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L'esprit humain, qui, depuis plusieurs siècles, avai

abandonné la spécalation pour se perdre dans les argntics, devait enfin faire un retour sur lui-même, setrouer sa torpeur, et marcher à de nouvelles conquêtes ^scientifiques. Mais, avant de songer à conquérir de nouveaux trésors , il fallait s'assurer de ceux qu'on posséliait déjà» et Fétude sérieuse des anciens précède les tentatives hardies de Cardan, Campanella, Jordano Bruno. Enfin , l'opposition de la raison et de la foi , représentée surtout par Yanini, termine le moyen-âge, et sert de prélude à la réformation et à la philosophie moderne.

C. L'esprit nouveau reprend la i)hilosophie au point où l-avait laissée l'école d'Alexandrie.

L'opposition qui domine dans la philosophie moderne , est celle de la pensée et de Têtre. Deux voies sont ouvertes pour arriver à la solution du problème : partir de la pensée pour arriver à Fétre, et vice versa, La première route est suivie par la métaphysique, depuis Bœhmejusqu'àWolf; la seconde, par Tempirisme, depuis Baeo^ et Lodce, jusqu'au matérialisme français inclusiyemenl.

1. Bacon et Bœhme sont des génies les plus dissemblables, et cependant leurs efforts aboutissent au même résultat Bacon, par les lois données à l'expérimentaiU^Uf 9(Bhme> par ses déductions profoadémeot spéculatives, ont préparé tous deux la conciliatioA da monde et de la pensée.

2. Les principales directions métaphysiques qui ré-^ solureûtle probième d'une manière encore incomplète, sont représentées par les noms de Descartes , Spinosa , Leibnitz et Wolf.

Descartes pose de prime-abord, et comme une donnée de rintelligence, Fidenlité de Fétre et de la pensée: cogîtOy ergo sum. Mais quand il faut déduire les conséquences de ce principe , il abandonne la mélhode spéculative , et revient aux hypothèses que son doute méthodique avait renversées.

, Spinosa s'attache ^ tirer les conséquences spéculatives ^u principe de Descartes, mais il s'arrête à la catégorie de substance , et l'élément subjectif est complètement annihilé. Malebranche donne au spinosisme une forme mystique.

Hugo Grotius, Hobbes, Cudworth, Puffendorf, New- Ion , sont les représcntans de la direction expérimentale, dont Bacon est le chef, et Locke le métaphysicien.

La philosophie de Leibnitz systématisée par Wolf, €st un essai de synthèse des deux directions opposées, mais la doctrine de Leibnitz, basée sur l'hypothèse incompréhensible de l'harmonie préétablie, ne pouvait résister à une critique sérieuse.

Jusqu'à présent, les deux moments abstraits du concept total ont été développés isolément. C'est à l'Allemagne qu'il est donné de les identifier; mais, aupara-

"^dnt, il fallait traverser une période de crise : le scepticisme de Hume, et le matérialisme TraDçais.

Hume s'est boroé à déduire les conséqueuces lég^tlimes de Tempirisme de Locke; sa polémique sceptique est surtout dirigée contre les catégories d'um'versalilé et de nécessité.

Pour échapper aux conséquences funestes quon pou^ rait tirer de cette doctrine, les philosophes écossais cherchèrent un refuge dans des faits de conscience pri*mitifs, indémontrés. Les|»rincipes religieux et moraux avaient leur source dans un sentiment inné, qui les élevait au-dessus de tous les doutes. Par là, rempirisme externe est seulement transformé en empirisme interne.

An contraire , le matérialisme français dont le père «st Condillac, ne recula point devant ces conséquences. Sans crainte et sans retenue, il osa renverser ce fantôme d'idéalisme, que Hume avait encore laissé subsister, et proclamer que tout est matière , ou modiQcation de la matière. Mais, au milieu des erreurs graves dans lesquelles elle tomba , la philosophie française déploya une énergie et une indépendance, qui ne contribua pas peu à frayer la route aux derniers systèmes philosophiques de TAllemagne.

3. Le caractère commun de tous ces systèmes , c'est de ne point se borner à une fusion intime de Tétre cl de la pensée, du sujet et de lobjet, mais encore d'assi-

gner à l'idée le premier rang^ de la reconnaUre comme principe; leur caractère spécial , c'est d'être telle oa telle forme de l'idéalisme.

Si lobjet recule devant la pensée , et que toute existence soit concentrée en elle , nous aurons Tidéalisme subjectif de Kant et de Fîchte; si, au contraire» on considère la pensée elle-même comme objective , et les objets, comme des déterminations rationnelles^ nous aurons Tidéalismc objectif de Schclling. Ce qui reste à faire à Tépoque actuelle» c*cst de fondre le plus profondément possible ces deux doctrines» et d'arriver ainsi au savoir absolu.

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