‹ Hector Berlioz et la société de son tempsChapitre 18 sur 28 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Si, au point de vue sentimental, la solitude fut pour Berlioz le plus grand des maux, l'artiste, au contraire, a fui avec obstination la société de ses pairs. Wagner, qui n'eut pourtant pas ses confidences, en jugeait bien quand, en 1841, il écrivait :

« Berlioz a l'air de se complaire en son isolement, et semble s'efforcer opiniâtrement à s'y maintenir. Il n'a pas d'ami qu'il juge digne de lui donner un conseil... »

Gela est vrai. Mais fut-ce par goût qu'il vécut ainsi à l'écart ? N'était-ce pas au contraire une nécessité pour lui de s'abstraire d'un milieu si contradictoire avec ses aspirations? Les musiciens français du temps de Berlioz n'avaient rien à lui communiquer qui pût lui être d'aucun profit : il était donc fatal qu'ils marchassent chacun de leur côté, étrangers les uns aux autres, ne se rencontrant que sur des terrains neutres, quand par hasard les circonstances de la vie extérieure venaient les réunir.

Examinons rapidement quelles furent les relations qu'il entretint avec les plus notables de ces contemporains.

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