les Égyptiens portaient les symboles propres à chaque nouveau mois, et particulièrement l’animal qui se rapportait au signe dans lequel entrait le soleil. Ils célébraient avec pompe le retour de l’équinoxe du printemps et plaçaient des feuillages au-dessus des portes; on portait couronné de fleurs le bélier devenu l’objet de l’encens et du respect des peuples, et cette fête correspondait à celle des tabernacles

en Judée.

94 ny est la verdure nouvelle, la feuille, «et, et nv l'agneau, le soleil naissant comme agna la jeune

plante, ou dyvo agnus castus, vitex, l’arbuste

qui croît, s'élève et donne bb, boy l’'ombrage que forme

nn le tabernacle, la tente (1). nhw le rejeton, la pousse que n9 l'humidité fait croître ainsi que le nou-

veau blé, la nouvelle verdure qui nv fleurit. C’est l’eau autres que les saules mêmes qui vivent près des eaux.

noy la feuille donne l’ombre, le voile, le dais, la tente, et les olles (2)

ferment la lumière ou les préceptes divins; et ay signifie cacher

qui donne la verdure, et les nymphes ne sont

, les feuilles sacrées des Védas, ren- , Up obscurité, nuit, #19 cacher,

TS couvrir, La feuille défend, couvre la tige de son ombre, et les bois sacrés autour du temple étaient des

SN lieux de refuge. 7x l'ombre a formé ox l'ombre, la figure, l'image, la ressemblance, et po l’image, le

simulacre.

94 n0 verdeur, vigueur; frais, nouveau.

nno être humide, frais, verdissant.

AGRKR, AHRK humide, vert.

Vieux lang. laye bois, forêt; Angl.

lay gazon.

(1) Thalla était une fête de Vénus; ce mot si

LE source 241.

Bret. glas, glaz vert, qui est de la .

couleur des feuilles des arbres.

nov pousser, n1ñht rejetons ; xœvéw pousser une tige, xau)de tige, Cymr. cala tronc.

AT arbre (en général), Yet tige, Lat. salix, saule (TT eau,

4ov sortir, fleurir.

gnifiait des branches ou des feuilles qui donnaient l’idée de les célébrer au

commencement du printemps, saison où la nature se renouvelle, On portait dans cette fête des couronnes de myrte, et peut-

être on y élevait des tentes de verdure avec des branches de cet arbri

sseau, Larcher, Mémoire sur Vénus, p. 267.

(2) « Les olles sont tirées d’une espèce de palmier; cette feuille, faite en éventail, est épaisse et sèche; les lames qu’on

ot

— 61 —, Lou J AAA br ombrager ; . obx image, forme, figure: nb»,

by ombre, ai feuille, No comparer; ÿhDimage, simuonyx pour Dobs arbres qui don- lacre, similitude. bp, 6n5 ch.

nent de l'ombre. et syr. Je assimiler, A ox AE AA couvrir de ténèbres. similitude,

| on Ji couvrir, cacher.

95 n0y feuille, Ün forêt, olus herbe, nuby obscurité, nuit, #19 cacher légumes, olles feuilles de palmier. 43, X0w latebra, QE couvrir. 2AHAI fleur, AAOT1 paille, TE fleurir, g6\\ov 204 B folium,

bons at plante rampante,

bya Je écorcer, peler. Gus ar.

éthiop. et syr. oignon composé de tuniques superposées,

buy Je être Da Huy vespertilio, oiseau de nuit,

(buy et mp.

ÂwTtoc LE LOTUS,

L'humidité est le principe, l’origine du monde ; c’est l’eau qui féconde la terre et lui fait produire les plantes : le lotus, qui naît et vit dans l’eau, était chez les Égyptiens un emblème de l'humidité qui anime et conserve toutes choses; il était le symbole de la terre nouvellement arrosée par les eaux du Nil. Les antiques sculptures de la Thébaïde offrent souvent la triple relation du lotus avec l’inondation du Nil et avec les périodes du soleil et de la lune. Cette plante se plonge dans les eaux en même temps que le soleil dans l'Océan, et ne surnage le lendemain, après le lever de l'aurore, que lorsqu'il paraît sur l'horizon,

Le nom du lotus or& se rapporte au verbe nn? mouiller, parce que cette fleur est un pronostic certain de la crue des eaux; de même en sanscrit JATTN lotus, fleur, est né de 74 ou AAA l'eau.

Le lotus ainsi que les eaux, estle symbole de la mort et de la renaissance, et Xw signifie détruire, ruiner, ainsi que délivrer : Aoÿw laver, purifier. L’humidité est le principe, l’origine du monde.

Le soleil levant, Horus, sort du milieu du lotus comme un enfant nouveau-né. Horus adolescent, avec une chevelure tressée en corne de bélier, et armé du fouet ou fléau, symbole de domination (1), paraît sortir du calice d’un lotus épanoui, emblème du Nilet de la vie également inépuisables, Le lotus était l’image de la création par les eaux, et Harpocrate, Osiris, Horus, sont représentés assis sur le lotus ou environnés d'une multitude de tiges de la même plante. Le lotus était aussi un symbole de l’immortalité : les idées d’eau, de salut, de vie, que représente cette plante, conduisent à celles d'espoir, de salut et de vie jusque

. dans la mort même. L'univers est sorti des eaux, Osiris est né du fleuve égyptien, et abreuvera chez les

morts les âmes altérées, comme il rafraîchit ici bas la terre brülante de soif. Aussi voit-on souvent les caisses de momies ornées de colliers de lotus, et en général, l’image de cette fleur est continuellement reproduite dans les tombeaux et dans tout ce qui se rapporte soit aux morts, soit à l’autre vie. La feuille du lotus recouvrait les morts, et u1 signifie cacher: assis sur le lotus, Harpocrate avec le doigt sur Le bouche est le signe du mystère.

Le lis comme le lotus est le symbole de la pureté et de la fécondation : dans l’Inde la déesse Lakchmi-

sépare s'appellent olles. Les Indiens écrivent des deux côtés, et passent ensuite du noir sur les lettres qu'ils viennent de tracer. Pour faire un livre, ils mettent les olles les unes sur les autres, et font à chaque extrémité un trou qui traverse toutes les feuilles : ils y passent un cordon qui réunit ainsi toutes les olles. » Sonnerat, Voyage aux Indes, I, 241.

(1) On a toujours regardé comme un fouet ou un fléau, symbole de domination et de rigueur, l’un des attributs des dieux égyptiens Osiris, Horus, etc, M. Lanci (Lettre sur les hiéroglyphes égyptiens, pag. 5 à 11) pense que cet instrument est un aspersoir, symbole de bénédiction, et il cite à l'appui de son opinion plusieurs légendes hiéroglyphiques où en effet cet attribut ne peut avoir le sens de fouet. Il figure particulièrement dans le surnom de l’empereur Antonin le Pieux,

S/\ où il détermine la signification des deux caractères qu’il accompagne ir, en copte MAHT miséricordieux, æ véritable sens de ce surnom d’Antonin. En effet, pourquoi ces dieux porteraient-ils un second symbole de domination, puisqu'ils ont déjà le lituus ou pedum qui Tan la puissance? La bienfaisance et la miséricorde sont aussi bien

que la puissance les attributs de la Divinité,

or Padmälaya, c’est-à-dire habitante du lotus, est représentée voilée et répandant de ses deux mains les bénédictions célestes sur la terre, où se manifestent tous les signes de l’abondance. De même Soma ou

Tchandra, le dieu de la lune et de l'humidité fécondante, porte sur la tête un croissant dans lequel estun lotus, et dans ses deux mains deux autres lotus (1).

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