‹ Hector Berlioz, sa vie et ses œuvres;Chapitre 79 sur 85 · I. — Compositions musicales · texte numérisé non relu

I. — Compositions musicales

Messe solennelle, essayée le 28 décembre 1824, à Saint- Roch, refaite et exécutée à Saint-Roch (10 juillet i825), remaniée encore et exécutée à Saint-Eustache pour la Sainte-Cécile (22 novembre 1827). Le i^esyrre^rfif reparaîtra au grand concert organisé par Berlioz le 26 mai 1828 et ensuite au concert du i*"' novembre 1829, sous ce titre : le Jugement dernier. (Détruite en majeure partie ^.)

M. Albert du Boys me communique encore, au dernier moment, une lettre tellement intéressante de Berlioz sur la première exécution de sa Messe, en juillet iSaS (voir page 18), que je n'hésite pas à la donner ici in extenso. Berlioz, à vingt-deux ans, s'y peint déjà tout entier :

<i Vous êtes un bien aimable garçon, mon cher Albert, de m'avoir écrit; j'aurais été coupable, je l'avoue, d'attendre mon voyage de Grenoble pour vous donner, sur mes débuts, les détails que vous me demandez.

« Ma messe a été exécutée.

« Parfaitement (il faut que ce soit vrai pour que l'auteur le dise).

« Par cent cinquante musiciens de l'Opéra et du Théâtre-Italien.

« Valentino conduisait.

« Prévost chantait.

« Et je suis fâché de vous dire que malgré la peine que vous, IVI. Briffault et M. de Montesquiou, vous êtes donnée, je ne dois absolument rien à M. Sosthène^, que deux audiences particulières, dans lesquelles il m'a accablé de sa haute bêtise. C'est bien le plus grand cheval que la maison du roi ait jamais eu à son service. Croiriez-vous qu'il me permettait

d'avoir les musiciens de l'Opéra pourvu que je les paye? Le brave homme ! lime

permettait de dépenser mille francs si je les avais, et il donnait aux artistes liberté pleine et entière de les recevoir.

1. Cette liste, dressée autant que possible en suivant l'ordre chronologique, comprend toutes les œuvres de Berlioz exécutées en public ou publiées, même quand elles furent détruites ensuite ou délaisse'es, ou refondues dans d'autres compositions ; mais on a volontairement écarté les essais de jeunesse ou ébauches que Berlioz ne fit jamais ni jouer ni graver et qui, d'ailleurs, ont tous été notes dans le courant du récit. Nous devons, ici, des remerciements tout particuliers à M. Léon Richault, qui, en nous laissant parcourir ses papiers concernant les œuvres de Berlioz, nous a permis de préciser plusieurs dates, de fixer divers points encore incertains.

2. Quand Berlioz dit qu'il détruisit tel essai de jeunesse ou tel morceau qui ne lui convenait plus, il ne faut pas prendre cette expression au pied de la lettre. Il entend simplement par là que tel morceau était pour lui non avenu, soit qu'il l'eût proprement anéanti, soit qu'il l'eût jeté au fond d'un tiroir, pour s'en resservir ou non plus tard. Dans sa messe, par exemple, les fragments du Credo : le Resurrexit, Vlterumventurus, présentés peu après comme une scène détachée sous le titre du Jugement dernier, lui serviront aussi d'envois de Rome et seront utilisés finalement dans Benvenuto Cellini, pour le grand finale de la Place Colonne : au moment où le canon tonne, où tous les moccoli s'éteignent, où Benvenuto s'échappe des mains des sbires; la grande phrase à l'unisson : Ah! cher canon du fort Saint-Ange, est, textuellement, le chant extrait de sa messe que Berlioz recopie dans sa lettre à Ferrand du 29 novembre 1827, et tout le développement du morceau est le même, apparemment, dans la messe et dans l'opéra.

3. Le vicomte Sosthène de Larochefoucauld, directeur général des Beaux-Arts, qui se montra bienveillant pour Berlioz et auquel le jeune musicien, rappelons-le, dédia par reconnaissance ses Huit Scènes de Faust, « bien que ce ne fût pas pour lui », dit-il.

« Je crois que ma messe a produit un effet d'enfer; surtout les morceaux de force, tels que \e Kyrie, le Crucifixus, Vltenim venturus, \e Domine salvum, le Sanctus ; quand j'ai entendu le crescendo de la fin du Kyrie, ma poitrine s'enflait comme l'orchestre, les battements de mon cœur suivaient les coups de baguettes du timbalier; je ne sais ce que je disais, mais, à la fin du morceau, Valentino m'a dit : « Mon ami, tâchez de vous tenir tranquille, si « vous ne voulez pas me faire perdre la tète ». Dans Vlterinn venturus, après avoir annoncé par toutes les trompettes et trombones du monde l'arrivée du juge suprême, le chœur des humains séchant d'épouvante s'est déployé ; ô Dieu ! je nageais sur cette mer agitée, je humais ces flots de vibrations sinistres ; je n'ai voulu charger personne du soin de mitrailler mes auditeurs, et après avoir annoncé aux méchants, par une dernière bordée de cuivre, que le moment des pleurs et des grincements de dents était venu, j'ai appliqué un si rude coup de tam-tam que toute l'église en a tremblé; ce n'est [pas] ma faute si, les dames surtout, ne se sont pas cru à la fin du monde.

« Le peuple des amateurs s'est prononcé en faveur du Gloria in excelsis, morceau brillant et en style léger; c'était immanquable.

« Rien de plus curieux que le moment qui a suivi l'exécution de mon ouvrage. En deux minutes, j'ai été environné, pressé, accablé, par les artistes exécutants et auditeurs dont l'église était garnie ; l'un me prenait la main, l'autre me tirait par mon habit : « Vous avez le « diable au corps ; — Monsieur, il faut vous modérer, vous vous tueriez ; — J'en ai encore la « chair de poule ; — Jeune homme, vous irez loin, voilà des idées ! — Voilà bien des enfoncés, « de cette affaire; j'en vois d'ici qui ne rient pas. »

« Peu à peu, les amateurs ont franchi les barrières, sont venus dans l'orchestre et demandaient aux musiciens de leur montrer l'auteur. L'un des plus empressés courait, renversant chaises et pupitres; il est enfin parvenu jusqu'à moi ; d'un air tout effaré : « Monsieur, où est « le maître de chapelle? je vous prie. — Qui, lui dis-je, M. Lesueur? — Non. — Celui qui « menait l'orchestre, M. Valentino ? — Non, non, l'auteur de la musique. — C'est moi, « Monsieur. — Ah... ah... ah... ah... ah... ah... » Et je l'ai laissé à la première lettre de sou alphabet. Les compliments me pleuvaient comme la grêle ; ici, on me demandait si mon meilleur morceau n'était pas le Sanctus ou tel autre qu'on préférait ; là, on m'assurait que je n'aimais pas la musique absurde, que toutes mes idées peignaient la situation, que toutes mes notes portaient coup. Au milieu de tout cela, les demoiselles Lesueur avec leur mère viennent me dire que mon maître m'attend chez lui. J'allais y courir, quand un envoyé du curé me force d'entrer à la sacristie et d'y entendre un discours d'un quart d'heure. Le pasteur voulait me dire que mes idées ne venaient pas de la tête, mais du cœur, « ex pectore, Monsieur, « ex pectore, comme l'a dit le grand Saint Augustin ». Enfin, je m'échappe, je vole chez mon maître, je sonne. M"" Lesueur m'ouvre : 0 Papa, le voilai — Venez que je vous embrasse ; « morbleu, vous ne serez ni médecin, ni apothicaire, mais un grand compositeur; vous avez « du génie, je vous le dis parce que c'est vrai ; il y a trop de notes dans votre messe, vous « vous êtes laissé emporter, mais, à travers toute cette pétulance d'idées, pas une intention « n'est manquée, tous vos tableaux sont vrais ; c'est d'un eff'et inconcevable ; et je veux que 0 vous sachiez que cet eff'et a été senti de la multitude, car je m'étais placé exprès tout seul « dans un coin pour observer le public, et je vous réponds que si ce n'eût pas été dans l'église, « vous auriez reçu trois ou quatre fameuses salves d'applaudissements. »

« Mon cher Albert, j'en reste là, je ne puis tout vous écrire ; je vous raconterai le plus intéressant. C'est ce qui est arrivé dernièrement à Lesueur, à mon sujet, au Conservatoire. Sa conversation avec Cherubini et Berton. Les félicitations que je reçus le lendemain de l'exécution de ma messe, à la noce de la fille de M'n= Branchu, à laquelle j'étais invité et où je trouvai à qui parler.

« Je n'ai pu avoir l'adresse de M. Briffault; je suis entré dans dix maisons de la rue du Bac et, ne le ti^uvant pas, j'ai pris le parti de lui écrire sans numéro ; je crains que la lettre ne lui soit pas parvenue ; ayez la bonté de le lui faire savoir. Je comptais sur M. de Montesquieu pour le déterrer ; mais je ne sais comment je m'y suis pris, sa propre invitation m'a

passé de la tête et je n'y ai songé que quand tout a été fini. Voilà qui est diabolique ; mais j'étais si tourmenté, si préoccupé dans ce moment-là qu'en vérité ce n'est pas ma faute. Au reste, c'est moi qui porterai la peine de mon étourderie.

« Ferrand perdait la tête, il me prodiguait les épithètes les plus extravagantes et, jetant feu et flammes, il a fait un grand et bel article pour la Galette de France (dont il connaît un rédacteur), qu'on lui a promis d'insérer et qui n'a pas paru ; il comptait également sur deux de ses amis, l'un du Diable boiteux et l'autre du Globe, il ne les [a] pas rencontrés et je n'ai rien eu. M. de Carné n'était pas à Paris à cette époque, j'en ai été bien fâché de toutes les manières.

« Les journaux qui parlent de moi sont : le Moniteur du 1 1, le Journal de Paris du j i, l'Aristarque du ii, le Corsaire du i3, le Drapeau blanc du i3, les Débats du 14 et la Quotidienne du I 5 '.

« Nous étions montés en cabriolet, Ferrand et moi, pour faire nos invitations ; malgré cela, la Pandore, l'Étoile, /e Z);flè/e&oùewx et quelques autres qui nous avaient promis d'assister à ma messe et d'en rendre compte n'en ont rien fait.

« Mille choses de ma part à Casimir: si je ne lui écris pas, c'est que ma lettre ne serait qu'une copie de celle que je vous envoie, et que je crains qu'il ne soit plus à Grenoble ; montrez-lui mon barbouillage, s'il y est encore, et ce sera tout comme.

« Adieu, mon cher Albert, ne perdez pas vos peines à me justifier auprès des gens qui me trouvent coupable. Les uns sont des glaces flottantes, laissez-les obéir à la force d'inertie; les autres sont des fanatiques, avec lesquels on ne peut pas raisonner, et vous ne pourriez jamais rompre la croûte de préjugés qui les couvre.

« Je vous embrasse et compte avoir le plaisir de vous voir dans peu.

'( Votre ami,

« Paris, ce 20 juillet 1825.

« P.-S. — On vient de me demander ma messe pour dimanche 3i juillet. On se charge de la faire exécuter. Je l'entendrai encore ; mais moins en grand que la première fois ; nous ne serons, je crois, qu'une soixantaine : nombre suffisant pour le local-. »

La Révolution grecque, scène sur une poésie de Humbert Ferrand, composée en 1825 ou 1826, exécutée à Paris le 26 mai 1828. (Détruite, ou plutôt mise au rebut".)

Le Montagnard exilé, chant élégiaque à deux voix égales, dédié à Mf"<= la vicomtesse Dubouchage, paroles de M. Albert Duboys, musique et accompagnement (pour piano ou harpe) par Hector Berlioz, élève de M. le chevalier Lesueur.

Toi qui l'aimas, verse des pleurs, romance de M. Albert D*** (Duboys), mise en

1. Entre tous ces articles, le plus considérable, au moins par la signature, e'tait celui de Castil- Blaze aux Débats. Le voici dans son entier : « On a exécute dimanche dernier, dans l'église Saint-Roch, une messe avec chœur et orchestre de M. Berlios (sic). Cette composition fait le plus grand honneur à ce jeune élève de M. Lesueur. Ce premier succès donne des espérances et fait présumer qu'il réussira dans le genre dramatique. Le Gloria in excelsis et le chœur Et iteniin venturus est ont été particulièrement remarqués par les connaisseurs. »

2. Cette pièce importante fixe quelques dates de cette période de la vie de Berlioz qu'on connaît assez mal d'après lui-même et sur laquelle )'ai justement fait des réserves (note de la page 16), après avoir contrôlé les Mémoires autant qu'on pouvait le faire avec les lettres à Ferrand : 1° Berlioz, en cette année 1825, dut revenir de la Côte, où il se trouvait le 10 juin, presque aussitôt après la lettre datée de ce jour à Humbert Ferrand (et non pas seulement pour le mois d'aoûtl, puisque l'exécution de sa messe eut lieu le 10 juillet; 2° tout le travail de refonte de sa messe et de copie des parties, qui lui prit plus de trois mois, dit-il, doit être rcporic avant son départ pour la Côte, car il s'écoula trois semaines au plus entre son retour et l'exécution de sa messe à Saint-Roch, qui dut être improvisée après les avances d'Augustin de Pons.

3. Une copie manuscrite, achetée par M. Weckerlin à la vente Martin, en iS85, se trouve à la Bibliothèque du Conservatoire (voir la note de la page 35).

musique avec accompagnement de piano et dédiée à M'"= Branchu, par Hector Berlioz, élève de M. Lesueur.

Amitié, reprends ton empire, romance avec accompagnement de piano et invocation à trois voix, paroles de M***, musique composée et dédiée à MM. Edouard Rocher et Alphonse Robert par leur ami Hector Berlioz, élève de M. Lesueur.

Canon libre à la quinte, à deux voix (contralto et basse-taille), avec accompagnement de piano, paroles de M. Bourgerie, musique composée et dédiée à M. Augustin de Pons, par Hector Berlioz, élève de M. Lesueur.

Le Maure jaloux, romance de M. ***, nouvellement mise en musique, avec accompagnement de piano, par M. Hector Berlioz.

Pleure, pauvre Colette, romance à deux voix égales, avec accompagnement de piano, paroles de M. Bourgerie, musique de M. Hector Berlioz '.

Le Pécheur, ballade imitée de Goethe, par M. A. D. (Albert Duboys), composée en 1827, replacée dans Lélio et publiée en mélodie séparée, dédiée à M"'= Henriette Smithson. (Vers i835.)

Ouverture de Waverley, composée en 1827 ou 1828, exécutée à Paris le 26 mai 1828 ; publiée (Op. 2) avec cette épigraphe, que Berlioz supprima par la suite :

( Whilel Dreams of love and Lady's channs Give place to honoiir and to arms.

[Pendant que] les rêves d'amour et les charmes fe'minins Cèdent la place à l'honneur et aux armes.

(Walter Scott, Wavaiey, ch. V. Fin de la pièce de vers intitulée ; Miiliwood Mcrc]

Ouverture des Francs-Juges, composée en 1827 ou 1828, exécutée à Paris le 26 mai 1828 (avec une mélodie pastorale et un trio du même opéra, paroles de Humbert Ferrand^); réduite pour piano à quatre mains, par Berlioz, d'après les indications de Chopin, Bénédict et Eberw^ein. (Op. 3.)

Marche religieuse des Mages, composée en 1828, exécutée le 26 mai 1828.

Huit Scènes de Faust, traduites de Gœthe par Gérard de Nerval, composées de septembre 1828 au commencement de 182g, publiées en mars 1829 (Op. i) et dédiées au vicomte de Larochefoucauld. (Le Concert des Sylphes fut exécuté au concert du ]=■' novembre 1829.)

Neuf Mélodies irlandaises, imitées de l'anglais par F. Gounet, composées de mai 1829 à la fin de la même année, publiées en février i83o (Op. 2) et dédiées à Thomas Moore. — Rééditées sous le titre d'' Irlande, vers i85o^.

Le Ballet des Ombres, ronde nocturne pour chœur et piano, imitée de Herder par M. A. D. (Albert Duboys), composée à la fin de 1829, publiée en février i83o (Op. 2) et dédiée à Chrétien Urhan.

1. Berlioz, à partir de ces deux derniers morceaux, ne faisant plus suivre son nom d'aucune qualité, nous nous abstiendrons désormais de le répéter.

2. D'après un renseignement que M"" Damcke tient de son mari, il se pourrait qu'un morceau ou plutôt un motif des Francs-Juges ait été utilisé par Berlioz pour la Marche au supplice, de la Symphonie fantastique. C'est possible, et cependant au moment où Berlioz composait sa Marche an supplice, les Francs-Juges n'étaient pas encore sacrifiés, loin de là ; tous ses vœux tendaient à les voir arriver à la scène, et f'aurait été bien maladroit à lui de déflorer ainsi son futur opéra.

3. La Belle Voyageuse, arrangée pour quatre voix d'hommes, fut exécutée à Paris, dans le concert du ô novembre 1834. Le même morceau, rétabli pour voix de mezzo-soprano, fut orchestre par Berlioz, ainsi que le Chant sacré, arrangé pour grand chœur avec grand orchestre, et dédié sous cette forme à l'abbé Deguerry, curé de l'église Saint-Eustachc. Hélène fut chantée pour la première fois au concert du 3 février 1844, à la salle Herz.

Sj^niphonie fantastique, coni;ue en ]u'm 1829, composée de mars à mai i83o, exécutée le 5 décembre i83o, retouchée aussitôt après, refaite entièrement dans certaines parties, en Italie ; réexécutée à Paris, avec Lélio, le 9 décembre i832 ; publiée en 1846 (Op. 14) et dédiée à Franz Liszt.

Chanson de brigands, sur des paroles de H. Ferrand, composée en janvier i83o, replacée dans Lélio et publiée sous le titre : Scène de brigands, tirée de le Retour à la Vie, mélologue, paroles et musique de Hector Berlioz, arrangée pour le piano par F. Hiller, dédiée à M"<: Henriette Smithson. (Vers i835.)

Sardanapale, cantate de Gail, pour le prix de Rome, composée en juillet i83o, exécutée à l'Institut le 3o octobre i83o. (Non publiée.)

La Tempête, fantaisie dramatique pour chœur, orchestre et piano sur la pièce de Shakespeare, composée en septembre et en octobre i83o, exécutée à l'Opéra le 7 novembre i83o.

Ouverture du Corsflz're, composée en Italie (i83i), remaniée; exécutée au concert de la Sociétéde Sainte-Cécile le 1" avril i855, publiée à cette époque et dédiéeà son ami Davison. (Op. 21.)

Ouverture du RoiLear, composée à Nice et à Rome en mai i83i, exécutée, publiée en 1840 et dédiée à M. Armand Berlin. (Op. 4.)

Ouverture de Rob-Roy, composée à Rome en i83i-32, exécutée par la Société des concerts du Conservatoire, le 14 avril i833. (Détruite, ou plutôt mise au rebut K)

Chant de bonheur, motif tiré de la Mort d'Orphée, rajusté à Rome, en i83[, sur des paroles de Berlioz, replacé dans Lélio et publié en 'mélodie séparée avec accompagnement de piano par Fauteur ; dédiée à M"" Henriette Smithson. (Vers i835.)

Lélio, monodrame lyrique avec orchestre, chœurs et soli invisibles, composé en Italie et à la Côte Saint-André, de mai i83i à l'automne de i832, Téunikla Symphonie fantastique pour former VEpisode de la vie d'un artiste, exécuté de la sorte à Paris le 9 décembre i832, publié pour chant et piano (i855), puis en partition d'orchestre (1857), et dédié à son fils, Louis Berlioz. (Op. 14 bis.)

Ce Monde entier n'est qu'une ombre fugitive, chœur à six voix, sur une poésie de Th. Moore traduite en prose, méditation religieuse composée à Rome et datée du 4 août i83i. Deviendra le n° i de Tristia (Op. 18).

La Captive, orientale de Victor Hugo, composée à Subiaco en février i832, chantée par M"= Falcon au concert du 23 novembre 1834, publiée avec accompagnement de piano et violoncelle ad libitum, et dédiée à M"^ Louise Vernet. Développée et arrangée pour l'orchestre, puis chantée par M™' Viardot, à Londres, le 29 juin 1848. (Op. 12.) Sara la baigneuse, orientale de Victor Hugo pour quatre voix d'hommes [première forme) exécutée à Paris le 6 novembre 1834. Disposée plus tard pour trois chœurs avec orchestre et pour deux voix avec accompagnement de piano (i85o); dédiée alors à M. Lecourt, de Marseille. (Op. 1 1.)

Harold en Italie, symphonie en quatre parties avec allo-solo, composée en 1834,

I. Berlioz a légué à la Bibliothèque du Conservatoire celles de ses compositions manuscrites qui lui restaient quand il mourut. A côté de grandes œuvres connues, il se trouve une cantate à peine ébauchée : Erigone ; il se trouve aussi les morceaux qui ont constitué ses envois de Rome à l'Académie des Beaux-Arts : i» Quartetio e Coro dei Maggi, à quatre parties, avec orchestre (Rome, i832); 2" Intrata di Rob-Roy Mac Gregor (Rome, 1832). 11 faut peut-être y joindre les cinq premiers morceaux de Lélio; mais, contrairement à ce qu'on lit dans divers ouvrages, le Resiirrexit et Vlterum venturus de sa messe ne sont pas au Conservatoire. Sa Marche des Mages, on se le rappelle, avait été entendue à Paris avant son départ pour Rome ; sur tous ces morceaux, il n'y a donc que l'ouverture de Rob-Roy qui ait été réellement composée en Italie, et l'Académie des Beaux-Arts usa d'indulgence en fermant les yeux sur cette infraction au règlement : après tout, pouvait-elle rien faire de mieux !

exécutée à Paris le 23 novembre 1834 et dédiée à Humbert Ferrand'. (Op. 16.) Le Jeune Pâtre breton, fragment du poème de Marie, de Brizeux, composé en 1834, chanté par M"= Falcon au concert du 23 novembre 1834, publié pour voix avec piano et cor ad libitum, orcliestré en i835, et dédié par la suite à M. Gabriel Bœcker.

Les Champs, mélodie sur des paroles de Béranger, publiée dans le journal la Romance (avril 1834).

Je crois en vous, romance sur des paroles de Léon Guérin, publiée dans le journal de modes le Protée (septembre 1834).

Le Cinq Mai, chant sur la mort de Tempereur Napoléon, pour voix de basse avec choeurs, paroles de Béranger, composé en 1S34, chanté au concert du 22 novembre i835 et dédié à Horace Vernet. (Op. 6.)

Grande Messe des Morts (Requiem), composée en 1837 (le manuscrit du Conservatoire est daté du 29 juin), exécutée aux Invalides le 5 décembre 1837 ; publiée à Paris en i838 et dédiée au comte de Gasparin. (Op. 5.) — Deuxième édition, revue par l'auteur et contenant plusieurs modifications importantes, publiée à Milan, chez Ricordi. Benvenuto Cellini, opéra semi séria en deux actes, par Léon de Vailly et Auguste Barbier, composé de i835 à avril 1837, représenté à l'Opéra le 10 septembre i838-; — disposé en quatre actes, traduit en allemand par Riccius et représenté à Weimar le 20 mars i852; — réduit en trois actes, retraduit en allemand par Peter Cornélius, rejoué à Weimar en février i856, et publié en partition définitive, avec dédicace à la grande-duchesse de Weimar. (Op. 23.)

Roméo et Juliette, grande symphonie dramatique avec choeurs, sur des paroles d'Emile Deschamps, ébauchée en 1829, composée en i838, exécutée le 24 novembre 1839 et dédiée à Nicolo Paganini ; retouchée et publiée en entier en 1848 ^. (Op. 17.) Deuxième édition, corrigée par l'auteur, publiée en 185".

Symphonie funèbre et triomphale, en trois parties, pour grande harmonie militaire, composée en 1840, exécutée en plein air le 28 juillet 1840, puis aux Concerts-Vivienne les 6 et 14 août, remaniée ensuite avec addition d'un orchestre d'instruments à cordes et chœur ad libitum (paroles d'Antony Deschamps), publiée sous cette forme définitive et dédiée au duc d'Orléans. (Op. i5.)

Les Nuits d'Eté, six mélodies pour une voix, avec piano, sur des paroles de Théophile Gautier (Villanelle, le Spectre de la rose, Sur les lagunes, Absence, Au cimetière, l'Ile inconnue), composées en 1834, remaniées, publiées en juin 1841 et dédiées à M"« Louise Bertin. (Op. 7.) Instrumentées vers i856, sauî Absence, qui était orchestrée dès 1843, traduites en allemand par P. Cornélius, et redédiées séparément à divers chanteurs de Weimar, de Hanovre ou de Gotha : M"= Wollï, M"'= Falconi, M. Milde, Mme Nottès, M. Caspari et M"'' Milde.

Rêverie et Caprice, romance pour violon-solo et orchestre, composée en 1S39 sur un motif d'abord destiné à Benvenuto Cellini pour Artot, à qui elle est dédiée, et exécutée à Paris, par Alard, le i^' février 1842. (Op. 8.)

Ouverture du Carnaval romain, deuxième ouverture de Benvenuto Cellini, exécutée le 3 février 1844, dédiée au prince de Hohenzollern-Hechingen. (Op. 9.)

1. La partition pour orcliestré à'Jiarold, en autographe original, avec de nombreuses retouches et « collettes » sous lesquelles on peut lire la version primitive et suivre ainsi le travail de la pensée de Berlioz, avait été' donnée par lui, avec dédicace manuscrite, à son ami Auguste Morel, directeur du Conservatoire de musique de Marseille, qui l'a léguée lui-même à son élève, M. Alexis Rostand.

2. Après les représentations de Benvenuto k Paris, il ne parut chez Schlesinger que l'ouverture en partition d'orchestre, dédiée à M. Ernest Legouvé, plus huit morceaux de chant séparés avec piano.

3. Berlioz, à l'origine, avait seulement publié les strophes du prologue pour voix avec piano.

Hymne vocal, d'abord exécuté à Marseille, transcrit pour six instruments Sax et exécuté sous cette forme au concert du 3 février 1844, en guise de réclame pour la fabrique d'instruments de Sax.

Hymne à la France, sur des paroles d'Auguste Barbier, composé en 1844, exécuté le i^f août 1844, au Festival de l'Industrie (Champs-Elysées), et publié en i85i avec la Menace des Francs, sous le titre : Vox Populi. (Op. 20. j

La Tour de Nice, ouverture composée à Nice en 1844, exécutée à Paris le 19 janvier 1845, et détruite aussitôt.

La Belle Isabeau, conte pendant l'orage, mélodie pour mezzo-soprano avec choeur ad libitum et piano principal, sur des paroles d'Alexandre Dumas, publiée en 1844.

Le Chasseur danois, mélodie pour voix de baryton sur des paroles d'A. de Leuven, publiée en 1845, et dédiée à Barroilhet.

Zaïde, boléro, dédié à la princesse Czartoriska, paroles de Roger de Beauvoir. Prix : 5 fr. Propriété de M. Berlioz, rue de Provence, 48; publié en 1845.

Le Chant des chemins de fer, grand chœur avec solo de ténor, composé sur des paroles de Jules Janin et exécuté à Lille pour l'inauguration du chemin de fer du Nord (14 juin 1846), publie en i85o dans le recueil : Feuillets d'album.

Marche hongroise, sur un thème de Rakoczy, composée à Vienne et exécutée à Pesth au commencement de 1846 ; publiée peu après à Paris.

La Damnation de Faust, légende dramatique en quatre parties, composée en 1846, paroles de Gérard de Nerval, de M. Gandonnière et de Berlioz, exécutée à Paris le 6 décembre 1846, dédiée à Franz Liszt et publiée en 1854. (Op. 24.)

La Mort d'Ophe'lie, ballade imitée de Shakespeare par M. E. Legouvé, pour soprano ou ténor avec piano, datée de Londres le 4 juillet 1848 (et non 1847, comme il a été imprimé par erreur à la page 189), publiée à Paris et dédiée à la comtesse d'Agoult. Sera arrangée en chœur, pour voix de femmes, et deviendra le n° 2 de Tristia. (Op. 18.) Marche funèbre pour la dernière scène d'Hamlet, pour orchestre et chœur (le chœur, divisé simplement en femmes et hommes, ne fait entendre que des Ah! plaintifs) ; datée de Paris le 22 septembre 1848. Deviendra le n° 3 de Tristia. (Op. 18.)

Fleurs des landes, cinq mélodies pour une ou deux voix et chœur avec accompagnement de piano, sur des paroles de A. de Bouclon, Emile Deschamps et Brizeux (le Matin, Petit Oiseau, le Trébiichet, le Jeune Pâtre breton, le Chant des Bretons), publiées en i85o. (Op. i3.)

Feuillets d'album, recueil de trois morceaux de chant avec accompagnement de piano (n» i, Zaïde, boléro, 4 fr. 5o c. ; n° 2, les Champs, chansonnette, 7 fr. 5o c. ; x\° 3, le Chant des chemins de fer avec chœur, 9 fr.), publié en i85o. (Op. 19.) Réédité en i855 avec trois morceaux ajoutés : la Prière du matin, chœur pour voix de femmes ou d'enfants sur les vers de Lamartine, la Belle Isabeau et le Chasseur danois.

Chœur de bergers, attribué à Pierre Ducré, composé en i85o, exécuté à la Société Philharmonique de Paris le 12 novembre i85o.

La Marche des Francs, pour double chœur et orchestre, paroles de ***, exécutée à la Sosiété Philharmonique de Paris le 25 mars i85i, intitulée ensuite la Menace des Francs et publiée avec l'Hymne à la France, sous le titre de Vox populi. (Op. 20.)

Vox populi, deux grands chœurs dédiés aux Sociétés Philharmoniques de France : n° i, la Menace des Francs ; u." 2, Hymne à la France, réunis en i85i. (Op. 20.) La Fuite en Egypte, composée en i85o, exécutée à Leipzig en décembre i853. Tristia, trois chœurs avec orchestre, réunis en 1854 (Op. 18) et dédiés au prince Eugène de Sayn Wittgenstein : 1° Méditation religieuse, grand chœur sur des paroles

de Thomas Moore ; 2° la Mort d'Ophélie, arrangée pour chœur de femmes ; 3° Marche funèbre pour la dernière scène d'Hamlet '.

L'Enfance du Christ, trilogie sacrée composée en 1854, exécutée le 10 décembre 1854 (non le 12 décembre, comme il est imprimé par erreur sur les partitions), et publiée en i855 (Op. 25) : !■■"= partie : le Songe d'Hérode, dédié à M"=s Joséphine et Nanci Suât, ses nièces ; 2= partie : la Fuite en Egj^pte, dédiée à M. Ella, directeur de rUnion musicale de Londres; 3'= partie : l'Arrivée à Sais, dédiée à l'Académie de chant et à la Société des Chanteurs de Saint-Paul, de Leipzig.

Te Deum, pour trois chœurs, avec orchestre et orgue concertants, composé de 1849 à 1854, exécuté dans l'église Saint-Eustache le 3o avril i855, publié en i855 et dédié au prince Albert.

nimpériale, cantate à deux chœurs et grand orchestre, paroles du capitaine Lafont, exécutée au Palais de l'Industrie le iSnovembre 1 85 5, publiée en i856 etdédîée à l'empereur Napoléon IIL (Op. 26.)

Le Temple Universel, double chœur avec orgue, en deux langues, pour les orphéonistes français et anglais, paroles de J. F. Vaudin, dédié à l'impératrice Eugénie et chanté au festival international de Londres, au Palais de Cristal, en juin 1860.

Hymne pour la consécration du nouveau tabernacle, chœur à trois parties sans accompagnement (date et destination inconnues).

Béatrice et Benédict, opéra-comique en deux actes, imité de Shakespeare, composé de 1860 à 1862, représenté à Bade le g août 1862 ; augmenté de deux morceaux, traduit en allemand par M. Richard Pohl, rejoué à Weimar, le 10 avril i863, et publié sous cette forme définitive à Paris (i863).

Collection de 32 mélodies pour une ou plusieurs voix et chœur ; recueil des morceaux de chant isolés que Berlioz désirait conserver, publié en i863. C'est un assemblage de ses précédents recueils factices de mélodies, qui sont rangés ici dans un ordre arbitraire et sans suivre ni la chronologie ni le numéro d'œuvre : les Nuits d'été (Op. 7), Irlande (Op. 2), Vox populi (Op. 20), la Captive (Op. 12), Sara la baigneuse (Op. 1 1), Tristia (Op. 18), Fleurs des landes (Op. i3), Feuillets d'album (Op. ig). — Peu après, on ajouta le Cinq Mai (Op. 6) et le recueil s'intitula : Collection de 33 mélodies.

Les Troyens, poème lyrique en deux parties, poésie et musique de Berlioz, composé de i856 à i863, réduit au piano par lui-même et gravé en 1862; publié avec cette inscription votive : Divo Virgilio, et une épître dédicatoire à Son Altesse Sérénissime la princesse Carolyne de Sayn Wittgenstein, née Iwanowska : 1° la Prise de Troie, opéra en trois actes, non représenté, publié, pour piano et chant, en i863 ; 2° les Troyens à Carthage, opéra en cinq actes, avec un prologue, représenté au Théâtre- Lyrique, le 4 novembre i863, et publié la même année en partition de piano et chant^.

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