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donner quelques considérations générales qui ne nous paraissent pas sans utilité.
Et, tout d’abord, un procédé quel qu’il soit est propre à la clinique ou bien aulaboratoire, mais très rarement aux deux à la fois. Le procédé de laboratoire prend son temps, sa place, suivant les besoins ; il peut sans inconvénient user de grosses masses de matières, porter ses investigations sur une respectable quantité de substance ; il lui est loisible de compliquer les appareils, de multiplier les réactifs; il est vrai qu'il peut amener à des résultats d’une remarquable exactitude, et son emploi est indispensable pour la détermination de valeurs qui serviront de bases fixes, de points de repère desquels pourront plus ou moins s’écarter les chiffres donnés par le procédé clinique. Celui-ci, en effet, ne doit pas avoir la prétention d’arriver à une absolue exactitude; il donnera de fort utiles indications, des valeurs relatives et souvent comparables à Ja seale condition d’être pratiqué par un expérimentateur soigneux et surtout par les mêmes mains. Mais la caractéristique du procédé de clinique doit être la simplicité. On ne saurait croire combien la moindre complication, l'usage du microscope, d’un vernier, d’une burette graduée, d’une balance, de plusieurs réactifs, etc., arrêtent et détournent ceux qui n’ont pas eu une éducation scientifique de laboratoire. C’est regrettable, mais cela
est ainsi. |
Mais dans l’hémo-alcalimétrie le procédé de laboratoire n’est de mise que pour de rares analyses, d'autant plus rares que l’attention n’est plus seulement portée sur les modifications de l’alcalinité dans les maladies d’une manière générale, mais bien plus sur ses variations chez
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le vivant, dans des laps de temps peut-être très courts et à de nombreuses reprises. Or, le procédé de laboratoire, pour donner les résultats qu’on est en droit d'attendre de sa fréquente complication, doit disposer d’un certain volume de sang. À l’heure actuelle, la saignée, bien déchue de sa splendeur passée, n’est plus pratiquée que dans de rares et précises indications. Et comment se procurer du sang ? Quel est le chef de service qui vous autorisera ou s’autorisera à saigner, même de façon économe, ses cachectiques ? Quel autre que M. Dyès vous tendrait le bras de ses chlorotiques ? Et le malade luimême consentira sans doute à subir une piqûre d’épingle à un doigt, sans se croire obligé de se laisser ouvrir une veine pour une recherche d’un intérêt plus scientifique que pratique ; et, que l’on opère au bistouri ou à la seringue de Pravaz, c'est toujours, quelque parfaite que soit notre tranquillité aseptique, faire courir un risque et un danger non négligeable à l’opéré. Aussi-bien, un procédé hémo-alcalimétrique qui nécessite l’emploi d’une quantité de sang supérieure à quelques gouttes n’est et ne peut être pratique; le véritable procédé clinique ne doit user que du sang fourni par une piqûre, cette lésion étant la seule qui sera consentie à plusieurs reprises par le malade. Le coup de lancette dans la pulpe du doigt ou au voisinage du bord unguéal, proposé par certains auteurs, nous semble même devoir être laissé de côté, car il crée un petit traumatisme non facilement renouvelable.
Et maintenant, une foule d’autres considérationsdoivent entrer en ligne de compte. Où et dans quelle partie du sang faut-il doser l’alcalinité ? Est-ce dans le sérum, dans le plasma, dans les globules, ou encore dans le sang total ?
es 0n de Les avis sont fort partagés. D’un certain côté, doser Jes sels du sérum est facile ; la coloration du milieu, peu appréciable, masque à peine la réaction colorée qui serait difficilement visible dans le sang tôtal ; d’un autre côté, on opère sans souci des modifications du liquide ; coagulation par exemple et variations d’alcalinité.
En effet, du consensus unanime des expérimentateurs, la valeur de l’alcalinité d’un sang varie rapidement, aussitôt qu’ilest extrait des vaisseaux, fait qui est diver sement expliqué, les uns admettant une décomposition acide des éléments organiques, les autres des modifications dans l’état des sels. Quoi qu’il en soit, l’alcalinité d’un sang diminue progressivement depuis le moment où il est exposé à l'air libre, jusqu’au moment où la décomposition putride s'empare de lui. Or, il est bien évident que le dosage fait sur le sérum seul, après coagulation, n’est plus influencé par ce phénomène qui a eu déjà tout le temps de se produire.
Mais, si on veut bien se reporter au tableau dela composition du sang, de M. Hugounenq, on y verra que les globules contiennent des sels à réaction alcaline, particulièrement des phosphates sodiques et potassiques et du carbonate de soude, les premiers s’élevant à 1 gr. 202 et 325 milligrammes par litre, et le second ayant une teneur en base caustique de 175 milligrammes. Et comme, d’autre part, l’alcalinité du sérum est représentée simplement par du phosphate sodique, 132 milligrammes et de la soude
. caustique, 746 milligrammes, sous forme de carbonates,
et que, enfin, à l'heure actuelle, nous ignorons si les variations de ces alcalinités sont concomitantes, dépendantes ou non l’une de l’autre, on se demande de quel droit,
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si ce n’est celui de la convention, on évalue l’alcalinité d’un sang d’après celle seule de son sérum et non d’après une analyse portant sur la totalité du liquide hématique. D'ailleurs, Lœvy, en 1893, et de nouveau en 1894 a vivement insisté sur les considérables différences que l’on obtenait pour la valeur alcalimétrique, si l’on agissait avant ou après la dissolution des globules. Il recommande donc d’agir sur le sang laqué, c’est-à-dire le sang dont les globules, par un artifice quelconque tel que la congélation et la décongélation successives, ont été dissous dans le sérum. Il enregistre une considérable augmenta tion du chiffre représentant l’alcalinité du sang, en employant le modus faciendi dont nous venons de parler, sur celui que l’on obtient par le titrage du sérum seul.
Ges résultats ne sont pas faits pour nous étonner, et il suffit de considérer ce que nous avons dit plus haut sur la composition des globules rouges, pour en saisir la raison.
Et puis encore, comme nous l'avons dit plus haut, celui qui veut faire de l’'hémo-alcalimétrie doit s’attendre à de certaines difficultés pour obtenir ce sang ; il est pauvre de sang ; pourquoi alors diminuer de moitié cette masse déja si réduite, en en séparant le coagulum, et pourquoi diminuer aussi volontairement la quantité de sels qu’on aura à doser, quantité singulièrement minime, peut-être à peine pondérable ? Nous repousserons donc les procédés qui séparent les éléments du sang en utilisant seulement le sérum pour la mesure alcalimétrique.
Nous aurons à étudier plus loin d’autres procédés pour l’application desquels une petite quantité de sang doit être diluée, à seule fin de la pouvoir diviser par quantités égales entre différentes solutions acides de titre différent. Il nous