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Les tableaux 11 et [11 donnent les résultats des deux autres essais. Le tableau 11 correspond aux essais B, c’est-à-dire aux essais portant sur un extrait débarrassé des glucosides par épuisement à l'éther acétique et ne renfermant plus que les les hydrates de carbone. C'est cet essai qui permet le dosage du gentianose et du saccharose. Le tableau III correspond aux essaisC , c'est-à-dire aux essais portant sur un extrait soluble dans l'éther acétique et ne renfermant que les principes glucosidiques. C'est cet essai qui permet le dosage de la gentiopicrine.
(Tableau Il). On remarquera de suite l'augmentation progressive de la déviation initiale droite, augmentation corrélative : d'une augmentation du recul de la déviation sous l’action de l’invertine.
On voit que c’est au début de juin que la racine de Gentiane renferme le moins d'hydrates de carbone hydrolysables par l'invertine ; à partir de cette époque, la proportion de ces principes augmente, puis.ne varie plus du mois d'août à lafin de la végétation.
En comparant les résultats obtenus dans les deux essais À et B,on voit que le recul par énvertine est toujours plus fort dans l'essai B. Je n'ai pu trouver l'explication de cette différence.
Pour le gentianose, on constate que, dans les mois de mai et de juin, la quantité calculée au moyen du sucre réducteur produit par l'émulsine, est plus forte que celle que l'on obtient en supposant que-tout le sucre réducteur produit par l’invertine provient de gentianose. On trouve. en effet, dans le premier essai, 3 gr..948 de gentianose, alors que, par l’invertine, il ne s'est formé que 2 gr.,235 de sucre réducteur, quantité provenant de 2 gr.,878 de gentianose. Il en est de même dans les essais du 3 et du 23 juin, pour lesquels on calcule 3 gr.,062 et 2 gr.,701 de gentianose, alors que, d'après l’action de l’in-. vertine. il ne peut y en avoir que 1 gr.,562 et 2 gr.,453. [l est donc probable que, pendant les mois de mai et de juin, époque à laquelle la Gentiane utilise ses hydrates de carbone, elle renferme une certaine proportion de gentiobiose libre.
Quant au saccharose, on ne peut pas dire si la racine de Gentiane en renferme pendant les mois de mai et de juin, étant
donnés les résultats que l’on obtient en calculant la quantité de gentianose.
A partir du mois de juillet, la proportion de saccharose augmente progressivement jusqu'au mois de novembre ; il y a une faible diminution en août et en septembre, diminution qui correspond à une augmentation de gentianose. La proportion de saccharose subit donc de grandes variations, puisqu'il en existe plus de 4 pour 100 au mois de novembre, tandis que, au mois de juillet, il y en a 1 pour 100, et. sans doute, moins encore durant les mois de mai et de juin.
Sous l'influence de l'émulsine, on a remarqué que la marche de l’hydrolyse était plus rapide dans les essais B que dans les essais À correspondants. C’est ainsi que l’hydrolyse a duré, dans l’essai B du 24 mai, 18 jours seulement au lieu de 47 jours dans l'essai A de la même date.
Il est possible qu'après l’hydrolyse de la gentiopicrine, la gentiogénine formée ait une action retardatrice assez marquée sur les hydrolyses produites ultérieurement par l’émulsine. Cette hypothèse expliquerait pourquoi le même ferment a besoin d’un laps de temps double pour hydrolyser la même proportion de gentiobiose, suivant la présence ou l’absence de gentiogénine dans les liquides où se produit la réaction.
Le tableau lI[montre que le glucoside que l’on hydrolyse dans les essais estuniquement de la gentiopicrine,si l’on s'en rapporte aux indices que l’on obtient, dont le plus éloigné diffère à peine de l'indice théorique : 113 au lieu de 111. La gentiopicrine existe en proportions notables pendant toute la végétation, et les différences que l’on observe sont tout à fait minimes, la plus faible proportion étant de 1 gr.,959, la plus forte de 2gr.,376 et la moyenne de 2 gr.,140. On peut dire, cependant, que la gentiopicrine existe en proportions plus fortes pendant les mois de juin et de juillet.
En résumé, la composition de la racine de Gentiane subit pendant une végétation annuelle des variations assez fortes, surtout si on envisage les hydrates de carbone réducteurs et les hydrates de carbone hydrolysables par l'invertine.
Pour ce qui est de la gentiopicrine, en effet, les variations
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sont beaucoup moindres, et la racine de Gentiane, à quelque époque de la végétation qu'on la prenne, renferme toujours une proportion de gentiopicrine voisine de 2 pour 100.
La proportion pour 100 des sucres réducteurs varie de 2 gr.,246 à Ogr.,595, la plus forte quantité se trouvant à la reprise de la végétation, alors que la plante utilise ses matériaux de réserve, formés d'hydrates de carbone plus ou moins condensés.
La proportion pour 100 des hydrates de carbone hydrolysables par l'invertine varie de 1 gr.,213 au début de la végétation à 7 gr..826 à la fin de la végétation.
Le gentianose existe toujours dans une proportion de 3 à 5 pour 100, sauf pendant les mois de maiet de juin, pendant lesquels il est probable que la racine de Gentiane renferme du gentiobiose libre. C'est pendant les mois d’août et de septembre qu'il y a le plus de gentianose, et c'est justement à cette époque que MM. Em. Bourquezor et NarpiN ont traité la racine de Gentiane pour avoir ce sucre. *
C’est, en somme, le saccharose qui subit les plus grandes variations : il s’accumule dans la racine à la fin de la végétatation et disparait, ainsi d'ailleurs que la plus grande partie du gentianose, au début du printemps, à la reprise de la végétation.