ACTE III
LE BERGER
(continuant son récit) Castor fuyait par le hallier sonore De détour en détour ; L*eau le tenta ; la fièvre Brûlait ses lèvres ; Il se pencha, il se mit à genoux Sur la terre dure ; Quand tout à coup
Avant même qu'il n'eût puisé l'eau pure, Le couteau se planta dans son dos, largement. Un geste, un seul, avait tranché sa vie errante. Son corps tombé resta sans mouvement Tandis qu'à ses côtés, soudain indifférente. L'étrange Electre regardait.
UN NOTABLE
Les Dieux se sont servis de son audace
Et de son cœur trop prompt à punir un forfait.
LE BERGER
Aucun trouble secret ne contractait sa face
Et son calme semblait à nous tous effrayant.
(Un repos)
Alors deux bûcherons qui rentraient à cette heure
Ont enlevé le corps béant,
Et l'ont couché dans leur demeure ;
Tandis que les bergers emportaient Ménélas.
UN NOTABLE
Le roi ne comptait plus sur une ample carrière ; Mais lui. Castor, que les plaines de l'Eurotas Nourrissaient de vaillance et de force guerrière !
SIMONIDE
Et maintenant que Ménélas n'est plus,
Qu'Oreste a fui et que Pyrrhus charme Hermione.
Qui donc tiendra en son pouvoir Lacédémone ?
(Cris nombreux)
Pollux, Pollux, PoUux ! Assurément, PoUux !