‹ Héléna, poème en trois chants;Chapitre 21 sur 50 · A. de Vigny, article cité du Conservateur littéraire · texte numérisé non relu

A. de Vigny, article cité du Conservateur littéraire

XLIV INTRODUCTION

gaiement la servitude, ont lait place à l'esprit de révolte et à l'amour héroïque de l'indépendance. Mais le tableau de cet « esclavage souriant » de la Grèce pourra servir d'introduction au poème. Le ii® chant de Childe Harold en fournira le dessin et les couleurs. La « grâce des mœurs asiatiques » ou tout au moins orientales y sera peinte. La « cruauté infatigable des Musulmans », c'est la donnée même du poème. Au surplus, pour donner une idée du fanatisme guerrier des Turcs, Vigny ne se cachera pas d'avoir eu recours au Coran ^. Reste à « réveiller les souvenirs de la Grèce antique». Le jeune poète en a la tête pleine, à force d'avoir lu et relu les Martyrs. Au besoin il feuillettera le Voijage du jeune Anacharsis -. Mais comment les faire entrer dans son poème ? Chateaubriand suggère l'artifice indispensable. Justement il est grand bruit en 1821 des corsaires de l'Archipel et de leurs courses aventureuses. Le fiancé d'Héléna, conduisant une flottille de ces hardis marins, partira de (^hio j)our aller au secours d'Athènes. Une barque échappée du Pirée amènera la jeune fille à sa rencontre, et les deux amants réunis feront à travers les Cyclades le voyage poétique qu'Eudore, que Cymodocée, que Chateaubriand en personne, avaient fait avant eux. Il est impossible de ne pas reconnaître dans le second chant tVHéléna la paraphrase de cette page poétique et brillante du livre IV des Martyrs : « Nous parcourûmes cet archipel de la Grèce, où l'aménité des rivages, l'éclat de la lumière, la douceur et les parfums de l'air le disputent au charme des noms et des

1. Voir les notes mises par Vigny aux vers 55, 62, 72, 80 du iiic chant.

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