‹ Hélène de SparteChapitre 41 sur 66 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Dieux ! Dieux !

POLLUX

O la sanglante et terrible surprise !

Et comme en nos deux cœurs frappés, tous liens se brisent Qui rattachaient notre âme à cet homme dément. Je punirai ce crime avec acharnement ; J'en montrerai la rouge et noire forfaiture ; Je ferai taire en moi les cris de la nature.

HÉLÈNE

Qu'on me mène, là-bas, où Ménélas est mort !

LE BERGER qui annonça,

Quand je suis accouru, on ramenait son corps Du côté des vergers vers sa haute demeure ; Vous l'y retrouverez, sur son lit, à cette heure. Son visage était calme, et ses yeux refermés.

HÉLÈNE

O pauvre roi que je n'ai point assez aimé !

(Hélène gagne le palais, soutenue et accablée)

POLLUX

(au berger) Electre accompagnait Ménélas. Que fit-elle ?

LE BERGER

Je l'ai vue étancher la blessure mortelle ; Une fixe lueur brillait dans ses yeux fous : Elle rampait autour du corps, sur ses genoux Et sa plainte courait et s'exaltait dans l'ombre. Soudain, elle a gagné, là-bas, les grands bois sombres Pour rejoindre Castor en leur dédale obscur.

POLLUX

Qu'on enlève les fleurs et les branches des murs ; Qu'on pleure abondamment une telle victime

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