ACTE II
Et comme avec ardeur j'aime écouter ta voix Même quand elle blâme et peut-être repousse !
Va-t'en, va-t'en !
ELECTRE
Ah ! sa brûlure âpre mais douce !
Oh ! sa fièvre, sa crainte et sa belle fureur ! Oh ! l'orage béni dont elle émeut mon cœur Rien qu'à l'entendre, alors qu'elle est ta voix, Hélènel Oh î la brise qui souffle en cet instant : la plaine, Le mont, les bois sont pleins de notre amour.
HÉLÈNE
Va-t'en !
Va-t'en, le ciel frémit d'horreur en t'écoutant !
ELECTRE
Non ! non î Le ciel ne connaît rien de nos querelles Ses flammes sont des cœurs et ses grands vents des ailes
6o HELENE DE SPARTE
Qui se frôlent et s'exaltent à travers Tair ; Les fleurs larges sont des baisers faits chair, Tous les flots de la mer que l'orage secoue En un spasme cruel, s'enflent et s'entrenouent Et même, il n'est là-haut, parmi les vastes cieux. D'étoiles d'or qui ne s'aiment comme des Dieux.
HÉLÈNE
Oh ! l'horreur des retours dans la patrie î
ELECTRE
Ecoute, Tu es belle toujours, et je t'appartiens toute. Hier, je te haïssais encor, mais aujourd'hui Tu es le seul feu d'or qui traverse ma nuit Tu m'es, en ces temps noirs, la soudaine embellie Et celle qui accorde, et celle qu'on supplie. Et qui a trop souffert pour n'avoir pas pitié.
Malheureuse !