ACTE II
" Mon cœur ne brûlera que d'une ample lumière " Qui veillera sur ta jeunesse et sur ton sort, " Mais ma tendresse, au moins, sera tenace et sûre " Je t'aimerai toujours, si tu m'aimes parfois ". Je ne t'ai point, alors, écouté sans murmure ; Pourtant, j 'ai retenu le son vrai de ta voix.
MÉNÉLAS
Il ne changera pas, jusqu'au soir de ma vie ; Ce que j'ai dit, je vous le dis, plus que jamais. Avec mon âme heureuse et fièrement ravie
HÉLÈNE
Ce que me dit ton cœur, me donne au cœur la paix. Ton cœur est haut, tranquille et sûr et ton cœur m'aime Au point qu'il apaisa mes trop justes remords, Mais je veux, aujourd'hui, me sauver de moi-même Et de la crainte, et du danger d'avoir un corps. Voici l'heure qui s'avance, le temps te presse. Et l'ombre diminue au seuil de la maison.
MÉNÉLAS
Tu la gouvernas comme reine et maîtresse, La conduisant, avec ta force et ta raison. Vers une claire et simple et sûre destinée.
HÉLÈNE
Avant que ne s'incline au couchant le soleil Les servantes auront leurs tâches terminées. Pour toi, l'instant est là de te rendre au conseil Où, tous, même Castor, t'accepteront pour guide. Adieu. J'ai bien compris quel sera mon devoir ; Et je te reverrai, quand les heures rapides Ramèneront les troupeaux blancs vers l'abreuvoir.
(Ménélas s'éloigne vers l'assemblée qui se tient derrière le palais)