‹ HélénaChapitre 64 sur 80 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Je me suis cfl'orcé, au cours d'une étude qu'on trouvera peut-être l)ien minutieuse et bien longue, de mettre sous les yeux du lecteur tous les documents et arguments (jui pouvaient l'aider à former son opinion. Pour moi, je me refuse absolument à voir dans Hélênci je ne dis pas une œuvre de jeunesse, — Vigny était jeune encore en 1821, et il y paraît, — mais une œuvre d'extrême jeunesse et comme un premier début. Le poème, à mon sens, a bien été conçu et composé à la date assignée par Sainte-Beuve. Tout ce que j'accorderai, c'est que l'auteur a pu y faire entrer quelques morceaux esquissés précédemment, par exemple les couplets, assez lâchement rattachés au sujet, qui ouvrent le ii*" chant. Mais l'ensemble donne l'impression d'une œuvre hâtive, écrite sous l'inspiration des circonstances, avec la préoccupation d'aboutir au plus tôt. Ainsi s'expliquent le nombre, l'étendue et la franchise des emprunts faits par Vigny à des écrivains trop admirés. Le fait, à son tour, rend raison du retranchement unique et définitif opéré par lui, et de son obstination à ce qu'il ne fût réimprimé de son ouvrage que des fragments, qui n'auraient peut-être pas été toujours ceux-là mêmes que Ratisbonne a choisis.

Je ne regrette pas, pour ma pari, d'avoir contrevenu à la défense signifiée par le poète. Son (euvre, bien qu'inégale et imparfaite, n'est pas sans valeur. Les amis de Vigny qui

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