ACTE DEUXIÈME
Aux autres comme à nous le moins que nous devons. C'est la dette d'honneur du silence; — payons.
Alors et désormais ce sera là ma vie l Et Ton m'estime, et Ton me flatte, et l'on m'envie... Un avenir sans but, un passé criminel...
Mentir! sourire! Oh I Dieu, ce sourire éternel!
Pleurant.
Je vous jure pourtant, monsieur, qu'au fond de l'âme, Je suis honnête enfin, malgré tout*
JEAN
Pauvre femme !
Non! pas cette douceur! non, pas cette pitié, Ou bien ne soyez pas pitoyable à moitié Et laissez-moi partir, au moins.
JEAN
C'est impossible.
Vous ne manquerez pas de prétexte plausible.
Mais voyez, j'ai le corps brisé, j'ai le cœur las. Et je ne peux pas vivre ainsi, je ne peux pas!
• ^ JEAN
De grâce, épargnons-nous celte triste querelle, Ne vous ai-je pas dit qu'il le fallait pour elle?
HÉLÈN^E.
Toujours elle 1
JEAN
Toujours I II s'agit bien de nous!
Toul pour elle et toujours ppur elle, entendez-vous? Ma sœur c*est mon enfant, je Taî prise à la vie Et portée en mes bras ignorante et ravie De mon amour à moi, jusqu'à cet autre amour, Sans défaillir jamais, sans qu'une larme un jour Attente à son sourire I enfin sans qu'elle voie De combien de douleurs je lui faisais sa joie, Et c'est mon œuvre à moi ce sourire innocent. J'offrirais la rançon banale de mon sang, Si son bonheur avait besoin de ce salaire.
Je lui donne bien plus encore... ma colère, Et jusqu'à la pudeur de mon affront... Tenez! Je lui donne bien plus que vous ne lui donnez... Oh! mais, épargnez-moi, je vous en prie !
En somme, Un jour ou l'autre il me faudra revoir cet homme, Et je suis votre femme.
JEAN
Et moi, votre mari.
Je pouvais le tuer, oui ! là... Je l'ai guéri.
Mentir toujours !
JEAN
J'ai bien juré ! J'en suis capable.
Et je suis innocent.