‹ Hector Berlioz; la vie et le combat, les œuvresChapitre 22 sur 35 · HAROLD EN ITALIE I · texte numérisé non relu

HAROLD EN ITALIE I

entravent son inspiration, loin de Texciter, morcellent la phrase musicale et brisent à tout instant la pensée mélodique, qu^il coupe de rappels inattendus ou d'effets descriptifs dont Pauditeur ne s'explique pas toujours le sens.

Ces réserves une fois exprimées et motivées sur l'ensemble de l'œuvre, il faut reconnaître que Berlioz a montré dans toute cette symphonie sa richesse d'imagination habituelle et cette admirable entente des sonorités de l'orchestre, qui était chez lui don de nature. Jamais, peut-être, il ne poussa plus loin cette minutieuse recherche des timbres les plus variés, des contrastes inattendus, des plus curieuses surprises pour l'oreille, si loin même qu'il tombe parfois dans l'excès . Le premier morceau : Harold aux montagnes j scène de mélancolie^ de bonheur et de joie y renferme d'abord une jolie phrase de l'alto, accompagnée de simples arpèges de harpe et de doux soupirs de la clarinette. L'alto, uni aux instruments de bois, chante ensuite une mélodie expressive sous laquelle crépitent et grondent tous les instruments de l'orchestre : l'effet de cet ensemble est saisissant ; puis un chant gracieux lui succède, exposé d'abord par l'alto, mais dont

le développement orchestral, si habilement prolongé qu^il soit, ne va pas sans peine et sans répétitions.

La marche des Pèlerins chantant la prière du soir, que Berlioz improvisa en deux heures, en songeant un soir au coin du feu, forme une page de tout point délicieuse et dont la couleur rêveuse et poétique doit séduire forcément tout auditoire non prévenu, comme "'elle charma, certain jour, la . grande - djuchesse Stéphanie, souveraine de Mannhjsim.

Cette princesse croyait, paraît-il, retrouver dans la troisième partie. Sérénade d'un montagnard des Abru\:{es à sa maîtresse^ le calme délicieux des nuits italiennes. Le morceau est, en effet, d^une inspiration gracieuse, et le beau chant du cor anglais, soutenu d'un hautbois, se mêle heureusement à la mélodie originale de Vadagio reprise par Palto. La fin de ce tableau champêtre, un long perdendosi de la mélodie, jouée par le soliste sur une tenue prolongée de la flûte et une batterie persistante des altos divisés, est surtout d'un effet charmant.

Le quatrième morceau, que Berlioz dut supprimer dans son concert à Mannheim, à cause de

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