‹ Hector Berlioz, sa vie et ses œuvres;Chapitre 66 sur 85 · MORT DE DIDON · texte numérisé non relu

MORT DE DIDON

(Grévin, Journal amusant, 28 novembre iS53.;

Grand-Théâtre, elle décline cette offre en disant qu'elle part le jour même pour la campagne, et, de là, pour Genève, où l'un de ses fils va se marier.

Berlioz, tout bouleversé, rentre à Paris ; mais il ne se tient pas d'écrire à la Stella montis ; il lui réitère ses déclarations, affirmant qu'il n'a jamais cessé de l'aimer ; il veut, dit-il, gagner son affection, et brûle de correspondre avec elle, de lui faire visite, avec la certitude de la trouver seule. A cette demande, nouvelle réponse, que Berlioz luimême qualifie a un chef-d'œuvre de triste raison » : M™^ Fornier repoussait ses instances, en lui rappelant qu'il est « des rêves, des illusions qu'il faut savoir abandonner quand les cheveux blancs sont arrivés... » Lui, cependant, ne se tient pas pour battu et répond par une lettre un peu plus raisonnable ; Estelle, alors, craignant de l'avoir

blessé, lui envoie quelques mots de consolation ; puis, son fils et sa belle-fille, durant un voyage à Paris, viennent faire visite à Berlioz, que cette surprise enchante et qui procure aux jeunes gens de nombreuses distractions. Ceux-ci, tout à fait gagnés par ses attentions, lui reprochent doucement de tant effrayer leur mère par l'exaltation de ses sentiments et finissent par l'inviter à venir les voir à Genève. Il s'établit alors de bonnes relations entre Berlioz et ses nouveaux amis ; dès l'année suivante, au mois d'août, il se rend à Genève et se félicite d'être traité là comme un vieil ami de la famille ; mais, tandis que M™*^ Fornier et ses enfants s'efforcent d'adoucir ses chagrins, Berlioz, toujours bouillonnant, ne pense qu'à faire triompher « son amour invariable ». "Vit-on jamais imagination plus chimérique, illusions plus tenaces que celles de ce vieillard deux fois veuf, brûlant encore des feux de la douzième année et voulant faire irruption à tout prix dans

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