DE L’ALCALIMÉTRIE DU SANG
Considérations générales. — Que le sang soit un liquide de réaction alcaline au tournesol, cela est un fait qui certainement est connu et admis de tous depuis fort longtemps, et les procédés qualitatifs pour rendre évidente à l’œil cette réaction ont été employés par une foule d’expérimentateurs. Ces démonstrations qualitatives se sont presque toujours faites au moyen de réactifs colorés, dont la teinte vire sous l’influence de la basicité ou de l'acidité des corps mis en leur présence, et, parmi ces réactifs, le tournesol a été le préféré de la plupart de ceux qui se sont livrés à cette recherche.
Kühne, par exemple, dès 1865, pour ne pas être gêné par la couleur propre et l’opacité du sang, en versait une minime quantité, de 1 à 2 grammes, par exemple, dans un petit récipient en papier non collé auquel il avait, par avance, donné la forme d’une demi-sphère creuse, en le moulant, tout mouillé d’eau, dans un moule à balles. Il plaçait ensuite sa petite cuiller de papier remplie de sang dans un verre de montre presque rempli d’eau : les sels du sérum dialysaient alors de la cuiller dans le verre de montre, et, un moment après, on pouvait, par l'addition
qe d’un peu de tournesol rougi, constater que le liquide avait une réaction alcaline.
Utilisant un procédé infiniment plus simple, Mosler, en 1872, mélangeait directement le tournesol au sang et, malgré les mauvaises conditions d’observation causées par l’opacité et la couleur intense de son mélange, constatait un bleuissement marqué de son réactif indicateur.
Il est vrai que Mosler opérait sur du sang leucémique, dont la faible coloration propre devait certainement favoriser ses recherches; il serait également vrai de dire que la faible alcalinité constatée depuis par différents auteurs dans la leucémie, devait contre-balancer le précédent avantage.
Liebreich agissait différemment et, par son procédé, première et grossière ébauche des méthodes quantitatives qui nous intéressent, était arrivé à constater une différencè dans la valeur alcalimétrique de sangs de différentes origines. Dario-Baldi qui, en 1885, utilisa de nouveau la méthode de Liebreich, put même établir que le sang, pendant la période de la digestion stomacale, était plus alcalin que pendant le jeûne ou la digestion intestinale, et il attribuait ce fait à la sécrétion acide qui se produit pendant le fonctionnement de l’ampoule gastrique. Quoi qu’il en soit, ces deux expérimentateurs se servaient d’une lamede plâtre coulé dans un moule ou plus simplement dans une assiette, la faisaient soigneusement sécher, l’imbibaient ensuite de tournesol, et, de nouveau la desséchaient complètement. Pour l’utiliser ensuite, ils déposaient une goutte de sang sur la surface de ce plâtre ; puis ils attendaient un laps de temps suffisant pour que le sérum eût pu être absorbé; les globules sanguins
ee a, à ct Sue 22 NE 2 ES re FENRRT
CRISE de VE
“use Are NeHaT FER
AE: Ses AR sign DHEA NOTE UT
Ex Te
#OgiLE
restaient à la surface et en étaient facilement enlevés par un jet d’eau distillée. Il demeurait alors une tache dont la coloration et l'intensité de teinte permettaient certaines appréciations.
De nouveau Renzi et Marotta utilisèrent cette vieille méthode, mais ils la modifièrent légèrement, de la façon suivante : }
Ces auteurs préparaient une masse de plâtre d’épaisseur déterminée, la desséchaient, et, s’ en sérvant alors comme d’un filtre, essayaient sur le papier de tournesol la réaction du sérum qui, par imbibition, avait traversé la lame de plâtre sur laquelle une quantité indéterminée de sang avait été versée.
Enfin, ces procédés d’analyse qualitative furent modifiés, variés par une foule de chercheurs; les uns essayant les papiers buvards, les autres les papiers imperméabilisés. Tout ceci serait sans grand intérêt pour nous si de ces dernières méthodes n’étaient nées quelques modifications aptes, dans une certaine mesure, à l'évaluation quantitative. Car, il ne faut pas le perdre de vue, et malgré quelques résultats obtenus par Liebreich et ses imitateurs, nous n'avons point encore vu de mesures quantitatives. Et si le dosage réel de l’alcali dans le sang n’est pas pratiqué d’une manière courante, cela tient peut-être à ce que, jusqu'ici l’attention n’a été que médiocrement attirée sur l’importance de ce sujet; mais aussi à ce que les procédés ne sont exempts ni d’embarras, ni de com-
-plexité, ni parfois de difficultés.
Aussi avant d'entrer dans la description des multiples méthodes jusqu'ici préconisées (et cette multiplicité même démontre leur imperfection), nous proposons-nous de