‹ Hélène de SparteChapitre 62 sur 66 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

L'ombre comme un vin noir nous enivre et nous brûle Et nos danses, la nuit, font trembler les forêts. Les rocs parlent et nous disent, au crépuscule. Quand ils te voient passer, leur songe et leurs secrets; Et les rocs et le sol et les broussailles mêmes Sentent courir en eux des frissons inconnus Et même le caillou s'émeut, tressaille et t'aime Quand ta marche l'effleure avec tes talons nus.

HÉLÈNE

Je veux mourir, mourir, mourir et disparaître ! Où désormais marcher, où désormais dormir. Où respirer encor sans que souffre mon être Et qu'il sente soudain toute sa chair frémir 1 Retirez-vous de moi, brises, souffles, haleines. Lèvres fraîches des eaux, feuilles des bois mouvants Aubes, midis, et soirs, et toi, lumière 1

UN SATYRE

Hélène !

HÉLÈNE

Et toi, ombre des monts, et vous, gestes des vents. Et vous, regards aigus qui brillez dans les pierres.

naïades

Hélène ! Hélène !

HÉLÈNE

O misère de tout mon corps !

O larmes de mes yeux dans la vaine poussière L'espace entier me tient et m'affole et me mord !

UNE BACCHANTE Hélène ! Hélène ! Hélène !

HÉLÈNE

O l'impossible asile !

La terre en mon tombeau ne sera-t-elle pas Celle qui recouvrant mon corps froid et docile Incendiera ma chair serrée entre ses bras ?

Page 1