Voyez m, 93-112, et la note
3. Sur les caractères du style de '\ i,-;ny dans les Poèmes de 1822 et de 1826, voirE. Barat, Lr Sltjlc jiocliqnc el la rcvoliilion romantique. l^aris, llaclietie, 1904, pp. 97 et suiv.
IXTRODL'CTIOX LXIII
Il monte à la prison qne lui seul ne voit pas ; Et, les bras étendus, le vieux prêtre timide D'un mur qui le conduit tâte l'obstacle humide. On s'arrête ; il entend le bruit des pieds mourir, Sous de bruyantes clefs une porte s'ouvrir. Il descend quelques pas sur la pierre glissante ; Et, privé du secours de sa vue impuissante, La chaleur 1 avertit qu'on éclaire ces lieux, Enfin de leur bandeau l'on délivre ses j-eux.
Des péchés tant proscrits où toujours l'on succombe
Aucun n'a séparé mon berceau de ma tombe.
Quand les vivants au jour montraient des attentats,
Mon enfance au cachot ne les soupçonnait pas.
Du récit de mes maux vous êtes bien avide :
Pourquoi venir fouiller dans ma mémoire vide,
Où, stérile de jours, le temps dort effacé !
Je n'eus point d'avenir et n'ai point de passé ;
J'ai tenté d'en avoir, et longtemps mes journées
Ont tracé sur les murs nos lugubres années ;
Mais je ne pus les suivre en leurs douloureux cours...
Quoi 1 du Masque de fer elle n a pas horreur ? Non, j'ai vu les beautés de sa démarche, et celles Qui venaient de ses yeux en vives étincelles. Soldats ! que voulez-vous ? encor ce masque froid ? Que vous ai -je donc fait ? le soleil est à moi. Il ranime ma vie ! Oh ! voyez-la, c'est elle, etc.
La Prison est datée par Vigny de 1821. Si je n'avais déjà donné assez de raisons de fixer à la même année la composition (ÏHéléna, peut-être aurais-je songé à en tirer une de ce rapprochement. On aurait bien du mal, en tous cas, à y trouver les éléments d'une objection. Dans le poème de « 1816 )) et dans celui de 1821, la qualité du style est à peu près la même, et s'il iallait peser leurs mérites respectils, je crois bien que c'est en laveur du premier (fue pencherait la balance.