INTRODUCTION XXXV
pénible, même incorrect. La composition, au dire de Vigny, en était « vicieuse • ». Elle est tout au moins obscure, et le récit traîne. Même dans le camp romantique, et parmi les écrivains sympathiques à Vigny, on le lui fit remarquer. « La contexture de ce poème, écrivait Ancelot dans les Annales de Ui littérature et des arts, offre de graves défauts qui nuisent souvent à l'intérêt, car le cœur ne peut être ému quand la raison est blessée. La marche en est languissante, et, chose plus condamnable, les personnages ne disent pas toujours ce qu'ils doivent dire dans la position où les a placés l'auteur. Le troisième chant nous a paru le plus défectueux, et nous pensons que dans une seconde édition, qui ne peut manquer d'avoir lieu bientôt, ^L de Vigny ferait sagement de resserrer l'action de son poème et de le réduire à deux chants "-. » Vigny, qui supporta patiemment, non sans en faire son profit à l'occasion, les critiques autrement mordantes des tenants du classicisme , Thiessé ou
l'a jugée. » (Eugène Asse, Alfred de Vigny et les éditions originales de ses poésies, p. 10.) — « L ambitieuse composition, manquée dans son ensemble, présente par fragments et à travers tous ses défauts des qualités de grâce ou d'harmonie. » (E. Dupuy, art. cité, p. 375.) — Rappelons pour finir l'éloge écrit vers 1860 par Gaspard de Pons de ce poème dHéléna « qu'en père dénaturé il (Vigny; a fait disparaître plus tard des nouvelles éditions de ses ouvrages, et que moi sans doute je compte bien me permettre de faire réimprimer un jour, soit que je survive ou non à son auteur ; cette opposition des mœurs helléniques et ottomanes produisait sous sa plume des effets délicieux, bien qu'il prétende (à tort selon moi) que la composition, à laquelle il a toujours attaché le plus graud prix, était vicieuse dans ce poème, auquel, plus indulgent que lui, je ne reprocherais pour ma part que quelques incorrections de style. » [Essais dramatiques, Paris, 1861,t.I.p 118.)