‹ HeliogabaleChapitre 48 sur 51 · SCÈNE V SŒMIAS · texte numérisé non relu

SCÈNE V SŒMIAS

SŒMIAS accablée)

Un nuage troué d'un masque de Méduse Plane sur tout le ciel, et sa forme confuse] Vient contempler l'effroi dont les poignets d'acier Me rivent sourdement au sol où je m'assieds... Je me sens effleurée et d'un vol d'ailes noires... Comme il fait nuit î comme il fait nuit en ma mémoire Prométhée était-il dévoré plus que moi ? Mon sang glacé s'en va goutte à goutte, et je vois La bouche de ma sœur, assoiffée et tendue, Boire ce sang tombé de mon cœur que l'on tue. Je m'abats, je m'abats... Rien pour me retenir Que l'appui de ma peine. . . O mourir ! O mourir !

(Se ressaiiiisani encore)

Mais non, quelle fenêtre en moi si mal fermée Laisse filtrer, soudain, une tache animée i Nette comme un rayon qui m'illumine encor?

(Se dressant)

Je sors"de'mon tombeau, lividejmais je sors!

(Prenant un miroir et s'adressant à lui)

Miroir ! dis-moi mes yeux ? Suis-je reconnaissable, Ou suis-je le fantôme ardent, mais lamentable, D'une femme qui court au pays des vivants ? Miroir profond dans lequel je vais plus avant, Réponds de tes reflets à celle qui s'accroche A ta face d'eau pure et qu'elle rend si proche ! Miroir ! miroir ! ami dont le visage nu Se vêt de mon haleine ! O miroir, m'entends-tu ? Oui... oui... je vois passer l'éclair de mes prunelles., Miroir, tu me réponds, tu me fais éternelle !

(Long murmure extérieur)

Ces cris viennent aussi me désensevelir...

(Brisant le miroir.)

Je te brise, miroir, de m'avoir pu mentir.

(Penchée au dehors.)

Toujours les bruits de meurtre et toujours !a révolte î Le Tibre est le convoi de Tardente récolte Du sang qui le fait roug^e et déjà lumineux !

{Voix à l'extérieur)

A mort ! A mort !

SŒMIAS (sublime;

Les sept collines sont en feu Du soleil qui s'éteint sur le soleil de Rome ; De grands chevaux tachés de l'armure des hommes Passent fous dans un ciel criblé de flèches d'or !

(Affolée.) Qui donc est Empereur ?

(Comme elle se tourne pour interroger, Héliogabale apparaît qu'elle prend pour une vision).

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