‹ Hélène de SparteChapitre 56 sur 66 · ELECTRE ET HÉLÈNE · texte numérisé non relu

ELECTRE ET HÉLÈNE

ELECTRE

(qui débouche sur la scène lentement et comme lassée)

HÉLÈNE

Toi!

ELECTRE

J'erre, depuis hier soir, seule, dans l'ombre blême

A travers la forêt, par des chemins étroits ;

Je ne retrouve plus, dans le fond de moi-même

Ce cœur sauvage et noir qui vers la mort hurlait ;

Je sens tomber enfin ma haine héréditaire

Et sur mon front, passer quelques heures de paix.

HÉLÈNE

Tu vengeas mon époux en immolant mon frère. Tu ne tuas l'un d'eux, hélas î que pour calmer,

ii6 HÉLÈNE DE SPARTE

Que pour noyer dans le sang frais de ta victime La jalouse fureur qui te porte à m'aimer ; Tu es en même temps la justice et le crime Comme l'étaient, les tiens, à Mycènes, jadis.

ELECTRE

C'est Ménélas, Ménélas seul que vos yeux pleurent, Lui seul qui vous fut tendre et pardonnant, tandis Que les désirs montaient vers vous dans sa demeure Et que, traîtreusement, sa mort se préparait. O roi ! on t'a frappé lorsque j'étais ton guide, On t'a frappé, sous mes regards, dans la forêt. Sous mes regards à moi, ta nièce, une Atride.... Et tu t'es affaissé entre mes tristes bras. D'un coup, la bouche close et morne et sans paroles. C'est toi qui vers Castor as dirigé mes pas. Quand la brusque vengeance emplit ma tête folle. Qui m'as armée et soutenue — ô grand vieillard ! O cœur fait de bonté, de paix et de sagesse — Et qu'on assassinait lâchement, à l'écart. Sans reculer devant l'aspect de ta faiblesse.

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