X INTRODUCTION
quelques années et mis en lumière. La vraie date authentique de ces poèmes néo-grecs de M. de Vigny est celle de leur publication, et il n'y a pas lieu, pour l'historien littéraire qui tient à être exact, de recourir aux dates antérieures et un peu arbitraires que le poète a cru devoir leur assigner depuis... Notez bien que ces jolies pièces de Symétha et de la Dryade sont infiniment supérieures par le style au poème d'Héléna, qui ne saurait être antérieur à 1821, et il serait bien singulier qu'elles l'eussent précédé de plusieurs années. Le goût s'y refuse '. ))M. Ernest Dupuy, dans son article sur les Origines littéraires cFAlfred de Vigny, a protesté vivement contre l'assertion de Sainte- Beuve, et revendiqué pour /« Dryade, liour Symétha, pour le Bain d'une dame romaine, pour Héléna enfin, les dates fixées par l'auteur-. Je laisse de côté les trois premières pièces, qui ne sont pas ici directement en cause. En ce qui concerne //e/é7?a. je n'hésite pasà déclarer que l'opinion de Sainte-Beuve me paraît tout à fait plausible, en dépit des arguments invoqués par M. Ernest Dupuy. Je dois à l'autorité du critique comme à la compétence hautement reconnue de son contradicteur de les examiner en détail.
Avant d'entrer dans cette discussion, j'ai quelques observations à présenter. Je n'ai pas besoin, je le crois, de protester de mon respect et pour le talent et pour le caractère d'Alfred de Vigny. J'admire l'un et j'honore l'autre autant que personne. ^Nlais enfin un homme de génie n'est pas à l'abri d'une défaillance de mémoire, si même on ne veut pas admettre qu'un grand i)oète puisse, par coquetterie
1. Renne des Deux Mondes, t. L. pp. 772-773. 2 Revnc d'histoire littéraire, 19U3, pp. 373-376.