‹ Hélène: drame en trois actes, en vers--Chapitre 51 sur 75 · JEAN, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

JEAN, HÉLÈNE

HÉLÈNE, se laissant retomber assise, sanglote la tête dans ses mains.

Mon Dieu 1 mon Dieu !

JEAN, avec douceur.

Madame?

" HELENE, se relevant avec désespoir.

Eh I bien non I je suis lasse De cette parodie interminable et basse, De ce masque étouffant, de mon crime impuni.

Je ne pourrai jamais, voyez-vous, c'est fini !

JEAN

De grâce...

Ah ! par moment il me vient à l'idée De crier à ces gens dont je suis obsédée :

Je mens I Vous me croyez uneïemme de bien, Mais je mens! ma vertu c'est que l'on ne sait rien, Ma bonne renommée est faite de mystère; J'ai trahi! j'ai trompél Je ne veux plus me taire, Je viens revendiquer lu honte qu'on me doit.

Je suis de celles-là que Ton se montre au doigt, J'ai contre vos mépris le mépris pour défense, Celui de l'oiïensé qui vous a tû l'offense Et qui, je ne sais pas par quel raffinement D'insoucieux oubli pire qu'un châtiment.

Voulant que, sans honneur, je vécusse honorée De mon ancien état m'a laissé la livrée!

JEAN

Pardonnez-moi, pardonnez-leur, mais songez-y. Ils ne savent rien eux, en vous parlant ainsi ; Et ce n'est plus d'ailleurs de mon sort ni du vôtre. Ni de vous ni de moi qu'il s'agit — mais d'une autre.

Âh! tenez! le jour où vous avez tout appris Il fallait vous venger, mais pas par le mépris, Il fallait me chasser, me frapper à la face.

Est-ce que je sais moi? n\e tuer sur la place. Tout valait mieux, la mort, l'injure, l'abandon, Que ce dédain muet qui n'est pas le pardon.

Que cette insulte sourde et cette mort intime^ Que d'être ainsi rivée au bagne de l'estime 1

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