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Après ces éclaircissements, ces observations critiques, nous pouvons dire maintenant, que le bui de Variy c'est de manif ester Vidée ^ V absolu y sous une forme sensibk individuelle j et la grandeur » la perfection de l'art, résultera de l'unité plus on moins intime de l'idée et de la forme extérieure.
Cette définition sert de fondement aux divisions que devra subir l'estbétique.
Le concept de beauté doit être considéré : 1<> en luimême ; ^ dans le moment de la particularisation , ou dans les différentes phases qu'il traverse avant d'arriver à la conscience de lui-même; S^" dans le moment de
Vîndividoalitc, c'<^st-à-dirc, dans sa réalisation par les arts spéciaux.
1. Le beaa est Tidéc apparaissant sous ane forme indiyiduelle : VidéalDms la logiqae, la pensée trouvait en elle-même sa ferme ; devenue 6nie dans la: sature , elle avait perdu sa liberté; dans la sphère de Tart, l'idée <;onserve encore un élément sensible de manifestation , mais, au sein de cet élément, elle reste infinie et libre. Si Tart emprunte ses formes à la nature, ce n*esl qu'à la coadltioD de les transfigurer, de leur donner une signification qa^elles n'ont pas par elles-mêmes, d'en fahre un sjmbole de l'absolu. .
2. L'art nous offre donc le spectacle d'une lutte enire la pensée et la forme , et le mode d'association de ces deux éléments donne naissance aux formes générales historiques de l'art, qui sont au nombre de trois : la période symbolique, la période classique, et la période romantique.
1. Dans la période symbolique^ la manifestation dé l'Mée est encore incomplète et voilée par la forme. L'esprit fait des êtres tels qu'il les trouve immédiatement dans la nature, le signe de ses pensées. Bientôt, il se sent à l'étroit dans cette sphère; alors, il torture les formes, les agrandit outre-mesure, et réunit les éléments les plus hétérogènes, comme le prouvent suffisamment les sculptures égyptiennes , les prophéties de Daniel , etc. Mais ces combinaisons deviennent elles-mêmes impuissantes ,
quand il s'agit de manifester Tesprit dans toute son étendue et sa profondeur. C'est ce que peut seulement ta fi* gure humaine y qui donne une symbolique beaucoup plus riche que tousles objets de la nature pris ensemble. La position des membres > la tension ou l'affaissement des muscles , les plus petites modifications de l'œil ou de la bouche , tout acquiert une signification , et dévoile les derniers replis de Tàme.
2. Cette révélation complète de l'interne dans Texterne y est ce qui constitue la période eïassiqwe. Dans Tart symbolique, le rapport de la pensée à la forme matérielle est vague , obscur , souvent arbitraire , et le même objet peut avoir pour différents individus des significations symboliques bien diverses. C'est ainsi que la forme du triangle , est pour les Indiens le symbole de Tloni , du phallus féminin , et pour les chrétiens le symbole de la trinité. Dans l'art classique , au contraire , la forme extérieure est une enveloppe transparente , qui laisse voir la pensée de manière à ce qu'on ne puisse s'y méprendre.
3. Enfin» dans la période ramanlique, l'esprit domine et déborde de toute part la matière qui n'est plus qu'un signe, une apparence.
L'unité de la pensée et de la forme que eherehe l'art symbolique » est trouvée par l'art classique, et iépetesée par l'art romantique.
Dans l'art symfobKqlie, c'est la nature y dans Tartclas-
siqqe» Jla fywte hmmne, dansF^rt romaotique, le moiy la €4mscimeef fg^i estle point central. Le principe du romaoti^pie coïncide avec le commencement de Thistoire opio4(^Q^f et fierattache à Fidée de la conciliation ateo- Ine^ ei|tre la nature divine et humaine.
La diversité des formes sensibles sous lesquelles le beau peut se manifester constitue les différeuts arte-
Si le beau se manifeste dans Fespaoe et ses dimensions ^ nous aurons les arts plasttqms.
Dans rarchitei^ure y la matière domine , et le rôle de Tesprit se borne à lui donner de la régularité > de la symétrie. L'architecture est symbolique par excellence » cependant comme tous les arts y. dUle traverse la totalité des périodes que nous avons signalées.
L'architecture des Egyptiens est spécialemenisymbo^ lique» elle révèle obscurément une idée plus élevée ; ainsi , le Labyrinthe , les Pyramides » les Obélisques sont destinés à représenter le cours de la vie humaine y les rayons du soleil en tant que force productrice , etc.
L'architecture des Grecs est spécialement destinée à bfttir des temples aux dieux ; elle ne va pas au-delà de son but ; l'idée est adéquate à la forme.
L'architecture gothique est romantique. Ces voûtes mystérieuses y ces tours qui s'élèvent vers le ciel , détachent l'âme des choses terrestres y et la transportent dans la sphère du suprasensible.
Le second art plastique est la smlptute y dans laquelle
la matière est complèlemenl pénétrée par Fidéal. Quoique la sculpture orieatale ait un caractère symbolique , par la difformité , la bizarrerie qu'elle prête à la ûgare humaine , et que les groupes , les bas-relie(s qui ont suivi la période classique, appartiennent au romantisme par les actions , les situations compliquées qu'ils sont destinés à représenter y on peut dire que la sculpture est essentiellement classique.
La ptnUttre , au contraire , qui est le troisième des arts plastiques , appartient surtout à la période romantique. Dans la peinture , la matière est réduite à deux dimensions; la surface colorée n'est que l'apparence du corps. L'éckt de l'œil qui manquait encore à la sculpture, laisse rayonner l'esprit de tous côtés. Les actions, les pensées les sentiments les plus intimes de Tâme, sont ei primés par la peinture.
Dans la mtistgtie, Fart n'a plus aucun rapport avec l'espace; la manifestation de l'esprit cesse d'élrc une forme extérieure.
Le son est en quelque sorte l'idéal rompant les liens qui l'attachaient à îa matière. De la même manière qu& la sculpture est un anneau intermédiaire, entre l'ar^ (Hastique et l'art romantique, ainsi, au sein même des arts romantiques, la musique forme le point de transition entre les formes Tisibles de la peinture, et la spiritualité abstraite de la poésie.
Le caractère propre de la poésie git dans la pui&-
saoce ayec laquelle elle asservit à lesprit l'élément sensible, dont la peinture et la musique ayaient déjà commencé à se délivrer. Dans la poésie y le signe et Fidée n'ont plus une valeur indépendante y ils sont inséparables. L élément de manifestation est la langue I qui est un système de signes adéquat à nos pensées» mais la langue elle-même n'est qu'un instrument abstrait, etl'exprçssion vraie de la poésie est ce qu'on appelle la langue poétique: la métaphore, la comparaison, etc. Le rhythme et la versification ne sont que des moyens empruntés à la musique, pour donner plus de charme à la poésie. D'un côté la poésie est le plus riche et le plus compréhensif de tous les arts, et d'un autre côté c'est l'art totale parce que, sans sortir de son domaine, elle reproduit le* mode d'exposition de tous les autres arts. — l"" Comme poésie épique, elle donne à son contenu la forme objective, non seulement en représentant les actions des individus , mais les actions et les destinées des peuples. 2f* Comme poésie lyrique, elle met à nu le cœur de l'homme , et appelle à son secours la musique, pour pénétrer dans l'âme plus profondément. Au lieu d'un événement, d'une action objective, nous avons une peinture de l'état subjectif du poète, de ses sentiments, ses émotions. 3<> Enfin, la poésie dramatique, qui est la synthèse de la poésie épique et de la poésie lyrique, emprunte aussi dans la représentation théâtrale, le concours de tous les autres arts. Le drame renferme l'élé^
— âOO — ment épîqne» car il donne anc réélUé objective à nne action de Fesprit ; il. renferme aussi réIéinentlyriqQe , en ce qae eette action est exprimée non par la namtion , comme dans l'épopée , . mais par des individus Tiyanls.
'Les 'fermes que < revêt la poésie dramatique, sont : l"" \îk tragédie f dans laqndie se montre' laprédominanoe deFabsola, da principe divin; 2* la comMte, qui ex* prime surtout le moment subjectif : la contradiction , rironie; 3^ le drame moderne , qui est la fusion de ces deux genres.
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