LE RELEVEMENT APRES LA MORT ET L APOTHEOSE
ERLioz n'était pas plutôt enterré qu'il se produisait un revirement général en sa faveur. Soudain, l'indifférence s'évanouit, le blâme fit place à la louange ; le public revint sur son premier jugement, et, emportée par ce retour subit, la presse elle-même rendit pleine justice au compositeur qu'elle avait, vivant, abreuvé de déboires et de dégoûts. Qui ne se rappelle cette unanime et subite explosion de regrets, aboutissant au grand festival organisé en l'honneur de Berlioz une année après qu'il eut disparu de ce monde ? Mais bien avant ce concert solennel, dès le lendemain de la mort du maître, on avait pu percevoir les premiers indices de cette réhabilitation progressive, et c'est surtout par les efforts d'un homme enthousiaste et passionné comme l'était Pasdeloup, par les bravos persistants d'une partie de son public tenant tête aux cabaleurs, que les œuvres de Berlioz obtinrent enfin d'être écoutées sans scandale et de forcer l'admiration des gens mêmes qui, tout d'abord, se bouchaient les oreilles. La Société des concerts, c'est vrai, demeura indifférente à la nouvelle de la mort de Berlioz et ne jugea pas à propos de répéter, en guise d'hommage funèbre, cette idyllique Fuite en Egypte qu'elle avait deux fois exécutée avec succès durant les années précédentes ; mais il n'en fut pas de même aux Concerts populaires, et Pasdeloup, qui avait déjà joué dans ses séances, en plus des Francs-Juges et du Carnaval romain, la Marche hongroise et deux parties de Roméo et Juliette, exécuta la Fête che{ Capulet au concert qui suivit la mort de Berlioz ; puis, huit jours après, par surcroît d'honneur, il faisait rechanter le septuor des Troyens, et ce juste hommage attirait au Cirque Napoléon tous les partisans du compositeur, heureux de s'associer à la pensée de Pasdeloup. Le succès fut aussi unanime, aussi grand qu'il l'avait été trois ans plus tôt, mais le maître, hélas! n'était plus là'.
I. Le 24 avril 1869, la Société philharmonique de Bordeaux donnait un grand concert à la mémoire de Berlioz, où l'on exécutait trois morceaux de lui : l'ouverture des Francs-Juges, celle du Carnaval romain et un chœur de l'Enfance du Clirist. Ces différentes pages, rendues avec un zèle vraiment pieux, furent accueillies avec enthousiasme par un public qui se souvenait de la récente visite du maître.
Un des plus chauds admirateurs de Berlioz était cet Henry LitolfF qu'il avait connu en Allemagne et cordialement secondé lors de sa venue à Paris, en i858. A la fin de 1869, M. LitolflF, ayant entrepris de donner à l'Opéra, tous les quinze jours, de grands concerts de musique classique avec un orcliestre et des choeurs très nombreux, inscrivait sur son premier programme (dimanche soir 7 novembre) trois
THEATRE IHIPERIAL DE LOPERÂ
MARDI 22 MABS 1870.
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IRAND FESTIVAL
Dédié à la Mémoire de
HECTOR BERI.IOZ
M" ODETMABD LAOTEBS. MIOLAN CARVALHO
NILSSON. CHABTONDEMEUB