‹ Hélène de SparteChapitre 61 sur 66 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

HÉLÈNE Dieux ! Dieux !

PREMIER BERGER

Hé bien ?

DEUXIÈME BERGER

J'entends confusément,

Mais je ne comprends pas.

PREMIER BERGER

Mais ils crient vers Hélène ; Les feuillages remuent tout au long de la plaine, Et l'air, lourd de parfums n'est que frémissement. Ecoute encor. Je vois luire l'eau des rivières Là-bas, dans l'ombre, et les Naïades vont parler.

UNE naïade

Hélène, ô toi qui vis et respires sur terre. Dans un corps plus brillant que le ciel étoile,

Nos grottes de lumière et nos flots translucides Te feront un palais bougeant de joyaux clairs. L'amour est souple et doux entre nos bras liquides Et de longs baisers d'or glisseront sur ta chair.

HÉLÈNE

Oh ! ne plus voir, ne plus toucher, ne plus entendre ! O Dieux, qu'ai-je donc fait aux fleuves et aux bois Pour que l'eau sinueuse en ses brusques méandres M'angoisse tout à coup et se tende vers moi ?

PREMIER BERGER

(il gagne, avec son compagnon, le fond de la scène)

Regarde au loin, là-bas, où s'incurve le stade : Des bacchantes en feu y courent sur les monts ; Ecoute, écoute encor.

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