INTRODUCTION LXV
ne peuvent avoir entre les mains I édition tle 1(S22 y glaneront (juel([ues beaux vers, même quelques poétiques couplets, qui peuvent figurer sans trop de désavantage à côté des belles pages de leur poète. Les historiens de la littérature qui voudront reprendre la question, toujours pendante, de l'authenticité des dates de la Dryade et de Symétha, pourront trouver dans la conclusion à laquelle je suis arrivé pour Héléna un argument à l'appui de la thèse soutenue par Sainte-Beuve. Quoi qu'il en soit, et en quelque année qu'on place la composition du poème, il est de nature à intéresser la critique par les aperçus qu'il ouvre sur la méthode de travail pratiquée par son auteur. Nulle part ne se révèle plus clairement le caractère composite de la poésie de Vigny : nulle part peut-être on ne comprend mieux, justement parce (ju ici on n'en retrouve pas assez la trace, ce ([ui l'ait en dernière analyse l'originalité de son génie, cette pensée longuement méditée et mûrie, beau papillon qui déploie lentement des ailes d'or et d'azur, encore plissées et froissées de leur séjour dans l'enveloppe obscure où, une à une, elles ont i)iis leurs couleurs. En lisant les trois chants d'Héléna, je me suis souvenu à maintes reprises, pour en admirer, à travers les ménagements imposés par la susceptibilité de Vigny en matière d'originalité littéraire, la justesse, la finesse et la merveilleuse intuition, de cette page que Sainte-Beuve, en 1835, écrivait sur l'auteur des Poèmes : « Chez M. de Vigny, à part les imitations évitlentes d'André Chénier, qui sont une étude en dehors, on cherche vainement union et parenté avec ce qui précède en poésie française. D'où sont sortis en efTet Muïse, Eloa, Dolor'uhi ? Forme de composition, forme de style, d'où cela est-il inspiré ? Si