‹ Hégel: Exposition de sa doctrine, avec une table analytique des matièresChapitre 14 sur 29 · LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

LA LOGIQUE

La logiqae de Hegel est son œavre capitale» le pivqt sur lequel ronle son système toat entier. A son apparition dans le monde savant 9 elle produisit l'impression la plus profonde, et on peut dire qu'il n'y eut qu'une voix pour proclamer son originalité et sa profondeur. Mais, par ces qualités même, elle est destinée à faire le tourment de ceux qui voudraient la faire passer dans une langue étrangère, ou qui tenteraient d'en présenter une analyse. La logique de Hegel est l'algèbre de sa doctrine. Des trois gros volumes qu'elle renferme , il est bien difficile de détacher quelque chose , sans nuire à l'économie de l'ensemble ; ôtez une pierre peu nécessaire en apparence et l'édifice croule à l'instant. Pour donner une idée de la logique , il n'y avait que deux partis à prendre : ou bien, après s'être assimilé autant que possible les idées de Hegel , il fallait les transformer en les francisant, enfermer ces abstractions.dans des images pluis ou moins saisissables; mais, à part la difficulté de poétiser des chiffres, et en supposant le pro'

blèmc résolu, il y avait toujours à cela un inconvénient grave, el auquel il était impossible de remédier. Une image est néODssaii*enielit iftj^ulssdlitc pMr rendre une idée abstraite, elle dit à la fois trop et trop peu, et l'on perd toujours en exactitude ce qu'on gagne en clarté. Enfin nous pouvions nons contenter de donner de la logique une analyse sèche, anatomique, en retranchant autant que possible les bizarreries terminologiques toutes les fols que tiottô croyons trouver un synonyme etdct ; c*est à ce di^rnier parti que nous nous sommes airèlé , en essayant d'atténuer par quelques explications, leâ inconvénients qd*entt*alne nète^irement cette mantél^ de procéder.

thûs sa CHtique de la ramn pute, Kant ayatt donné nneKste des idées nécessaires, mais sans montrer entre tUes d%iHre relation qie leur coexistence dans le lûbi', IHmiié transcendentâle de te conscience. Déjà Ficfate avait senti ce qt^il y avait d^arbitraite dans tin pareil dénomiyremeÉl; tl a^ppattenait à Hegel de déduire rigôttrettsémenl ttt)s concepts les uns 4es autres, de taire, pôtir ain^ dire, Tt^bryoto^c de la pensée, ttàfis jtklN)né4à , nous ne potirriotts voir dans la logique èé fièget qn*un perfecUonnement , non une révolution, et cependant h rèviolirtion est si réelle , que la première condition )9<mr comprendre la lo^que de Hégel, c'est de nous dépouiller éè tontes les Mées jgënéralement ad^tées , sur le but et Toibjet 4e cette science.

Le mot logique ne s'eateod ordinairemeat que de certaines règles appliquées à nos jugements, à nos raisonnements, en un mot» à nos idées, et nos idées ne sont qne rensemlile des notions» des représontatiqns qni sont dans rintelUgence humaine: pour Hegel» an contraire, la loi de développemeni de Tidée est aii^i la loi de développement du réel, et ecst ce qu'il e;Kprimeen disant que (( la logique est la science de la pensée en tant qu'elle est aussi la chose, ou de la chose en tant qu'elle est aussi la pensée. »

La logique ejxlttsivement subjective» repose surThypotbèse devenue vulgaire d'une scission entre le coptenu de la connaissance et sa forme^ ou» ce qui revient au noéme» entre la vérité et la certitude. On suppose > que la matière de laconniiissaBcea une eiisteoce propre en dehors de la pensée, et que cette pensée, vide de sa oatiure , absorto cette matière» acquiert ainsi un contenu, et devient connaissance réelle. (( Envisagée ainsi » la connaissance est on composé mécanique, ou tout au plus une combinaison chimique, et voici là relation quon établit entre les deux éléments : Tobjet se suffit à lui-même, sa réalité ne relève en rien de la pensée; au cootraâre , la pe«sée ect quelque €tMi»e dedéftelueux» qui ne peut se compléter que par Fobjet. La vériCé est la concordance entre l'un et l'aotre; nuiis pcMir produire cette concordance qui n^exlste pas en sf^ et pour soi, il faut que la pensée s accommode à Tobjct.

Enfin , si au lieu de laisser cette différence de là matière et de la forme dans un vague nuageux, on veut la déterminer, la préciser, on arrive à une séparationn complète de ces deux sphères. En donnant une forme à la matière de la connaissance, la pensée reste toujours subjective. Elle se modifie, elle se plie, pour recevoir «e qui n*est pas elle , mais elle ne sidenlifie jamais à l'objet qui demeure toujours en dehors de là pensée. »

(( Cette théorie de la connaissance qui appartient à rintelligence subjective {vef$tani) (1), est un préjugé qui ne doit pas être apporté dans le domaine de la raison ; c'est une erreur qui s'est glissée dans toutes les fibres de l'univers spirituel et matériel, et que la philosophie doit s'attacher surtout à détruire , parce qu'elle forme l'entrée de la philosophie (3).

Au point de vue de l'individu, la logique comme la grammaire, peut être envisagée sous deux faces différentes. Celui qui commence à apprendre la grammaire, trouve dans ses lois et .ses formes des abstractions sè-

(1) Il est important de déterminer le sens de ces mots, verstand, réflexion, employés par Hegel, tantôt en bonne et tantôt en mauvaise part. Par rapport à la connaissance primitive , immédiate , la réflexion ( le principe de contradiction ) est un progrès ; mais , d'un autre côté, la réflexion qui n'est pour Vesprit humain qu'une période de crise, devient mauvaise et fausse si, persévérant dans Tabstraction , elle s'obstine à tenir isolés les termes qu'elle a désunis, en un mot, si elle n'abdiqire pas entre les mains de la raison.

(2) Hegel, Logique^ t. 1 , p. 38 et pass.

ches, des règles arbitraires, tandis quaa conirairc, celui qui conaalt parfaitement une langue et qui peut la comparer à d'autres > voit le génie d'un peuple se révéler dans sa granunaire. De même, celui qui, pour la première fois, fait connaissance avec la logique, ne voit en elle qu*nn système d'abstraction , formant ane sphère isolée qui n'a rien à faire avec les autres sciences» ou du moins n'a sur elles qu'une inOuence toute formelle. Mais y lorsque la logique vient couronner des études sérieuses, elle se révèle à l'esprit non comme une connaissanice particulière à c6té d'autres connaissances, mais comme la vérité absolue et la vie de toutes les au* très sciences (1).

Nous avons déjà essayé de montrer avec H^el l'insof Gsance du principe de contradiction et d'identité isolément pris. Le principe de contradiction suppose des termes qui s'excluent et entre lesquels il faut choisir. Mais, ces deux termes, par cela seul qu'ils s'excluent , sont nécessairement tous deux limités, finis, et le fini ne peut se concevoir par lui-même. Ainsi donc , le principe de contradiction qui conserve sa valeur dans le domaine de l'observation, du phénomène, devient impui^nt, quand on le porte dans le domaine de l'infini. Appliqué aux notions métaphysiques, le principe de contradiction les dénature, car il les suppose contradictoires^

(1) flégel, Logique, t. 1 , p. 3»'36-3a-47.

tandis quel^ «e «mi que co«iraÂres» a s'attire»! comme les pAles ^pposéa d'an ara»aat, ou comme les éleclrieitâs de nom différent.

JiÊêrtm «ce

Àlt6r(^ ftomt iopem r^ , $t conjurai wniçe.

Si te cMNilraiffe éèrm du contraiie oi nMn le même da même» il est évident que k principe d'identité ne sera pa» pku applicable à k nMiaphysiopie^tte le priv* cipe de contradictia» (1).

Danah ai^iKMle dialeoyqne ifni «t celé de liègfl, vîenoeni se réanir et eé tedre , l'întelUffenQe el fe vaî^ son, le principe de coniradiotion et eekû; d^identilè. Le premier moment logique consiste à posev ane détenvi* nation et à la maintenir par opposition è me a»Cre. Si on sfanréte là, o»est étogmaU^ ( ItaitoieîeaB, ks épicnrienS', Locke, Condillae, etc. ). Mai», k oëflexion ne tarde pas i montrer, qae ohaqM éètarrainalien aen^fenne dans son sein k déleraiinalion opposée. Si oo en reste à ce point de vne parement négatif ^ on esl stejh tique on gaphisie ( Zenon , ks aotiaomie» 4e Kant, etc. ). Le rèsnllat positif qoe donne la spèsntalion consiste dans k synthèse des dens ooniralres, sjmthèse qn est unité en même temps qoe triade, ideniMé en même temps q«e différence. Ainsi, chez ffégel osaune ci«» Proclas, Fldée dans ses déterminations direrses àfiëcte

(1) Lèbre, Revue des deitx mondes.

l'ordre ternaire ; mais, pour loi, cet ordre o'eat pa» artû* traire» il eat d^^os la oaiore roèine^eS'ehofifs. Le sjfm*bola de la (rioité chréitieQBe est , dit H^d , la forne de toule vérité (1).

La sjfoUKtee qjoi «ésulte des deux; lesuMs eontrairesi, refiferme oaeiKMftyoUeeoiitvadictîoD, <pii pousse à w nottv^a déireloppiimettt, ot utei de smlfy jBiqtt'à ce 4u'e» U^yfrsaot loiilea ses phases d'èrotationssaoeâssifea, la peasée ^félèipeda coitcepf le piua pauvre, jQ»* qo> odJttqui les renferme cA leftMeiitifie tons dam son sein , jwB^'à: Tabsola qnî a penscienoe de hMstac:

Le ce—mmoensent de kr soienoe estdona et qufU y a de plus pauvre, de moins concret. Le principe,, ccéa^ tear par excellence, le prius dignitatey est le dernier auquel nous ftrrivon& dans Tordre de progression logique. La vérité est le point d'arrivée et non le point de départ; ce n'est qu'en parcourant les différentes phases de la dialectique, que le principe dfvîn se révèle graduellement, et il ne briRe de toute sasplendeur, que, lorsque parvenus à la fin, nous voyons le vérilabfe com<

(1) Sans compter Pythagore, Proclas et les alexandrins^ Philon et les gnostîques , qui avaient déjà entrevu Tordre ternaire dans le déwkppeHwnf Ab Fidde, Fii^te avait afdiypté eec Mdre, et en avail désigné les termes sous les noms de thèse, antithèse et synthèse , Schelling les avait nommés les puissances de la réflexion de subsumtion et de la raison.

mencement. Si nous débutions par le meilleur, le plus riche , le plus concret , le point de départ ne serait rien moins que prouvé, et toutes les déductions tirées d'une hypothèse, seraient elles-mêmes hypothétiques. Maison commençant par l'abstraction pure, nous n'avons besoin de rien démontrer puisque toute démonstration porterait sur une détermination qui n'existe pas encore. La logique se divise ea trois parties : 1* la doctrine de fêtre , 2» la doctrine de Venmnct ^ 3« la doctrine du concept (!)• On comprend que cette division, comme tout ce que nous avon» dit jusqu'à présent , dans Tintroduction générale y n'est qu'une anticipation , et doit trouver dans la logique elle-même , sa légMImation et sa preuve.

L'ÊTRE (SE YM).

La logique commence par l'ôtrc ^ le concept de l'être pur , qui est à la fois et dans une unité indiscernable , l'être et la pensée.

L'être pur est ce qu'il y a au monde de plus vide , et en même temps de plus général. On ne peut pas plus montrer à quelqu'un Têtre pur, qu'on ne peut penser sans penser quelque chose. L'être pur et la pensée pure

(1) Voir, pour les subdivisions , la Ubie analytique à la fin du volame.

goot une abstraction de notre esprit, à laquelle manque toute réalité.

Chaque phase de développement logique / se reproduit dans l'histoire de la philosophie » sous la forme de systèmes successif» dont chacun a pour fondement une définition de l'absolu, de Dieu.

L'être indéterminé, dont l'intelligence fait une catégorie en regard de toutes les autres , est la première pensée que nous rencontrions dans Thistoire de la philosophie» et en tant que les déterminations logiques peuvent être envisagées comme des définitions métaphysiques , l'être abstrait donné pour prédicat à l'absolu , sera la première définition de Dieu.

En mettant de côté les ioniens , qui donnent encore à l'absolu la forme dun élément matériel, et les pytha* goriciens qui le comprennent comme nombre , quantité matérialisée, cest avec l'école éléatique, que commence le véritable idéalisme en philosophie. Le point de départ de la logique , se trouve dans ces mots de Parménide : ce tout est l'être , et Têtre et la pensée sont identiques. »

L'être pur étant l'abstraction absolue , on ne peut l'obtenir que par la négation absolue. Pour penser l'être, je ne dois penser ni ceci ni cela, ni cela encore , et ainsi de suite à Tinfini. Que pensais-je donc , quand je pense l'être ? en réalité , rien. L'être renferme en soi la pensée du non-être, mais cette pensée n'est qu'une

nouvelle abslradion , à laquelle rintclligence s'arrête , et qu elle oppose à l'être (1) (Zenon ).

En s'appliquant an néant , comme elle s*est appliquée à Têtre» la dialectique va donner oaisssance à la première pensée spéculative. Le non-être est, car c'est une pensée , non pas seulement une pensée quelconque , mais la même pensée que l'être pur; tout ce qu'on peut dire y pour faire comprendre l'être , convient également au non-être. L'être et le non-être, sont donc identiques (2). 11 n'y a pas d'Opposition plus tranchée, que

(1) Quand nous parlons de différence, nous avons en vue deux choses, à Tune desquelles appartient un attribut qui manque à Fautre. Or, l'être par est rabeence absoliK 40 tonte déterninatioii, et le néant est aussi rindéterminaiion absolue; la diftérence antre les deux est donc abstraite , c'est une différence qui n'en est pas une. Dans toutes leii autres dif^rences, mms avons toujours quelque chose de GCtftomiiB qui tour sert de sabatrat Quand noua disons, par exemple : il y a des essences spirituelles et matérielles, l'essence est le genre qui appartient à la fois aux deux termes; mais nous D*atoiis rien de pardi pour l'dtre por et le non^ire.

On se représente ordinairement Fétre comme ce qu'il y a de plus riche, et le néant, au contraire, comme ce qu'il y a de plus pauvre; mais, si on considère le mond^ en se contentant de dire de chaque chose qu'elle est, sans tenir compte de ses attribua, nous aurons, au lieu de la plénitude absolue, le vide absolu. Ces résultats sont confirmés par l'histoire de la philosophie. Les définitions de Dieu, qui ont pour fondement la «taté^rle de fâore «t d& nonêtre , peuvent être rangées sur la même ligne. L'être suprême du théisme et le dieu néant du buddhisme se confondent.

(2) La répugnance qu'on a à accepter cette conchision , rient de et qu'on confond trop facilement n» être détenolné avec l'être abstrait, et aussi de ce que la conclusion est incomplète dans sa

celle de Tétre et du ûéant , et cependant on ne peut exprimer la différence qui Icâ sépare , parce que chacun des deut termes est indéterminé.. La solution de cette tontradittion , et en même temps la vérité , c^est que Tétre et le non-iëtre isont dans nn procès réciproque (1) , et quHs posent leur identité pour la détruire, et y retourner sans cesse, la pensée qui renferme rétre et le non-être, dans leur mouvement dialectique est le devenir. Ce qui devient est et n'est pas en même temps; être et non-être n'ont plus une valeur absolue , ils ne sont que des moments du devenir.

Plus nous avaQceronsdansJedéveloppemcntdes^atégories, et plus le résultat obtenu sera concret , puisque la dialectique ne repousse pas les deux termes de l'anli-

forme, fin effet , faccent porte surf iâentitê, et on poarrah penser qu'on nie la différence , qui «ependftiit on reBfcrtniée iiunéiHatemeat4ans la définition-, puisqu'elle énonce séparément les deux termes. Essayer de remédier à cet inconvénient , en fesant suivre le }a!e^etit'fffdeiilité4e<eéltii de CMiiraéUcimti « Itètte dt te non* être ne sont pas identiques », serait au contraire aggraver la difficulté, car alors ces deux propositions ne seraient reliées par rien, et nous aurîM» l'aoUiinoime au lieu 4^Vmù^

(1) Le mot procès, qui , emprunté à la chimie , est passé dans la langae p'hilosopbique de f'Âflenmgne, nous a paru s! benrensement trouvé , que nous te iaissous sûbsi^er dans notre analyse, en fe^am des vœux pouT, qu*(ippuyé sut une autorité |Aus imposante que la nôtre , il obtienne en France le droit de bourgeoisie.

nomie^ maïs qa'die les absorbe, c'esUà-dîre quelle les détruit et les conserve tout à la fois (1).

• Dans rhistoire de la philosophie / c'est le système d'Heraclite , qui répond au concept du devenir; en disant que tout est dans un étal de fluctuation (irecvra piî), Heraclite fait du devenir la détermination essentielie de toute chose» et réunit ainsi le principe de Parménide à celui de Zenon. Heraclite est le premier philosophé spéculatif» aussi le Tulgaire Ta-t-il gratiOé de répithète d'obscur («ncoTciyoc) (2).

Le devenir est l'unité inquiète et mobile , le passage continuel de l'être au non-étre et réciproquement ; mais lorsque Tètre et le non-étre se sont confondus l'un dans l'autre , l'opposition d'où naissait leur mouvement a cessé» et ils restent dans une identité inerte. Le produit du devenir est le devenu. La paisible unité de l'être et du non-étre, c'est rétreafTecté d'une négation » Tétre particulier , déterminé (dosetn). Omnis deterndnatio est negath » avait déjà dit Spinosa.

Une. chose ne peut être ceci, qu'à la condition de n'être pas cela, à la condition d'être limitée. La limite ne doit

(1) C'est là ce qa'eiprime le mot aufhebm , très bien renda par abiorhw.

(2) Hegel ne laisse jamais passer FoccasioD d'exprimer toute son admiration pour Heraclite : « En arrivant à son système , la philosophie peut crier terre; il n'est pas une seule proposition d'Heraclite que je n'aie admis dans ma logique »

pas être considérée comme ane détermination parement extérieure de Fétre particolier , an milieu existant entre une chose et une autre ; ane chose n'est ce qu'elle est, que d^ns sa limite et par sa limite.

Quand on considère la limite , comme quelque chose d'uniquement externe, c'est qu'on confond la limite quantitative a?ecla limite qoalilati ve, et c'est senlenkent de cette dernière qu'il s'agit maintenant. Trois hectares sont, par exemple, la limite quantitatifede cette prairie, mais ce qm' forme son caractère particulier, son 6poc, c'est de n'être pas vigne , l)ois , ete. Cette négation est le principe de l'être particulier. Envisagée ainsi , Ja limite est donc la qualité circonscrite, exclusive, à laquelle une chose est liée et avec laquelle elle s'évanouit (1); c'est pour cela que Pythagore, Platon et Proclus regardèrent le 7rtfpK< comme le principe déter^ minant des choses.

La qualité rouge n'est qu'une négation du jaune, du bleu, du vert, etc. Et toutes ce» qualités sont, d'après l'expression d'Aristote, privatwemefU dans le rouge. Mais, ces négations deviennent à leur tour afBr-* mations ; la qualité actuellement existante ne peut se garder du non-étre , et la qualité qui se trouvait en

(1) La qaalité est une catégorie qui appartient essentiellement au fini, et qui conséquemment trouve surtout sa place dans la nature, tandis qu'elle n'a, par rapport à l'esprit , qu'une position subordonnée.

privatîoiB dans le rouge» tend à se faire jour. L'élrepar-' tioiibsr M ipeal échapper m chtttyementy paroeqoe le nôaot qail t«ûèle dans son sda» éatt néoeBUdiMient passer à Fétat d'ètrte. Le GluBgeiiieiit49lh masifiut&tiM de la nature fink des choieB^ L'Are j^rlûl est taNOUsible. Haiift dten aotre câlè, tediangemeol est te pMMsr pas fiifC pour 'BoitirtdeBtNmiei étMiilesiie l'étt« pâ!r#euMar« Qudifue choee qui de vhnt anure » faM passer son um-Âtne à l'état d'êtue ; auds edi ètve iMMi«r«aa <sdt en-core affecté d^ane oégatim qaî provcN|Qe «encore un cbangetnent » clic. , elè. , elc De cette «laniëre, te Sbî est le SQjet d'»e raflnité de chasgeavenls éoni ta série n'est jaaiais dose» Goome le remvqae Afistote» lefkri, par son éternel idnfngeoMdnt, est nue imitation de Tinfiai. Le ÉAi, ne poudrant tomme finfini , posséder simnitanénient tontes to qaaMtés^ dheretie à lesposséuter successivement. Le principe métaphysicfoe : teat e^ daos tout^ loulpentmrlir de tout , énoncé par Afia«agore , Gterdano^BoiinOy ete«, etc.» trouve ici son applica-tien: «on pest. aussi ramencv à œ prino^ VaffirnHition de LeihaHz» qia&itetwlknaielidiaqiiamionade^st Voêêi- Yors iMt entier.

Comme^ dans dcB^traaitfomBltitns tnce9Miote8> kf^ùm n'atteint jamais une détermination afoscdue» tnyariafole, la naniëre d'être atlnëHe est regardée comme une borne y un ohstack, par rapport à cellû qui doit suivre, et cet obstacle renversé est toujours remplacé par un

attire. La morale de Kaat, le système de JFîchlc, s'arrâteat à c«(|e C0ftégoi$é. Cependant , il suffit pour sortir daifini ; 4e joindre ensemble les deox notions qui sont reafimnèes dans le concept ifè Iftoilë. La négation q«ri sattacke à t'étre est un obstacle, nîâis^ la néigatton de cciitè oégation donne rafOrmtnîon absolue (1). Llnfitii passé d'ime «naiiière â^treb Wife autre , mais en se transfonKiàHt, 11 m sort pas de lui^mémé. L'infini n'est pas uitdtrequiaau^iêhors'de lui d'auifes êtres: tout le reste ir*est en lui qu'on moment. L'infini est là rie qui' refleurît saos cesse de rauéafttlssement du fini. C'est de ce principe fondamental de \é philosophie que dé» coulent les détenninations ultérieufes.

(1) Le vérftable infini n'est pas quelque chose d'immédiat, c'est la synfbàée 4u 6iii«t 4e l'infini, c^si an meiiTemeot, un procès l>areil à celui que nous ayons déjà constaté dans l9 devenir. Dans le progrès indéfini (*), l'infini est considéré comme la négation du fiai posé comme réel ( e'est^-^fre, ^tfî a'efrt |«s #^à afifeelé d'o^ie négation), de. telle sorte que riofini devient la. lié|fttii>n pore^u'il est impossible d'atteindre. L'image du progrès indéfini c'est la ligne droite qui se fait sans cesse elle-même; le véritable infini, au coniieaire, c'est le cencleqni s'est aftteiiit lui- mène , éi qui eei aaDs commencement et sans fin.

Par là, nous avons indirectement répondu à cette question qui revient si souvent: comment l'infini devient-il fini? Il n'y a pas dinfini qui d*abord ait été infini pour devenir ensuite fini ; de toute éternité, il a étéTun et l'autre, et l'on peut ajouter que l'opposition des deui termes serait bien plus incompréhensible que leur synthèse. .

<*) C'est ce qaeHéyel nomme Hê uMecht» uneiMichMt , le mauvais infini.

L'inGnl qui n'est pas en dehors du fuit , mais qui sef retrouve et se reconnaît dans un autre que lui, est rêtre-pour-soi {/Umch$ein), Le déplcHement de rètret particulier s'est évanoui , mais sa richesse infinie est en même temps conservée , absorbée dans la simplidté.

La réalité de l'être est passée maintenant à FidéaUié. La série indéfinie des manitestations est condensée dans une unité idéale (1). C'est là le point de vuede Xénopha^ nés et après lui de tous les éléates : Dieu est un; mais un n*est plus un en regard d'un autre, donc, tout est renfermé dans une unité qui seule est Tètre. L'idéalité est aussi un deç caractères principaux de la philosophie de Leibnitz. D'après lui, Dieu est la monade des monan des, dans laquelle se réfléchit tout Inni vers , c'est-à-dire, dans laquelle Toni vers est idéalement renfermé.

L'un se pose lui-même comme multiple. Lé multiple n'a pas avec l'un une différence réelle , ce n'est que sa reproduction infinie. Ainsi Proclusdit^ que la négation , de l'unité n'cât pas une négation privative, mais créatrice

La multipKcité a été posée comme principe absolu , par Leucippe ^ Démocrite, Épicure, et toute Téecle ato-

(1) L'etempïé' le pïus propre à faire comprendre ce que Hégeî entend par être-pour-soi ( fûrsicbscin ), c*est le moi qui ^ sous \st forme simple de la personnalité, de la conscience , renferme, idéalement , 1^ totalité de ses déterminations.

bmliqac. LeibnUz lui aussi est atomislc» quoique d\ine manière plus raffinée. L*aniié des monades n'est que perceptif e^ c^st^^-^ire idéale, Candis que Te^Listencc indépendante de ehacnne d'elles èsl rèeHe. «ilhaquc monade est ce qu'est Tantre» elles soiit<dbnc une. Oc retour de la multiplicité à l'sntti, est la totalité («rftitett). Celui qui considère cette catégorie comme la 4ie#ntèfc définition métaphysique de Dieu^ peut, à juste titre > être accusé de panthéisme.

La multq)licilé> loin d'être détruite dans la totaKté^ acquiert au contraire en elle une existence absolue. La totalité n^eat pkis encore l'universalité {attgemeMieit), elle n'estque la somme des unités multiples- ta quantité. Dons la quantité, chaque unité est indiffér^le par rapport à Tautre; elle borne la multiplicité , qui s^lanœ toujours auHieià d$ cette borne. La limite et ta négation de lo limite, sont les deux moments inséparables de la quantité. ï.a quantité est donc virtuellement infinie ; mais dans la réalité ^ elle n'est qu'une grandeur déterminée , un quantum qui petit toujours être dépassé (1).

(1) il faut bien distinguer la quantité j^e du quaMUm. La quantité pure est înGnie , unique, indivisible ^éoUinie ledilSpiflosa. Eiemple : le temps ^ t*espace, la lumière^ la nature en général. Le quantum ^ au contraire , est la quantité finie, dlrisfble, composée de parties. C'est au quantum que s'applique la définition reçue en matiiématiques ; la grandeur ou la quantité est ce qtii est susceptible d'augmentation ou de diminution. Hégcl, Logique, 1. 1.

La quantité n'est pas seulement indifférente p^r rapport à elle-niène, mais àosii par rapport à |a qn^Mté, car la. qilantsié Tariant , la qualité reste la mèine (t).

L'égalilèéeaiiaîtéa, ce par quoi cliacdne d*elle» est en oonnexionarec Tautre, est la continuai^ mais cette Goitaexion peut être partout interrompue , et bortiée par Tunité: la diserUim, La grandeur oontinoe est une continuité de discrets , la grandeur diserete > une discrétion de continus.

Gonome toute difTérencf! diiparatt 4aM la ^quantité, ce que nous avons dit de la qualité s'applique a fùftiori à la quantité ; la Hmite la fait ce qu'elle est. La Iknite de cent pieds est te centième pied , et ci'eat seulement dan» cette limite qu'ils sont ce «pi'ils sont. Considérée à ce point de vue, la limite oonstituc le digriùtk la gtêfiéUur ùUei^mve (3)« Dams le degvé, la quantité a atteint

(1) Nous verrons tout-à-rheure , que cette indifférence n'est pas abiolue-

(2) Hegel ajoute, que la gran^ur ej^en^rve et intei^uve se trouvent réunies dans tous les objets, étales exemples qu'il donne remédient à Tobscurité de ses formules. Le nombre lui-même a nécessairement cette double forme; il est Taddiiion succesive d'onités^n dehqips le» unes des autres ( mn§ahi ) , et à 60 point de vue , il est grandeur eilen&ive; nais il «est «Mfti fraudeur iatensive^ dsasce sens, que le multiple leooatod dans une unité simlpie, qui représente on nooilire arbitraire de partiel»

Une masse e§4 une grandeur ettensive en tant qu'elle représente un nombre déterminé de kiV>8 >. ^Ue est grandear înleasive en tant qu'elle exerce une pressîen. La grandeur de la pression est qnelqar

sa perfecUon, elle est retournée àridéalilé. Le degré est ieqtMtUum qtmlitatift il n'est ce qu'il- est que par son rapport à la quantité , mais en mto^l^ps, il est une détermination toul-à-fait simple.

Nous appelons mesure cette identité de la qualité et de la quantité de rifiteoi^i tel de re^^ten^if* La i|aaftjti(é est indifférente jusqu'à un certain, ppiat, elle.pçiit. varier dans de certaines lioUtes sans otiir^.à la ^Q^Ïité,^ mais «etle limite outrepassée, la 'qualité,^^ Epatamç^r-* phose eu une autre (1)* U doctrine imt^^ ^'Airistote rentre dans la catégorie de la me»mri^:.L'éçoki de JAég^re avait aussi très biep vu , jçop9naie le prpciveoMe^ sopbismes conservés par AriMote^ la traDsitioii4el^ quantité à la qualité (2). . .

chose de ti)np1e qui ii'« qu'une mesure eitérieufts Ou échelle de

proportion 10, 20 degrés de chirieur, sont quelque chose de.

qualitatif, d'intensif, qui n'existe que par rapport à une grandeur précédente et une .grandeur suivante, et celte fraudeur lnA«asive a pour expression une grandeur cxtensive : la longueur de la colonne de mercure dans le thermomètre.

(^1) Par exemple, Teau congelée à la température de 10 degrés au-dessous de 0, reste glace , bien que la température s'élève graduellement jusqu'à 0, mais alors elle devient liquide. Qu'on élève encore là température, elle reste liquide, mais une certaine limite dépassée, elle change de qualité, elle devient vapeur.

(2) Voyez, dans le Traité des saphiêmeê , l'argument du chauve , etc.

L'ESSIJNCB (WESEN).

L'essence est ce qui demeure Indifférent et identique avec soi-même an sein de la Tariété des phénomènes. Ce quf n'est pas en soi et qui est seulement le signe d'un autre que soi c*est {apparence ( schein ). Faire disparaître réssenee dans le phénomène, et tenir le domaine de l'apparence pour la sphère tout entière de Fessence, c'est le point de vue des sophistes. Dans Tessence, la pensée de l'être s*est brisée eii deux ; Têtre se reflète dans un autre que lui ; mais, en tant que cet autre est lui-même réfléchi dans l'essence , ils paraissent ne faire qu'un. En soi ils sont une seule et même chose» et c'est à la dialectique à montrer le procès et l'Unité de ces éléments (1).

Bans l'être tout est immédiat; dans l'essence, au cûa-

(t) Le point de vue de l'essence , dit Hégel , est aussi celui de ta réflexion, Lorsque la lumière rencontre une surface polie, elle se double. Il y a la lumière Immédiate et la lumière réfléchie, médiatisée par le miroir. C'est absolument le même phénomène qui se produit quand nous réfléchissons à un objet. Les catégories de Yeisence sont les mêmes que celles de Têlre, mais sous forme réfléchie.

tratre^ l'essence et l'apparence se posent, se médiatisent réciproquement /et en tant qti*ils perdent chacun leorciisteooe propre, ils deviennent identiques (1). Le voO< d'Anaxagore est l'esseneç pure qui persiste dans le phénomène; ses homéofneriês ne sont anlré ichose qne ce qu'il y a d'essentiel dans les êtres , se maintenant dans ce qui est hétérogène en apparepce. ,

I^ous avons maintenant à considérer Tessence en ellemôme; et ici, arrivés sur le terrain de Tantinomie, nous rencontrons les catégories de Tintelligence dans toute leur crudité. II n'est que plus intéressant de les changer en déterminations rationnelles.

L'essence est la pure identité avec soi-même, Tidentité spéculative de toutes choses. Dieu est l'essence de toutes choses , et en lui elles sont identiques. Le principe d'identité A = A que Wolf place en tête de sa métaphysique est la premièrQ loi de Fintclligcnce ( verstand ), mais elle n'a que la valeur d'une vide tautologie. Pour nous aussi, TinOni est Tessence des

(1) L'idée fondamentale de tout ce qai précède , c'est que Tessence et le phénomène n'ont qu'une valeur corrélative, et se supposent mutuellement. Nous ne saurfon» nous ^ disi^imuler que presque toutes ees formules, qu'il est presque impossible de faire passer dans notre langue , auraient besoin de longs commentaires que ne comportent pas le plan de nocrft travail ,> mats noo» espéroi» qt»s l'examen des autres parties de la philosophie de Hegel , qui ne sont que des applications de sa logique, donneront à ces abstractions plus de clarté.

cboHs&fiiHes, .ip»i&. celle Utoni^l^ n'ost pa« une identité ereose , et riaQoto i^urii&i de& pbénoinàoes oràte dfto» sou seio «QDft b troubler. VHmiUé (vnùeoMciMe) e»^ /'ûfenlffé ife ViimUiU et de la nan^idmUiéy et c'est là le sens du système de ScbeUing.

La différence n'est donc pas en dehors de ridentité , n&aîs elle est renfermée en elle. Le principe de difrérence ( contradiction ] est la seconde loi de rintelligencc {verstand), mais elle est tout aussi exclusive que la première. Précédemment chaque chose devait être identique avec elle-même, maintenant elle est différenciée de toutes les autres. Cesl là-dessus, que repose le principium identitatis indiscernibiliufn de Leibnitz. Tantôt c'est ridentité , tantôt c'est la différence quon attribue aux choses, et c'est ainsi que rintelligence se contredit elle-même. En réalité, une chose n'est pas seulement différente des autres, mais elle porte en elle-même la différence, le rapport du positif et du négatif (1). En essence, elle est Tinfini des détermina-

(1) Positif et négatif sQQt des lerjneflcerrélaiiffl qui nesoutneo Kuo «aqs Tautre, et qu'on peut renferser mqs en altérer la faleur. Une Ueue vers Test m'eat pas plus pasitive qu'une Ueue vers l'otteai, et €ea deoi diraetidu , indifféreales en elka-véme, ne deviennent positWe ou négative, que par rapport à certaineB considérations particulières. Une même lettre de eliange est un bien positif pour le créancier et un bien négatir pour le débiteur, etc., etc. ( Hegel, Logique, 2« vol., 52-53.

lions, ;mpis ««tto io(«ti^é a'exMe pas acliiclifiiiMxit , et G/tst oeâie conirudioiiopi nui la pousse k »»>délivrer'de rexisteM0 phénoménale ; ei à développer l'dssefice au * d^bora. La éoii&fadkUte, D'tst donc lûii de; maQvais, eUe ne doil pa^ dMine^obet Zàaôn^ airolhleaéânlpocir résiliai, maiâ dlficst, au e^otraîre^ la soirce d'aile 'Vk' filusélevée.

L'unUéqiii'se mooire UMqoura amiseîn de la variété/ cet étemel développement dèjiiddDtité endirréi^nçe,^ eat le principe^lé fon|leDieot {grimdi , oa resstoociaGti ve; L'e«aeoee D'esi.m une îdentltë fUKè qui seiiait'là iqoH f> ni une'dtiEèrïdaae pma'^ut aérait le. cabba. Ce^ doux: eit trémeo vieslietil ae réunir daoa le ^ prioetpe , él cette trOîaiétne loi de rintelUgenca^ Leibnitt la met en tête do sa pbikisopbie aoiis la dénominatioffi de principe au^-*-' tant. Mais ici mioore oa tieat séparé le principe de cequ'il fonde, de sorte <|ne le piinsipe reviendrait à rideotité abstraite et ce qai ea décoiHe à la diRmoee^ tandis qu'ail opntratre le prnoipe esl imniaBisnl à ce. qu'il (rade qai A^en tiitfiae'la atunrifiastation. Oftle identité du principéét de. oa ql» en; dééowloi ost lé poÎDtdevue de la dacl/ina.Às émmaHmêy qoeroous; tPOuvooflcbez Hiilon^ïeskabbalisteajeagiioalifaesiiefr. left néoplatoniciens. C'est avoir de Dieu ane idée élevêni que de ie considérer comme principe dans lequel, est enveloppé, ce qui est développé- dans ic tnoDëe, mais, le monde, en tant que Dieu développé, paratt toujours

occuper odo place plus élevée, qoe Tessenee divine qui n'existe qu'impliciteoienl, et c'esl là le vice enentlel de ioalcs les doctrines qni admettent les émanations.

Comme le principe n'esl ee qatil est que dans ce qo'il fonde, il est absorbé dans la maoiCBStation, en s^cntifiant a vec elle. A cause de cette identité du principe et de sa manifestation , le principe doit représenter ta totalité des déteraiinaiions de Fessence , et non la face seule de Hdenlité* Identité et différence ne sont que des moments posés dans le principe. Le principe en tant qu'identité dans laquelle! est renfermée cependant la possibilité de toutes les ditTérenees^ est le substrat ou la matière. Posée comme un moment de la matière , la différence est la forme. La matière est susceptible de forme , et les formes sont des moments transitoires qui n'ont leur existence que dans la matière. Cependant, la matière n'est pus la véritable essence , die est le primetpe indéterminé: Lesseoce déterminée n existe rééN lement que dans la fon^e, et conséquenunent , la totalité des formes est Tessenee eHe^méme tout entière. C^st pour cela que Sehellmg définit Dieu Tnientité de l'essenoe et de la forme, et qn^Arialote distinguant dans sa métaphysique quatre principes des oboses, donne le premier* et le second rang à la matière et à la forme. Forme et matière sont des abstractions qui n'ont de vé^ rite que dans leur synthèse, et c'est ce qu'affirmait déjà Averroës en sappuyant 5ur la doctrîno aristotélicienne.

Dovcnttie la (otalilé dès formes , l'csseocc est la mani-* futaiian {erscheinung). La maDifestaiioD n'esl pai «no appareMesaos valeur, mais tout le coalenude Tosseace a revèlQ e«Cie forme phénoménale. Par là , resaence s'est repHéésur eUe-môme, elle esl dcvcnae 4'eiseiico aolÎTe. AVaol que le principe eol: la poi|saiice de se manifèsler, il n^élaU pas la vérilaMe essenceé-Daas la manirestàtîon , noifô avons de nouveau recoorré VHte partioalier dans tonte sa richetee et sa variété, maÎB ^vec celle éifKèrenee qnll esl maintenant tnédiatisé par l'essence^

La manifestation comme retour vers Fèlfe. doit se poser aussi comme être immédiat, ùi ouhKer qu'elle a son origine dans Tes^enee. Ainsi considérée, la mantfeatalion est eadshnoe* L'o&istence est un être, un être partiou^ lier, mais àfAranobi delà limite qualilatiré: Maigre sa simplicité et son identité, elle renfernie une lotaKlé de différences; les momenta de l'Mislence sont par conséquent les toénics que ceux du printipe. L'erâtence esl no fondement {gnMibg4) 4an6 lequel les' difrâreQoe& ne sont pas si&ulemenC rctofermèes en soi virlocHenaeDt» mais comme lotaNté réelle. I^ chose , lidentîlé considé^ réeenetle-mémîe» et abstraction f«rtedcladîffércBee,serait4acA(MéM:(dlnglMil). La chiose renferme en soi tou^ tes ses formes. Ces formes ou qualités, qui ont dépouillé leur incompatibilité [ichfoffhêii), les une» par rapport aux autres, et qa\ se pénètrent dans chaque point die iai

chose» soDi les pr&priéiéê. U loUlité des pcoprîélés constUaç la chose eUe-ipftiii«, et séparéen d*ello^ la chose oe serait que la chaséilé vî(|6< Ghaqne^^inalilèest dterméme la fosiDo de la foroie et de laiMtière. Si, prises edsemhle, les qualités oonalitumt la chose , chacuneid'vUes priae à pari n'en iest qWun œonieBt. Séparâeslea um» des attires et C0osi4énêes isoléoseiit, ces uHNueiiftssQatlescoodtiioQS {MingmKi9m)à^h chose. Le rouge est nue qualité de ce vêtement» osais envisagée en elleHntme, la couleur est une de» couditîops de soQ exîsteoce. Les conditions précèdent la chose t et ce nest que lorsque la série des iH^utîUofis est olose, que le chose arrive à foMSience. Dau^ ceaeos» la chose esi le couditionuel (daâjbedmgkf)^. pe^ rapport au& qualités, qui . sont les condiiioos ( b^dingeiiid^ ) , mais.ettféalilé, b chose esl bien pIutdL la totalité de ses oonditiooa; elle exisfte d^ daus cette totalité , et le passage à lexiateooe «si utle pure différeoeede foriue. La philosophie do 18^ siècle ^ les a^da ciei:{gé, la corruplidu de la oqnr, la detteâMrme de.fétal , sont les eondiiions de la révoluliou fraecaifie » et eUe est déjà retirermée dans ces conditions. Une vue saioe de This^ toire ne doît.pas expliquer lesévéttemenlâ par le<ira causes occasionnelles , mais les eauses^neçasiounelles par les éteneqientB.

l/oppositioa du conditionnel et des condiliousa disparu maintenant. La chose qui pose elle-même le»cen<

délions dé Bom èiistence, est tinconditiannel, ce qui orôte avdo h pténiUide de ressencect manifesta Pacli*vité de re09<toce. La catégorie des coodilibns séparées de la cliMo» et npn MentiGèes arec elle, par la spécula* tion>, est le poînt de départ, l'idée mè^e da syatéine de Jdoobi*

:Uemtenfie sait maiotetiaitt que» danasonsein, elle aécèforesseoée» qu'ellè-cst le .rigiiêd*line astre qa^ette^ niéiiie. L^essèdoe exiiBtàet dam la itaamiéstatiOtD le^ Ja eh&9$^en^9oi; la varfété apperliest à la maaifeitiilloo (catégorie fondamentale de la* philosophie de Kaiit). loi » reotendemeiit a atteint le i^ib haut point de sépa* ration et de déchiroment DieUt l'ètr&eiiprénie , a été réiégné ai^delà de l'nniTen » e( tfne opposition invio* cible a été posée: entre le monde réel» et ie monde sn*^ prasensible: nons ne pouvons cmMlIre que des phé^ nonièncs et noiMa chosé-en-scH. L'éeole de Kant angmenie encore s'il est pbsaible oetto scission , en la transportant à chaqm chose individodle, et avec la moltipliéité des choses-en-soi,; elle mimdoitdanaie do«maine du isuprâdensible , rinfinte variété de la manifestation. La manifestation n-est pourtant pas une (iure apparence; la manifésUiiion et :1a chose*en«rt>i soat identiques. L'essence de la chose conservée ainsi dans la manifestalion , constitne lea Mêdeta mmmfegMwnf et Tensénriiie de «es lois , est la vraie chose^en^soi eiiistantie et nhrélée.

L'essence a donné lieu à une double loiaHté ; chà-^ cane d'elles renforroc Tossence tout entière et par eon^'' ^équenl rexîstence complète. Cependant elles sont encore aQtinoBdqoes, et c'est là» ce qni provoque un noDFeaB déTeloppement. L'essence qui est arrivée à l'existence , en concentrant dans un point simple l'kifi^ nie variété de la manifestation, est le eou^: au contraire , la multiplicilé, kdifersitè, sont ks jNnttet. Le tput n'est que la collection des parties » et les {larties ne sont telles que comme moments du tont Les parties sont absolument externes , les nnes par rapport aux autres, en même temps qu'elles sont avec le tout dans un rapport d'identité parfaite. C'est snr la catégorîedn tout et des parties que le panthéisme repose principale*' ment En tant quil pose la manifestation , le tou^estla force y et la comfrfëte manifestation de la force , est son exfife^9Mm (ausserung). La force se mesure seulement dans son expression, Inieme et externe sont donc identiques, et tes deux totalités de l'essence ne forment plus qu'une seule existence»

Cette identité de. l'être et delà manifestation , est la réaUté ( aœiiiichkriU')* i Nous ret'enons pour la troi^ sième fois à l'être, mais, à.présent, il est adéquat à son essence, et la parfaite identité des deux s'otltira bientôt à nous dans le concept.

Comme totalité, la réalité a en elle-même les mcH menls dHnteme et d'externe. Ce qu'il y a d'interne dani^

la réalilc, est la poseibiUiéf la force d'eng'endrer, de prpdaire tottle la richesse de la réalité. La p06»failitô est une.poesibilit^ rieUe » el renCorme déjà dans sod sein tOQt le conieita de to réalités L'activité néoeaMife pour passer de la possibilité, à la réalité » en triomphaiit de ses formes d'interne et dîextierne r esi donc immanente à la po»$ibaUé. Cette émergie de la possibîUlé est un des caraelèresles plus saflla^ta di» qstème â'Âri^ote par op()ositîeii à la possibilité inerte fies idées de Plak^n. La maniffslation.n'^st plos maintenant en dehors de la réaUtéi n^ais eUe est toujours le.miliea dans lequel la réalité déplote son énergie. Les; moments. de la manifestation sont dono aussi les m^moftts de la réalité^ et c'est ce que nous a?ons^ tnaintenant à examlnner de plus près^ La réalité esil>](istence 4e rinconditionnel , la possibilité lui, est donc adéquate. Mais, comme d'un autre côlé, cette possibilité eiislc 9US^ pour elle-mémciy elle.. se développe comme ensemble de conditions sans lesqneUes la cho^ ne peut ppsi exister. La cb96e et ses conditions ont une existence extérieure , Tune par rajp^ port à ra«itre> Dans ses opoditions, la :çbose^ apparaît seyiement ^nm^pçs^iUe» etn'a^au^^liiie jréaltléavonifc que la sériedcîs conditions ne spit remplie» Ce qui esl seulen^nt possible , est ce qui peut, être ou n^élre pas;^ le €oniin§efU. PeasifiiMé . et contingence sont donc les moments abstraits de la réalité maniftfs^; mais, ton» les deux sont absolument identiques* Ce qui est seule^

ment possible, a une cxisteDce oontingenle et récipro^ qucnKDl. Le eonllngeii t est l'asioeiatton de Vétte à oe qai oBtsenleiiieiit possible, comme ansri ce qui est sealemeot pofiBîblecsC eue oontîiigeoceè laquée l'être manque eaeore. Opeùdsnt cm deux termes n'ont qne Tapparenee dé la contingence, Tonjilar rapport à Tautre, car, poisque la cbose que l'on sépare de l'easemMe de ses conditions les snppoae et ne penl pas s'en affranchir, il n*est pas contingent qne la possibilité devienne esistenoe* Gomme la série de ces existences oonllngentes a le même conleiM qoe ta chose etle^néme, la chose est déjà renfermée dans ce semblant de contingence, c*est ce qai constitue la nietmiU. La nécessité n*est si difficile à comprendre qne fMnPce qne les deux ter-* mes qu'on tient séparés (la chose et ses conditions), semblent avoir une existence propre, et que le lien qui les unit apparaît comme un rapport mystérieux. Cette obscurité doit disparaîtra qoand le développement dialecliqae nou» aura amenés à Panalyse du concept.

En tant q«w la nécessité embrasse un autre qa*ellemême, qu'elle se reconnaît dans le contingent, le contingeni devient lui-même nécessaire, et nous avons maintenant deux termes qui se trouvent dans un rapportée nécessité. La chose en twt qu'elle est le nécessaire, riocondttionnel , le substrat de tontes les contingences qu'elle absorbe dans sa nécessité, est la sub^

stanûe. L'apparence d'cxîslcncc propre que le contingent cottsetvait encore y a dKsparti dans les acûidtniÈ qol M sont que dans la substance et pafr là sifbstance. Déscartes et après lui Splnos», ont fart dé la catégorie de substance, le fondement de leiirs systèmes. Dans Fordre de progressioti logique, le principe de Déscartes et de! Spinosa suit immédiatement IWeyeioê d'Aristote, car depuis Aristote, et dans tout le moyen-âge, la philosophie ne s'eùrichit pas d*an nouveau prfncipe, et Ton se borna à commenter ce qui existait déjà. Giùtâ^tïà Bruno, Inl-mêtne, se sert presq[ue exclusivement des catégories aristotéliciennes de cotise formelle et itiatérielle, de possibilité, de réaTité, etc., etc.

La substance est f activité infinie qui pose ses acci^ dents. La totalité des accidents reiifërme là substamce tout entière, mais comme passive. Considérée comm)(!^ active, la puissance est là cause ;cùttït)[\^ passive» elle est reffet. Maiâ, la cause n*est cause que dans relTet et pat' TefTet ; cause et effet ont donc la même essence, et la cause, .est la cause d'elle-même. C'est la définition de Dieu sur laquelle repose le système de Spinôsa. Dans la totalité de ses effets, Dieu ne fait que se produire lui-même. Que, si l'on transporte cette causalité divine aux choses finies, sans doute la cause est autre chose que TeTfet, la main est différente de la pierre qu'elle lance, mais comme cause et effet, elles sont seulement un quantum de

mouvement et cela est identique dans les deux termes^

Chaque cause a une nouvelle cause, chaque effel produit un nouvel effet > et ainsi de suite à TinGnî. Toute cause est en même temps effet , et tout effet en même temps cause y de telle sorte que , dans cette succession illimitée, les choses Gnies imitent la causalité divine par l'identité des moments* corrélatib. En tant que l'effet est devenu égal à la cause , il est actif comme elle , et la cause est en même temps passive: c'est le rapport de réciprociU iaciion$ la cat^orie fondamentale da matérialisme français.

Dans cette chaîne d'actions et de réactions, cette dè^ pendance réciproque de toutes choses, la pluralité de» substances s'évanouit. Tout n'est qu'une substance qui agit et pàtit tout à la fois, se développe sons deux attributs, et laisse rayonner la substance à travers la con^ tingence de ses modes les plus inférieurs. Spinosa et Schelling ont surtout employé cette catégorie, la plu» complète à^\ essence ^ et ont ainsi atteint le point colminant du réalisme.

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