Chant IV, st
INTRODUCTION LVII
ce dernier la Femme adultère, ou Moïse, ou le Déluge. Hèléna met plus largement encore à contribution les deux maîtres d'Alfred de Vigny.
C'est d'après eux qu'il a tracé ses descriptions, et rien n'était plus naturel. Ils avaient contemplé de leurs yeux les paysages qu'il donne pour fond de tableau à son poème, et qu'il n'avait pas aus. Il fallait bien demander à d'autres le dessin et la couleur. Le chant i'"'" d'Héléna s'ouvre })ar une description des nuits enchanteresses de la Grèce :
Sitôt que de Zéa, de Corinthc et d'Alcime
La lune large et blanche avait touché la cime.
Et douce aux jeux mortels, de ce ciel tiède et pur
Comme une lampe pâle illuminait l'azur,
Il s'élevait souvent une brise embaumée,
Qui telle qu'un soupir de l'onde ranimée.
Aux rives de chaque île apportait à la fois
Et l'encens de ses sœurs et leurs lointaines voix.
Tout s'éveillait alors : on eût dit que la (irèce
Venait de retrouver son antique allégresse,
Mais que la belle esclave, inquiète du bruit,
N'osait plus confier ses fêtes qu'à la nuit.
Les barques abordaient en des rades secrètes,
Puis, des vallons fleuris choisissant les retraites,
Des danseurs, agitant le triangle d'airain,
Oubliaient le sommeil au son du tambourin.
Oubliaient l'esclavage auprès de leurs maîtresses, etc. '.
Il y a dans ces dix-sept vers un souvenir de Vltinéraire : c'est lui qui a fourni la partie topographique du morceau, ces noms de Zéa et d'Alcime - ; — deux imitations des Martyrs : l'une de la page fameuse du livre P"" : « C'était une de ces nuits dont les ombres transparentes semblent