‹ Hector Berlioz; la vie et le combat, les œuvresChapitre 21 sur 35 · HAROLD EN ITALIE · texte numérisé non relu

HAROLD EN ITALIE

dans laquelle la mélodie principale, exposée d'abord par l'alto, devait se superposer aux autres chants de Porchestre, avec lesquels elle contrasterait par son mouvement et son caractère, sans en interrompre le développement. Malgré la complexité du tissu harmonique, Berlioz mit fort peu de temps à composer cet ouvrage, quUl retoucha longuement par la suite, mais qu'il fit entendre pour la première fois dans un concert donné par lui-même au Conservatoire, en novembre 1834.

« Le premier morceau, dit-il, fut seul applaudi, par la faute de Girard qui conduisait Torchestre, et qui ne put jamais parvenir à l'entraîner assez dans la coda, dont le mouvement doit s'animer du double graduellement. Je souffris le martyre en l'entendant se traîner ainsi. La marche des Pèlerins fut redemandée. A sa deuxième exécution et vers le milieu de la seconde partie du morceau, au moment, où, après une courte interruption, la sonnerie des cloches du couvent se fait entendre de nouveau, représentée par deux notes de harpe que doublent les flûtes, les hautbois et les cors, le harpiste compta mal ses pauses et se perdit.

Girard, alors, au lieu de le remettre sur la voie, .

comme cela m'est arrivé dix fois en pareil cas (les trois quarts des exécutants commettent à cet endroit la même faute), cria à Porchestre : « le dernier accord I » et Ton prit Taccord final en sautant les cinquante et quelques mesures qui le précèdent. Ce fut un égorgement complet ...»

LUdée qui a guidé Berlioz dans cette composition pouvait être bonne, mais il y a loin de l'idée à Pexécution, et il s'est heurté à l'impossible. Alors même que l'artiste chargé de jouer l'alto solo a le talent de M. Sivori et possède un instrument d'une sonorité remarquable, la partie 'qu'il joue se noie le plus souvent dans la masse orchestrale et ne s'y superpose pas d'une manière distincte, comme Berlioz voulait et avait cru pouvoir le faire. C'est seulement lorsque l'orchestre fait silence ou bien quand l'accompagnement est des plus ténus, que l'oreille perçoit clairement les phrases de l'alto : ce défaut seul suffit à condamner l'idée qui a présidé à cette composition. De plus, Berlioz a trop cédé, dans ces différents morceaux, à son goût, je dirais presque à sa manie, de décrire par les sons les épisodes les plus divers de la vie réelle. Cette préoccupation et cette recherche constantes

Digiti;

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