‹ Hector Berlioz, sa vie et ses œuvres;Chapitre 24 sur 85 · FRANCESCO, CISELEUR ( \V A R T E L · texte numérisé non relu

FRANCESCO, CISELEUR ( \V A R T E L

(Costumes de Bcnvenuto Cetlini, par iM. Lor

I. Dans le irio du premier tableau, l'ensemble à trois voix qui forme l'allégro final est ramené de cette manière : « Faut-il redire encore l'heure et le lieu de notre rendez-vous? — Oui, je viendrai, disons-nous », etc. C'est d'une simplicité incomparable.

liS HECTOR BERLIOZ

comme celle du trio du premier acte : Vous que J'aime plus que ma vie ; comme la mélodie mélancolique par laquelle débute Tair de Teresa ; comme les deux motifs si bien tranchés que chantent Balducci et Teresa en arrivant sur la place Colonne et sur lesquels viennent se greffer les répliques légères et moqueuses de Cellini, d'Ascanio, de manière à former un quatuor tout à fait classique et caressant pour l'oreille ! Que de gais refrains, du genre de ceux que le public applaudit toujours, comme les joyeux couplets d'Ascanio, comme Tair narratif de Cellini, et la scène imitative où le poltron Fieramosca ferraille en imagination avec son adversaire et Tembroche à tout coup ; enfin, que de morceaux charmants par la simple disposition des voix, comme le duo entre Teresa et Cellini, dont la phrase mélodique se poursuit, se développe d'un bout à l'autre avec une chaleur croissante ! Voilà pourtant nombre de pages où les motifs chantés, d'une limpidité parfaite, n'avaient contre eux que le nom dont ils étaient signés ; mais, en revanche, il s'en trouvait d'autres, les véritables pages maîtresses de l'œuvre, auxquelles l'oreille plus ou moins inexpérimentée des spectateurs aurait eu besoin de s'habituer, pour en percevoir la grandeur et l'originalité : c'est ce que les amateurs les mieux disposés n'eurent pas le temps de faire.

Comme on applaudit cependant cette belle ouverture, bâtie sur le chant du cardinal, avec adjonction de motifs secondaires tout à fait piquants ; comme on fit fête à cette conclusion si neuve où, après un brusque silence suspensif, le chant de l'adagio est reproduit piano par les violoncelles avant une conclusion très brève et foudroyante ! Alors, pourquoi donc avoir moins goûté le grand sextuor où la phrase si noble du cardinal se développe avec une ampleur incomparable ^ ? C'est que le finale du dernier acte, au milieu duquel ce sextuor arrive, était traité dans une forme inusitée à cette époque et que l'auteur, mis à part ce grand ensemble à six voix, y avait constamment subordonné la mélodie à la marche de l'action dramatique, en rejetant toute symétrie conventionnelle, en ramenant certains thèmes essentiels qui se modifiaient selon le cours des événements, par exemple le motif pathétique exposé pour la première fois à l'orchestre, lorsque Cellini avoue n'avoir pas terminé sa statue, ou bien le thème symphonique accompagnant la scène de la fonte et qui s'enfle, s'apaise ou grandit

t. « L'ouverture de Benvemito Cellini, dit Ehlert, est une des productions les plus belles tombées de la plume de Berlioz. Bien que légèrement défectueuse dans sa conception, elle est néanmoins transparente, pleine de charmants motifs, traitée d'un bout à l'autre avec esprit, et contient une véritable vie orchestrale. On ne saurait y voir l'instrumentation posthume de pensées abstraites. Nous sentons involontairement que l'orchestre sans paroles est incontestablement le domaine de Berlioz. » Lettres sur la musique à une amie, traduites par M. Félix Grenier. (Baur, 1878.)

selon les alternatives dramatiques de cette péripétie . décisive pour éclater finalement en un superbe chant de triomphe'. Une autre page grandiose est l'ensemble du serment, lorsque Cellini et ses amis, faisant trêve aux rasades, jurent d'accomplir leur œuvre et de fondre

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