‹ Hélène de SparteChapitre 42 sur 66 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Et que Sparte rejette avec horreur ce crime D'un homme aveugle et dangereux que je bannis.

(La foule grossit, notables, laboureurs, femmes, enfants, mais sans bruit)

Tu n'as pu savourer, roi Ménélas, les fruits Dont la paix diligente et ma loyauté franche Avait chargé dans ton pays toutes les branches. Tu étais juste et calme et sage, et ton renom Brillait plus clair que l'orgueil d'or d'Agamemnon. Ta main tenait un sceptre intact et ta puissance Marchait d'accord, toujours, avec ta bienfaisance ! Tu revenais vainqueur, simplement, sans orgueil Ne voulant rien, sinon qu'on oubliât les deuils Et la multiple horreur des lointaines tueries Et qu'on songeât à vivre heureux dans la patrie. Ta voix, pour te venger, en mon cœur retentit.

(Soudain, en ce remous, un second berger dévale de la montagne et crie à Pollux :)

LE BERGER

O le nouveau malheur qui fait frémir la nuit !

Electre, qui suivait votre frère en sa course, Tandis qu'il s'arrêtait pour boire aux creux des sources L'a frappé d'un coup sûr, et l'a tué.

Enfin !

Elle nous venge tous. Elle a compris soudain En son âme superbe, ardente et meurtrière Que je ne pouvais pas, moi-même, tuer un frère. Elle a compris, vous dis-je, et frappé en mon nom

(S'en allant vers Hélène)

Et ma sœur qui l'ignore, et pleure en sa maison.

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