ACTE III
GUY
Pour un procès qui tourne à bien et dont Raoul m’apportait des nouvelles, et pour les dernières mesures à prendre en vue de ton mariage.
CAMILLE
Voilà tout?
GUY
Voilà tout I
CAMILLE
Pourquoi me cachez-vous la vérité?
GUY
Quelle vérité ?
CAMILLE
Une vérité que je ne sais pas, mais que je sens. Votre agitation, depuis deux jours, est visible ; les précautions que vous prenez autour de moi; les recommandations que vous m’avez faites de ne pas sortir avec mademoiselle Duverney, de ne pas me montrer même, et de me tenir toujours dans la chambre contiguë à la vôtre, tout cela n’est pas naturel, — et il n’en faut pas tant pour un procès et pour un mariage.
GUY
Si j’avais des secrets pour toi, Camille, je ne ferais que t’imiter, car tu en as pour moi, toi !
Lesquels ?
GUY
Les lettres que tu reçois, que tu lis la nuit, et que tu brûles ensuite.
CAMILLE
Raoul vous a dit.
GUY
* Ce n’est pas lui qui m’a instruit le premier, c’est mademoiselle Duverney. Je ne t’ai pas interrogée, moi : ce qui prouve que j’ai en toi plus de confiance que tu n’en as en ton père.
CAMILLE
Je vais tout vous dire.
GUY
Inutile; je sais d’où te venait cette lettre, et le mo-~* ment des explications est arrivé, mon enfant adorée. Ecoute-moi ! (Ils s'asseyent à droite, Camille sur un pouf.) Il y a un malheur dans ta vie, il y aune faute dans la mienne.
Il faudra, sur certains points, que tu ine croies sur parole ou que tu devines, car je ne pourrais pas tout t’expliquer. Tu ne doutes pas de ma tendresse pour toi?
CAMILLE
Oh ! mon père!
GUY
Tu es bien sûre que, quoi que j’aie fait, je l’ai fait en vue de ton bonheur?
Certes.
. Camille.
GUY
Sache donc tout, alors. Tu n’as pas de mère.
CAMILLE
Quelle est donc cette femme qui m'a écrit qu'elle était la mienne?