‹ Hécube: tragédie en trois actesChapitre 3 sur 23 · SCENE II HECUBE, POLYXENE, PYRRHUS · texte numérisé non relu

SCENE II HECUBE, POLYXENE, PYRRHUS

HÉGUBE

De tous ceux que je hais, toi que je hais le plus, Meurtrier de Priam, démolisseur de Troie, Que cherches-tu parmi ces tentes? Quelle proie, Sanguinaire chacal, viens-tu saisir encor?

Est-ce ma fille ou moi dont s'apprête la mort?

Pyrrhus

Ne me reproche pas le hasard des batailles:

Les destins exigeaient de telles représailles; Je n'ai pas mal agi si Paris agit bien Et je vengeais mon père en immolant le sien.

Plaise aux dieux que ce roi dont j'ai hâté la tombe Soit le dernier mortel qui, sous mon glaive, tombe I

Que veuX'tu donc de nous, si ta bouche dit vrai?

Pyrrhus Eloigne Polyxène et je te répondrai.

Quel terrible dessein ces paroles m'annoncent! Serait-ce cette enfant que touche ta réponse?...

Tu gardes le silence et détournes les yeux?

Ah! je sens la raison de ta honte; tu veux, O misérable Grec, pour un vil hyménée, M' arracher cette enfant qui n'a pas quinze années! Rends grâces à tes dieux, ma fille ! doux orgueil

Des palais ae Pyrrhus tu vas franchir le seuil. Ce choix, autant que toi, me flatte et, je l'espère, Tu donneras des fils à l'assassin d'un père.

Puisque l'aspect du sang réjouit cet époux, Déchire ton visage, ensanglante ton cou.

Pour voile nuptial mets sur ta chevelure Ce lin qui de Priam essuya les blessures Et présente à mes mains l'un des pieux flambeaux Dont les Grecs ont de Troie éclairé le tombeau. Hyménée, ô Hymen, chantons et que nos danses Bondissent sur le sol en heureuses cadences!

Pyrrhus ;

O Polyxène, assure à ta mère...

Tais-toi!

Jusqu'au jour où ma fille entrera sous ton toit,

S'il te convient ainsi, j'oserai lui défendre De répondre à Pyrrhus ou même de l'entendre.

Va, mon enfant; rejoins tes compagnes d'exil; Tandis que je vivrai, tu h' es pas en péril.

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