ACTE III
ment dans son droit, et après avoir reçu d’elle, il comptait probablement passer de votre côté et vous tendre l'autre main.
GUY
Que faut-il maintenant pour opérer cette reconnaissance? Deux témoins, d’abord, n’est -ce pas?
RAOUL
Oui.
GUY
Je compte sur vous pour me trouver ces deux témoins honorables.
RAOUL
A l’instant même. Un des deux sera cet avocat que j'ai déjà consulté. Nous ne mettrons pas ainsi une personne de plus dans la confidence, et c’est lui qui vous représentera dans toute cette affaire .
GUY
Parfaitement! Oh ! mon ami, les amours de la jeunesse, ce qu’ils coûtent plus tard !
RAOUL, gaiment.
Un peu de patience, tout s’arrangera.
GUY
Vous paraissez non-seulement confiant, mais joyeux.
RAOUL
Moi ! je ne me sens pas d’aise en pensant que je vous suis utile, à vous et à Camille; et puis je suis jeune, j’aime la lutte. C’est de mon âge, et surtout la lutte contre le mal et l’injustice. — Enfin, je n’aurai pas seulement aimé ma femme, je l’aurai conquise; c'est quelque chose!
HÉLOÏSE PARAISQUET
GUY
Vous êtes mon fils bien-aimé.
A bientôt.
HAOUL.
(Camille entre de la droite.)
GUY
Voici Camille. Elle a deviné que vous étiez là *.
RAOUL
Mademoiselle, c’est la première fois que je me sauve en vous voyant paraître : mais c’est pour notre bonheur à tous.
(Il sort.)