‹ Hei Hsiang =Chapitre 8 sur 18 · AU PAVOT DE BÉNARÈS · texte numérisé non relu

AU PAVOT DE BÉNARÈS

Les nuits de Bénarès, les nuits de saphir rose, Les palais d'or, les ghaûts jonchés de bûchers bleus, Les morts flottant bouffis, l'œil hagard, les pieds creux, Les buffles roux oints de santal, mâcheurs de roses.

Les éléphants qu'un cornac pique, afin qu'ils posent Leurs deux genoux massifs au seuil même des Dieux, Les nuits de Bénarès, musicales, les cieux Tout flamboyant d'appels, d'essors, d'apothéoses.

L'orgie hindoue aux gongs de cuivre, au goût de sang, Les mauvais sorts, les fleurs qui tuent, les kriss dansants, Les vieux rajahs souillés, hoquetants sous les perles,

Ganesh et ses lingams, Kâli, Siva, l'horreur De ce Gange où la Mort et l'Extase déferlent : Tout cela nage en ton suc noir — o lourde fleur !

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