ACTE II s S
se prépare à rentrer dans sa demeure. Il se sépare des notables et se dirige vivement vers elle.
CASTOR
(à ceux qui l'accompagnent)
Allez. Je vous rejoins bientôt à rassemblée.
(à Hélène)
Hélène, écoute-moi. Mon cœur est violent, Et ton nom retentit dans mon âme affolée Et met l'affre et l'orage et la mort en mon sang. Quand hier, je t'ai revue et que toute la foule Comme une ample forêt tendait vers toi ses bras, J'aurais voulu dompter et repousser ses houles Et t'emporter moi seul, je ne sais où, là-bas ; Toute la nuit tu as peuplé l'ombre et mes rêves ; Mon souffle brusque et chaud frôla ton front verm^eil Je te marquai de mes rages, hélas trop brèves. Puisque tout disparut quand survint le réveil.
HÉLÈNE
Toi î Toi 1 Castor, mon frère 1 O Dieux 1
s 6 HELENE DE SPARTE
CASTOR
Je te désire Sans hésiter, violemment et tout à coup ; Je ne suis pas celui qui feint et qui sait dire Ce qu'il ne pense pas quand son coeur est jaloux ; J'aime, je hais avec fureur, avec rancune. Et je passe, en criant vers ton cœur effaré Qu'il sera libre un jour et suivra ma fortune :
HÉLÈNE Jamais !
CASTOR
(en s'en allant)
Je te désire, Hélène, et te prendrai.