‹ Hector Berlioz, sa vie et ses œuvres;Chapitre 4 sur 85 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

seulement de la parole ; ils vie montraient les souvenirs qu'ils conservaient pieusement ; ils me confiaient des portraits inconnus; et c'est ainsi que, d'autres aidant encore à mes recherches personnelles, M. Ernest Redon m'envoyant une miniature, MM. Richault et Lemercier m'autorisant à reproduire de belles lithographies publiées par leurs soins, M. Emile Wartel me communiquant une photographie faite en Russie, il m'a été possible de constituer cette série de dou{e portraits, sur lesquels il en est bien huit ou neuf dont on n'avait pas connaissance, et qui seront autant de surprises pour les admirateurs du maître.

Aussi bien pour Hector Berlioz que pour Richard Wagner, il était piquant d'ouvrir, en regard de cette galerie sérieuse, une sorte de galerie comique où les charges crayonnées sur sa personne, où les caricatures suggérées par sa musique et ses opéras vinssent témoigner de l'attention qu'on avait dû lui prêter dès la première heure et des glorieuses attaques auxquelles il fut constamment en butte. Car c'est là, n'en déplaise à certains écrivains, la consécration suprême ; aujourd'hui, la caricature, par l'extension qu'elle a prise en France et même à l'étranger depuis le second tiers du siècle, est devenue comme la pierre de touche de la célébrité, et si les faux talents demeurent accablés sous ses attaques, les vrais génies, en revanche, à l'heure de la réparation, sont grandis en quelque sorte par les parodies qu'ils ont inspirées... Et quelle consécration plus complète, à ce compte-là, que celle à laquelle ont successivement aidé tous les maîtres de la caricature et tous les virtuoses du crayon : Dantan jeune et Traviès ; Benjamin, Grandville et Daumier ; Cham, Nadar et Carjat ; Marcelin, Grévin, Bertall et Gustave Doré !

Il n'était pas douteux pour moi que je ne dusse rencontrer toutes les facilités désirables auprès des directeurs de nos feuilles comiques : Charivari et Journal amusant, Vie Parisienne ou Caricature, ayant déjà pu juger de leur obligeance à l'occasion de mon Richard Wagner; mais le difficile était de découvrir toutes ces charges, perdues dans d'énormes collections. Et, si je recueillis d'abord d'utiles données de la bouche de M. John Grand-Carteret, dont les indications sont toujours précieuses, tant il a consulté de personnes et compulsé de journaux pour composer son beau travail sur les Mœurs et la Caricature en France, il me fallut toujours en arriver au labeur fastidieux de

TUBA MIRIJM SPARGENS SONUM...

«... Les quatre petits orchestres de cuivre qui clianteiit aux quatre points cardinaux une romance à huit parties sur le Jugement dernier. »

Hector Berlioz, feuilleton du JoiiriiLil des Débats.

Il) février 1X40.

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AVANT-PROPOS xiii

feuilleter tous ces journaux à images ; mais, pour cette besogne interminable, il tne fut donné de rencontrer un aide aussi éclairé qu'aimable en la personne de M. Henry Céard, sous-bibliothécaire à Carnavalet, qui prenait plaisir à parcourir avec moi ces nombreuses feuilles satiriques et qui, ne perdant jamais de vue Berlio{, mê^ne au courant de ses travaux personnels , me donnait avis dès qu'il trouvait trace

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