XLVI INTRODUCTION
Et ces beaux champs captifs qui nous sont destinés
Ont encor dans leur sein des germes fortunés :
Le soleil affranchi va tous les faire éclore.
Vois ces îles : c'étaient les corbeilles de Flore...
Les villes de ces bords avaient des noms de fleurs *.
Eh quoi ! derrière nous vois-tu pas, mon amie. Telle qu'une sirène en ses flots endormie, Lesbos au blanc rivage, où Ion dit qu'autrefois Les premiers chants humains mesurèrent les voix ? Une vague y jeta comme un divin trophée La tête harmonieuse et la lyre d'Orphée -...
Bientôt nous abordons : ne vois-tu pas déjà La flottante Délos, qu'Apollon protégea ? Paros au marbre pur, sous le ciseau docile ? Scyros où bel enfant se travestit Achille ? Vers le nord, c'est Zéa qui s'élève à nos yeux; Vois l'Attique : à présent reconnais-tu tes cieux ^ ?
Mais c'est Héléna qui, inspirée de Chateaubriand et de Byron, déplorera le sort de la belle et malheureuse contrée, et, plus heureuse que le Grec des Martyrs, chantera son réveil :
Regardez, c'est la Grèce ! ô regardez, c'est elle ! Salut, reine des Arts ! Salut, Grèce immortelle ^ !
O fils des héros d'Homère, Des temps vous êtes exclus ; Telle n'est plus votre mère, Et vos pères ne sont plus.
Chez nous l'Asie indolente S endort superbe et sanglante;