‹ Hégel: Exposition de sa doctrine, avec une table analytique des matièresChapitre 15 sur 29 · LE CONCEPT ( BE6RIFF · texte numérisé non relu

LE CONCEPT ( BE6RIFF

Toutes les différences sont maintenant devenue» transparentes pour ainsi dire , et laissent rayonner l'absolu. L'essence et l'être sont de nouveau identiGés , et il n'est plus besoin du reflet d'une sphère dans l'autre^

L'essence fait sortir tout de soi , en même temps queiié le comprend soas son empire [begreiffen^ intelligere et comprehendere). C'est le point de vue du concept [begriff) , qui est Funité simple de toutes les déterminations. Comme le concept est l'absolu concret et en même . temps la Torme créatrice , son mouvement dialectique consiste uniquement à développer au-dehors de lui , ce qni est renfermé virtuellement en lui. Le concept subjectify dont les momentssont encore potir ainsi dire dans un état de fluidité, est le domaine de la logique vulgaire» qui considère la pensée comme l'activité formelle de l'esprit, sans s'enquérir du contenu de la connaissance. Mais ces formes de la pensée, nous avons aussi à les considérer comme moments de la vérité , catégories objectives des choses et définitions mé^ taphysiques de Dieu. Les systèmes de philo^phie de Kant, Fichte, etc., etc. , reposent sur la catégorie de subjectivité.

Le concept, ep tant qu'essence toujours identique à elle-même au sein de toutes les différences, est le général. Le général n'est pas une abstraction de notre cerveau , mais ce qui existe réellement dans les choses. L'identité de l'être et de la pensée qui, au commencement^ n'était qu'un mot vide de sens, est arrivée parle développement de l'absolu , à une signification déterminée 4 à une vérité concrète. Dans la doctrine de Platon , le général est considéré comme ce qui eiiste réellement^

et sous la déaomi&alîoo d'idées créatrices , les stoKcienfi ont bit aussi du général le principe des t^hoscs. Le réaliçine scolaslique du moyen^ftge développe encore le même point d^ vue.

En tant que le général a un contenu , il est le général déterminé , Tespèee on le particulier. Les idées de Platon sont, à proprement parler, ce royaume des espèces. It ne peut pas ramener dialectiquement la pluralité des universaus , à Tuniversel en soi et pour soi « et dans ce sens, on pourrait dire que sa théorie des idée» n'est qu'une traduction philosophique du polythéisme grec.

Les alexafiddns ont envisagé ce système des espèces, comme un monde intelligible, qui forme le noyau du monde sensiMe, et rayonne à travers Tenveloppe terrestre.

Le général, qui a traversé le particulier, pour arriver à Texistence réelle, est rindividuel {einzelnkeil). C'est en même lemps, et une déchéance du général, et sa perfflQCtionw L'individu est oe qu4! y a de plus riche, parce q«'il renferme en lui, la généralHé et la particularité. Ces^ trois ne sont qu'un , et Dieu est la personnalité absoitte , car it est seulement Factivité du général qui se particulartse et slndit^dnalise. Le général', le père, se développant comme lieu des idées, est le particulier, le fils; et dans rind^vMu, il devient réel comme esprit.

Dune part , rindividuel est Ift réalisation du général.

et lui est ainsi adéquat ; d'antre part , comme l'idée émi se scinder pour passer à la réalité , l'individualité , en tant qu'immédiate, n'est pas adéquate an gvdéràl, ot ne peut le devenir , qu'en dépourlbn^cc caraûtère» qui doH cependant être posé dabord. <l\sai dans ïtjt$$iefnen$ , qu'est f enfermé cette diviston prîmitî^redu oonoept (1). Dans le jugement , le sujet et le prédwat aont Unis par In copule, posés comme identiques , et œpewiant ils ne sont pas adéquats rtin à Tauire. Cette contradictioo est la. catégorie caroctérisiique des «facKses iniesi, ramenées (^tfè^iMNtfl) à ode généralité qoi est an^ehors d*elleti» Banslac^Dpule, l'identité des deux: termes se tfoiive également exprimée La copule qui comprend à la fois l'individuel et le général » est le particftlterw Les trois moments du concept ont maintenant à se 4évôlopper commç une totalité. Ce rapport des trois moments dans lequel rindividuel (petit terme) rentre dans le général , (grand terme) au moyen du particulier (terttie moyen) constitue le syllogisme (l-^P^-G). Si le jugement est la forme caractéristique par laquelle s*exprîme te oôté fitti des choses» le syllogisme, au contraire , est l'expression de ce qu'elles, ont de rationnel et d'infini. Tout ce qui est rationnel est un syllogisme : trois teiiBes qui se confondent dans l'unité. Le syllogisme n'est donc fias seu-

(1) Hegel emprunte à Jacob Biehmele jeu de mots étymologique : ur- tkeil , dm$ion primitive, et urtheilj jugement.

Icrocnt la forme subjective, mais la for.ne objective do la vérité.

L'iadivîdael et le général étant identiGés au moyen du particulier , toute différence entre les termes a disparu , chaque moment est la totalité du concept, a. une existence propre, et se suffit à lui-même. Par-là, le concept s'est donné le caractère immédiat de l'être. Nous voilà revenus à l'être pour la quatrième fois , mais actuellement, il est adéquat au concept, il en découle, et n'est rien autre chose que l'objectivité du concept lui-même. Chaque terme du concept renfermant^ comme nous l'avons dit, le concept tout entier, est absolument indifférent par rapport aux autres termes auxquels it n'a rien à emprunter. C'est là proprement le point de vue de Leibnitz. Chaque monade est le concept total du monde. Elle n'est déterminée par rien d'extérieur , ne reçoit rien du dehors , mais elle renferme en elle-même le principe de son développement.

Le rapport réciproque et absolument indifférent dos objets , est le mécanisme. L'influence venue du dehors, ne peut apparaître que comme communication , action du plus fort, hasard. Le mécanisme est une des catégories fondamentales de la philosophie cartésienne. Mais, si chaque objet est le concept tout entier, il ne cède à l'action de l'autre , que parce que l'identité du concept $0 continue en lui.

Chenue objet renferme donc en soi l'autre objet el

se trouve attiré vers lui : le rapport dynamique. Obéissant à la loi du mécanisme, les objets s*opposent mutuellement leurs différences , mais comme chacun est la totalité du concept, ils tendent à se confondre Tun dans Tautre. Comme extrêmes d*un syllogisme, ils se rencontrent dans un milieu où ils se pénètrent réciproquement. Le produit du procès dynamique est la neutralité des opposés.

Par la négation réciproque, que subissent les objets dans le procès dynamique, le concept qui n'était fu'ensot, devient jHmr-scn, passe à l'état de liberté, est cause finale. Le rapport téléologique n'est d'abord qu'extérieur, l'objet et le but sont deux termes en dehors l'un de l'autre (utilitairianisme) ; mais cette téléologie externe ne peut s'appliquer qu'aux choses finies , et devient impuissante dès qu'on l'applique à l'ensemble de l'univers. Dans le véritable rapport téléologique , au contraire, le principe d'activité finale se'trouve renfermé dans l'objet lui-même. Celte téléologie interne qui avait été soupçonnée par Ëmpédocle , et surtout par Anaxagore, est devenus la catégorie par excellence de la philosophie d' A ristote. Ce qu'il appelle entelecMe est l'activité téléologique immanente à l'objet. C'est Kant qui a restitué à la philosophie cette notion vraie de la téléologie.

L'identité du sujet et de l'objet est lidée, qui est à la fois la plénitude de Têtrc et de la pensée, la plus haute

^éfinilioQ logique de Dieu. Ce ppinl de vqe est celui de Platon, de Schelling, de Solger, d'Aristote , bico que ce dernier ne le formule pas expressément. L'idée est le dernier résultat de nos recherches logiques, résultat dans lequel toutes les^ catégories antérieures ne sont plus que des moments. L'idée est comme devenir Innitc de l'être et du non-être, comme inGni , l'unité de quelque chose et de son autre, etc. Essence et manifestation, forme et matière, interne et externe, virtualité et réalité, général et particulier, se sont identifiés dans son sein.

Puisqne Tidée est le tout , qu'elle n'a rien au dehors d'elle, elle ne pourra pas douner lieu au mouvement antinomique que nous avons étudié dans Fêtre et dans l'essence ; son procès dialectiqne consistera seulement à développer aii-debor$ les éléments qu'elle renferme.

Ce développement de l'idée concrète présente trois moments : le premier est U me, l'idée sous une forme immédiate ; le second est la connaissance qui revêt upe double forme, la forme théoriqm et la forme pratique; enfin, le troisième moment est Vidée absolue,

L^ vie possède en elle-même ses moyens de réalisation , comme Cléments de son activité. L'être vivant i^ividuel, a besoin, il est vrai, pour se conserver, d'un aqtre que lui, c'est-à-dire, d'une nature inorganique qu'il s'assimile ; mais l'extériorilé a cessé d'être partie intégrante de l'idée, elle n'est plus par rapport à elle , qu'une expression ou un moyen.

Comme l'individu est encore en dehors du général ( gegeniibersteht] , Tidée n'est encore qaé l'idée déterminée, finie, dans laquelle le moment subjectif e( lo moment objectif sont séparés. La négation dq sillet en tant qu'individu a pour résultat le concept général d'espèce* ridée dans son élément médiat : la connaissance.

Le sujet, qui est encore uoe table r^se, une généralité abstraite, considère successivement et absorbe en lui rinOnie variété des objet» particuliers, en les ramenant à des espèces des genres : la méthode analtf tique; ou bien, prenant pour point d^ départ la dipmtim du géné^ rai , il descend par la dinmm jusqu'à l'objet particulier, dans le théorème : la méthode synthétique. Les deux mé^ Ihodes tendent à se pénétrer dans le problême. Dans lo problème, en effet , les moments de l'idée étant donnés» la réalité de I9 chose doit sortir de ces moments, qui déjà la renferment implicitement tout entière. De plus, le point de vue théorique s'est transformé dans le point de vue pratique , le concept subjectif est devenu la mc-^ siire sur laquelle l'objet a à se régler.

Si toute objectivité est posée seulement par le concept, nous aurons Vidée du bien. Pour que le bien puisse se réaliser, lobjectivité ne doit pas lui être conforme» afin que, par la négation de la réalité, cette dispropor-* tion puisse être vaincue. Mais, pour en triompher toujours, il faut qu'elle existe toujours : le progrès à Tinfini (le Fichtc el do Kant. Cependant, en tant que le bien se

réalise déjà sans cesse, robjct est aussi adéquat à Fidée» il est redevenu le ?raî. Ce vrai posé sans cesse par le sujet, non plus comme postulat, mais comme objet, est lldée du beau. Le beau est Funité de l'idée théorique et pratique, mais cette unité affecte encore la forme d*ttn être immédiat. Platon, et surtout Solger, se sont attachés de préférence à cette catégorie , que Schelling regarde aussi comme la plus élevée. ^

Cette unité du sujet et de l'objet, arrivant à l'étal de conscience chez le sujet lui-même, est Vidée absolue , qui est le résultat du principe d'activité immanent à la méthode dialectique : — point dé vue de H^el. Dans cette méthode, l'analyse et la synthèse se pénétrent réciproquement. L'entendement [verstand) procède anaiytiquement , il sépare et tient isolé un des ternies abstraits de la vérité concrète, et c'est ainsi que naît Terreur. Par Tanalyse, la dialectique fait sortir de ce terme, le terme corrélatif opposé, et détruit ainsi l'erreur par elle-même. Cette marche est en même temps synthétique, car, de cette manière, les deux termes opposés se trouvent réunis dans un' troisième. La vie de Tidée absolue, c'est l'éternel déploiement des contraires dans l'analyse , et leur éternelle absorplioo dans la synthèse (1).

(i) Voyez Hegel, œnvres complètes. Logique. — Encyclopédie, i** vol. , et surtout, Michelet , op. cil.

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