‹ Hélène de SparteChapitre 55 sur 66 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Au bondissant assaut de deux amours infâmes,

Je surprenais en toi, debout, malgré les deuils,

La fermeté, Tardeur, la révolte et l'orgueil

Et je te promettais mon secours et mon aide ;

Aujourd'hui, sans raison, soudain, ta force cède.

Tu ne demandes plus mon fraternel appui ;

Tu vas comme une aveugle au-devant de ta nuit ;

Plus un cri de fierté ne sonne en ta poitrine ;

Ta beauté se prépare à n'être que ruine ;

Et tout cela t'arrive, et tout cela se fait

Parce qu'un homme est mort que tu n'aimas jamais.

HÉLÈNE

L'aimer ! Je faisais mieux, je lui vouais ma vie.

Un zèle, une tendresse intime, inassouvie

Encor, et que jamais je n'avais découverts

Aux replis de ce cœur que foula l'univers.

Renouvelaient pour moi jusques au fond, mon être.

Le roi était heureux, rien qu'à me voir paraître,

A me sentir, le soir, assise auprès de lui.

J'étais le feu paisible incliné sur sa nuit,

Et certes, il me sentait tout entière fidèle

Tant ma main était calme et presque maternelle.

Adieu ! tu es vaincue et je ne tente plus

De hausser jusqu'au mien ton front irrésolu ;

Tu n'es plus rien au monde, et tu n'es plus Hélène,

Je sépare d'un coup ta fortune incertaine

De la mienne, trop belle, et qui court le danger

En s'attardant ici, de choir ou de changer :

Le malheur est fatal à celui qui l'approche.

Dans l'orage et le vent, la pourpre s'effiloche :

J'ai peur de ta présence. Adieu ! Adieu !

HÉLÈNE

Va!

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